Cet ouvrage se propose de comprendre ce qui est mis en oeuvre dans l'acte de parler. La performativité de l'acte de parole ne se limite pas seulement aux aspects techniques et informationnels. Elle réside plutôt dans la capacité des locuteurs à assumer collectivement le processus de communication. La communication se réalise alors lorsque les co-parlants arrivent à considérer la position de l'autre dans l'échange. Elle est réussie lorsque les symboles sont partagés. C'est un processus toujours ouvert et incertain. Définir ce qui constitue l'acte de parler est ainsi plus difficile qu'il ne semble, et cela bien que nous parlions tous et tout le temps et que nous pensons en conséquence connaître sa signification. Parler renvoie à des notions complexes et les enjeux sont ici multiples : identitaires, d'influence et relationnels. Dans la parole adressée à autrui se joue en fait une relation spécifique au travers de laquelle tout individu se structure. La parole est alors l'instrument essentiel d'une intersubjectivité possible, c'est-à-dire d'une relation créatrice qui nous constitue comme sujet dans notre relation à l'autre. Parler aurait donc une fonction véritablement politique : s'y joue en définitive le rapport au monde de chacun d'entre nous.
Nombre de pages
262
Date de parution
18/10/2017
Poids
410g
Largeur
155mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782343132198
Titre
Paroles, paroles ! Pour quoi parlons-nous ?
Auteur
Bourse Michel
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Poids
410
Date de parution
20171018
Nombre de pages
262,00 €
Disponibilité
Sur commande en 6-8 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Cet ouvrage se propose de faire la généalogie des deux mots interculturel et multiculturel. Ces deux mots n'existent pas dans les dictionnaires de la langue française avant les années 1990 et il n'existe pas à proprement parler de définition exhaustive. Il est ainsi nécessaire de savoir ce qu'ils peuvent signifier, d'en retrouver les origines et leurs évolutions, d'en examiner les aspects implicites et les connotations, voire d'en décrire les limites et les dangers. Engagés dans de nombreuses batailles idéologiques, ils sont devenus porteurs de sens polémique et de jugements de valeur.
Cet essai a pour but essentiel de lutter contre l'idéologie identitaire en essayant d'interroger l'idée qu'il ne peut exister " d'identité " naturelle qui s'imposerait par la force des choses, chaque " identité " étant une construction culturelle, politique et idéologique fondée sur l'échange. Ce qui implique au moins deux choses : il s'agit d'abord de proposer une analyse critique du concept même de culture (1ère partie). Il s'agit ensuite d'analyser comment, alors que se multiplient les revendications identitaires et les nationalismes, peuvent se construire les stratégies identitaires (2e partie). Mais cet ouvrage ne se donne pas seulement pour objet la critique du " culturalisme idéologique ", il se propose aussi d'élaborer une nouvelle problématisation des rapports entre les cultures (3e partie) et d'esquisser les étapes d'une pédagogie à l'interculturel, espérant ainsi également contribuer à la résolution des problèmes que ne manque pas de soulever la rétraction identitaire. Cet essai est le résultat d'une réflexion poursuivie depuis la fin des années quatre-vingt, d'abord au sein d'un groupe de recherches lié à l'OFAJ (Office Franco-Allemand pour la Jeunesse), puis au travers de missions en Roumanie. Ces premières réflexions se sont ensuite trouvées confrontées à la réalité d'un séjour en Macédoine dans le cadre d'une mission de paix qui avait pour objet principal, par la création d'une université " pluri-ethnique " (dite Université du Sud-Est européen), de réduire les tensions interculturelles.
L'usage de la notion d'"identité" pose aujourd'hui problème, notamment du fait d'évolutions sociales qui conduisent à remettre en cause les supports traditionnels d'identification individuelle et collective. On peut en conséquence se demander si la notion est toujours porteuse du même sens. L'objet de cet essai n'est pas de chercher une définition de l'"identité", ni même d'analyser le rôle des discours dans la construction des diverses identités. Il se propose d'insister sur la véritable question identitaire qui se pose aux sociétés contemporaines, laquelle n'est pas celle d'une "identité nationale" figée mais plutôt celle de la pluralité des identités et toujours à construire. L'identité peut alors se définir comme un processus dynamique dans lequel l'individu met constamment en place des stratégies. Au niveau individuel, les identités se construisent alors par une "mise en scène" de soi et des autres à travers nos comportements et nos discours. C'est pourquoi l'identité se construit à travers l'énonciation : il s'agit toujours d'une façon de parler de soi, et donc d'un discours. L'identité est donc "performative" : ce que cet ouvrage se propose justement d'analyser.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...