La Commune des écrivains. Paris, 1871 : vivre et écrire l'insurrection
Brahamcha-Marin Jordi ; Charentenay Alice De ; Bur
FOLIO
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EAN :9782072872341
Malgré sa brièveté, la Commune de Paris occupe dans l'histoire et dans les mémoires la place lumineuse d'un événement fondateur, dont se réclameront, souvent sur le mode d'une fidélité critique, bien des révolutions du vingtième siècle. Sur le moment, comme plus tard, la Commune est un évènement qui fait écrire : pour ou contre, on veut en témoigner. Comme l'affaire Dreyfus, la Commune de Paris a divisé Paris et la France, entre Versaillais et communards, légitimistes et insurgés. Les grands écrivains se rangèrenet majoritairement dans le 1e camp. Mais on découvrira ici une foule d'auteurs moins connus, saisis par l'urgente nécessité de défendre les vaincus, d'honorer Paris insurgé et massacré, de militer par la plume après avoir défendu le soulèvement, parfois, par les armes. Une littérature s'invente sous la Commune, à Paris, au printemps 1871 : une littérature qui ne se cantonne ni aux genres canoniques ni aux auteurs consacrés. C'est une explosion d'écrits de toutes espèces qui se donne à lire et à entendre dans les rues de Paris, et dans les pages de cette anthologie.
Après avoir raconté, dans le premier tome de ses Mémoires, son enfance dans le Maroc d'avant-guerre et son arrivée en France en 1945, Driss Chraïbi reprend le fil de son récit autobiographique. Au début des années 50, il découvre une autre planète, l'Alsace, et s'y installe avec sa femme dans une sorte d'ermitage amoureux voué à l'écriture. Puis ses premiers succès d'écrivain le ramènent à Paris et la communauté maghrébine trouve en lui l'une de ses premières voix dans le milieu littéraire. Défilent ensuite les années France Culture, les années canadiennes, les années à l'Ile d'Yeu, les amis et les rencontres (François Mitterrand, Lucien Bodard...), les paysages, les livres et les femmes de sa vie.
Oui, j'y avais repensé. Qu'est-ce qu'il s'imaginait. Je n'avais pratiquement fait que penser à ça depuis ce matin, mais y penser avait fini par prendre la forme d'une ville, d'un premier amour, la forme d'un porte-conteneurs." Le corps d'un homme est retrouvé au pied de la digue Nord du Havre, avec, dans sa poche, griffonné sur un ticket de cinéma, un numéro de téléphone, celui de la narratrice. Convoquée par la police, elle prend le train pour Le Havre, ville de son enfance, de sa jeunesse, qu'elle a quittée il y a longtemps. Durant ce jour de retour, cherchant à comprendre ce qui la lie à ce mort dont elle ignore tout, elle va exhumer ses souvenirs mais aussi la mémoire de cette ville traumatisée par la guerre, ce qui a disparu, ce qui a survécu, et raviver les vestiges d'un amour adolescent.
Dans l'East Texas profond de la Grande Dépression, la pauvreté règne et dévaste la région comme une tornade. Le jeune Harry Crane découvre le corps mutilé d'une femme noire sur le bord de la rivière Sabine. Il est convaincu que le meurtre est l'oeuvre de l'Homme-chèvre, un monstre de légende. Le nombre de victimes s'alourdit, un homme est lynché et le père de Harry, l'homme de loi local, enquête.
Brontë Emily ; Bellour Raymond ; Lacretelle Jacque
Emily Brontë possède donc le plus singulier des pouvoirs : celui de sa dépendance à l'égard des faits. Avec quelques touches, elle sait évoquer l'âme d'un visage et rendre le corps superflu ; en parlant de la lande, elle fait souffler le vent et gronder le tonnerre. Virginia Woolf. Quand, parmi tous les arbres, je cherche celui dont la forme s'harmonise le mieux avec le cadre du roman tragique d'Emily Brontë, c'est l'image d'un vieux robinier tortueux qui me vient à l'esprit, d'un vieux robinier tordu par le vent qui souffle toujours dans la même direction ; l'écorce est noire, le tronc est creux et, dans ce creux, la pluie a formé une petite flaque où baignent quelques feuilles mortes. John Cowper Powys
Loin des clichés en noir et blanc sur l'homme du coup d'Etat, Pierre Milza est parti à la recherche d'un Napoléon III tel qu'en lui-même. Ayant enquêté su la jeunesse, la formation intellectuelle et les exils de Louis Napoléon Bonaparte, il s'intéresse à ce mélange si original de césarisme, d'audace individuelle et de légende napoléonienne qui envoûte à nouveau les Français de 1848 ; il démonte les mécanismes du bonapartisme et de l'idéologie impériale, et rend à la politique étrangère de l'empereur sa place majeure. Sans jamais statufier son héros ni l'instrumentaliser, Pierre Milza réussit à trouver la cohérence d'un grand homme.
Etude sur la guerre de juillet 1870 à mai 1871 qui opposa les forces françaises et allemandes, les circonstances du déclenchement du conflit, le déroulement des opérations militaires qui prirent fin avec les capitulations de Sedan, Metz et Paris, les raisons de la suprématie allemande lors des combats, les répercussions de la guerre dans les opinions publiques françaises et allemandes, etc.
L'homme de toutes les séductions. Morny a fasciné ses contemporains. Sa vie aventureuse, ses passions, l'énigme de sa naissance n'ont pas cessé de nourrir l'imagination des romanciers acharnés à percer son secret. Balzac, s'est inspiré de lui pour créer le cynique et fastueux Marsay ; Daudet en a fait un des héros du Nabab ; Zola le dépeint comme un érotomane. Personnage digne à la fois de Marivaux et de Tacite, dit Victor Hugo qui voit en lui l'illustration des turpitudes élégantes du Second Empire. Fils adultérin de la reine Hortense, petit-fils caché de Talleyrand, est-ce dans sa bâtardise que Morny puise une énergie redoublée pour la conquête du pouvoir et la quête frénétique des femmes ? Dandy de la politique, affairiste sans scrupule, amateur d'art, auteur de vaudevilles, ministre, ambassadeur, promoteur de l'essor indutriel et des chemins de fer, il mène de front plusieurs vies. Aristocrate de sa propre volonté, passant des salons des Tuileries aux coulisses où l'attendent les actrices et les demi-mondaines, qu'a-t-il cherché dans le pouvoir : un apaisement à sa frénésie de plaisirs ou à la blessure de l'illégitimité de sa naissance ... Personnalité paradoxale : cynique et libéral, organisateur du coup d'Etat du 2 décembre mais aussi cheville ouvrière de l'Empire libéral, il est à la fois jouisseur et visionnaire, homme d'argent et homme d'Etat. C'est avec Napoléon III, son demi-frère, la personnalité la plus passionnante et la plus mystérieuse du Second Empire.