
D'un ton guerrier en philosophie. Habermas, Derrida & Co
A travers un conflit brutal opposant Jürgen Habermas et Jacques Derrida, une guerre de quinze ans a déchiré l'Europe philosophique à la fin du XXe siècle. Il était question de déconstruction et de reconstruction de la raison, de l'héritage de l'Aufklärung et même du destin de la philosophie, sur une ligne de front dessinée entre l'époque de Hegel et celle de Nietzsche, puis légèrement retouchée à celle de Husserl, Heidegger et Adorno. Cela se passait entre Francfort et Paris, mais Derrida avait déjà été engagé dans d'autres guerres dessinant une géographie plus complexe. A Paris même, où Michel Foucault et Pierre Bourdieu l'avaient accusé d'être trop conventionnel et pas assez politique, ce qui impose de remettre sérieusement en cause la représentation d'une French theory censée être née aux alentours du Quartier latin vers 1968 avant de s'exporter comme pensée tout uniment « postmoderne ». Entre Paris et la Californie, où John R Searle l'avait attaqué pour mécompréhension de la révolution dans la théorie du langage née à Oxford sous les auspices de John Austin, ce qui incite à se pencher sur les relations entre philosophies dites « analytique » et « continentale ». En divers endroits d'Amérique entre départements de philosophie et de littérature, ce qui invite à découvrir grâce à des médiateurs comme Richard Rorty une réception de son oeuvre plus contrastée qu'il n'y paraît. Kant en son temps s'était préoccupé de ce qu'il appelait Un ton grand seigneur adopté naguère en philosophie, mais celui que l'on peut écouter au travers de ces conflits contemporains reflétés au miroir de celui qui a opposé Habermas à Derrida est franchementguerrier et l'on devra se demander pourquoi. Il n'en reste pas moins que Derrida et Habermas sont devenus amis: tard, trop près de la mort du premier pour qu'ils aient eu le temps de savoir jusqu'à quel point en philosophie; mais vraiment, en se reconnaissant une certaine parenté qu'il faudra tenter d'éclairer. Habermas affirme que « philosopher, c'est aussi douter du sens de la philosophie », Derrida qu?« un philosophe est toujours quelqu?un pour qui la philosophie n'est pas donnée ». Onpourrait se dire qu'à l'aune de telles convictions convergentes il était peut-être inutile de faire un drame d'un désaccord. Mais c'est ainsi: une affaire exemplaire de guerre et paix en philosophie offre une occasion de revenir sur son histoire, ses territoires et les manières de la pratiquer.
| Nombre de pages | 572 |
|---|---|
| Date de parution | 13/01/2011 |
| Poids | 619g |
| Largeur | 141mm |
| EAN | 9782070129478 |
|---|---|
| Titre | D'un ton guerrier en philosophie. Habermas, Derrida & Co |
| Auteur | Bouretz Pierre |
| Editeur | GALLIMARD |
| Largeur | 141 |
| Poids | 619 |
| Date de parution | 20110113 |
| Nombre de pages | 572,00 € |
| Disponibilité | Sur commande en 2-4 jours |
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