En juin 1940, dans Paris occupé par les Allemands, Maurice Tréand, responsable des cadres du PCF, et Jean Catelas, député d'Amiens, négocient à l'ambassade d'Allemagne la reparution légale de L'Humanité, avec l'accord de Jacques Duclos, secrétaire du parti. Les oppositions à cette démarche, condamnée début août par le Komintern, sont nombreuses. Duclos, dédouané de toute implication dans l'épisode, l'«affaire» Tréand commence et, avec elle, une grave crise de direction. Écrits en octobre 1940 et en février 1941, deux rapports d'Arthur Dallidet, proche collaborateur de Duclos, permettent de pénétrer au c'ur des méthodes de direction du communisme kominternien et d'analyser le mécanisme de la disgrâce politique de Tréand et de son entourage - notamment de Jean Catelas -, sous l'accusation majeure de constitution d'un «groupe» antiparti. Ils sont contredits sur des points essentiels par le témoignage capital d'Odette Janvier, ancienne agent de liaison de Catelas, restée dans l'ombre jusqu'à ce jour. La confrontation entre le texte écrit et la parole d'un acteur plongé dans l'événement permet de mieux percevoir l'évolution de la crise. Le destin tragique de Jean Catelas émerge des fureurs d'une époque où coexistent les aberrations politiques de la direction du PCF et les premiers linéaments de la résistance communiste, sur fond d'acharnement répressif de l'État français. De son implication dans les négociations de l'été 1940 et dans la reconstruction du parti aux côtés de Tréand jusqu'à son assassinat légal le 24 septembre 1941 par le tribunal d'Etat créé par Vichy, l'itinéraire de Jean Catelas concentre les drames de l'année terrible qui s'écoule entre les deux étés de 1940 et de 1941. Un moment méconnu de l'histoire du Parti communiste sur lequel cet ouvrage fait pleine lumière.
Nombre de pages
253
Date de parution
16/02/2001
Poids
302g
Largeur
130mm
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EAN
9782913165229
Titre
La négociation. Eté 1940 : crise au PCF
Auteur
Bourderon Roger
Editeur
SYLLEPSE
Largeur
130
Poids
302
Date de parution
20010216
Nombre de pages
253,00 €
Disponibilité
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De février 1937 au 8 mai 1945, j'ai toujours été au combat ; j'ai encore, dans le corps, une balle de mitrailleuse qui m'a frappé le 18 juin 1938, sur le front de l'Ebre. " Animateur des Brigades internationales, commandant de la Résistance pendant la Libération de Paris, Henri Tanguy (1908-2002) fut l'une des figures héroïques de sa génération, l'un des rares hommes qui, sans tenir compte des revirements partisans, ont affronté le fascisme sans relâche. Roger Bourderon s'attache ici aux trois visages de Rol-Tanguy, des usines Talbot, lieu de ses premiers combats militants, au PC souterrain de la place Denfert, quartier général de l'insurrection d'août 1944. Le communiste, entré jeune dans l'élite ouvrière des métallos, syndicaliste de choc, militant fidèle et indépendant du PCF. Le résistant : commissaire politique de la 14e brigade internationale ; acteur majeur de la résistance armé de 1940 à 1944, devenu Rol en hommage à un camarade tombé en Espagne ; chef régional des FFI au moment de la libération de Paris, et comme tel, cosignataire de la capitulation allemande au côté de Leclerc. Le soldat : valeureux combattant de 1940, officier exemplaire des campagnes de France et d'Allemagne, relégué pour cause de guerre froide, de 1947 à 1962, au dépôt central des isolés de Versailles. Fondée sur des archives et des témoignages inédits, cette biographie fait revivre une grande figure de combattant du XXe siècle, une des plus belles, et l'une des plus humaines.
La politique du Parti communiste français pendant la Deuxième Guerre mondiale demeure un sujet de controverses, notamment sur la période qui va de la défaite de juin 1940 à l'entrée en guerre de l'Union soviétique le 22 juin 1941. A partir de sources et de publications diverses, l'auteur examine ce que fut pendant cette période charnière l'activité de la direction clandestine de ce parti, en relation avec les directives de l'Internationale communiste, qui sera dissoute en 1943. Plusieurs grandes questions sont abordées. La première est celle de l'attitude du Parti communiste face au général de Gaulle et à la résistance gaulliste de juin 1940 à juin 1941, attitude étroitement liée à une orientation stratégique résultant de l'analyse de la guerre comme exclusivement inter-impérialiste. L'auteur se penche ensuite sur le contenu des appels communistes de l'été 1940, en relation avec les textes, publiés pour la première fois dans leur intégralité, émis à Bordeaux par Charles Tillon, futur dirigeant des Francs tireurs et partisans (FTP). L'ouvrage s'attache également à retracer l'évolution des directives et des publications officielles du Parti communiste et rend compte de leur place dans la naissance de la résistance communiste. Il aborde enfin la question de l'action directe contre l'occupant après l'entrée en guerre de l'URSS, du mode de direction des FTP et des modifications de leur tactique militaire en 1942 et 1943, en prenant l'exemple de Paris et de la région parisienne. Autant de mises au point qui ne manqueront pas de provoquer la discussion!
Animateur des Brigades internationales, au coeur de la Résistance pendant la libération de Paris, Henri Tanguy (1908-2002) fut l'une des figures héroïques de sa génération, l'un des hommes qui, sans tenir compte des revirements partisans, ont affronté le fascisme sans relâche. Roger Bourderon s'attache ici aux trois visages de Rol - Tanguy, des usines Talbot, lieu de ses premiers combats militants, au PC souterrain de la place Denfert, quartier général de l'insurrection d'août 1944. Le communiste, entré jeune dans l'élite ouvrière des métallos, syndicaliste de choc. Le résistant : commissaire politique de la 14e brigade internationale ; acteur majeur de la résistance armée de 1941 à 1944, devenu Rol en hommage à un camarade tombé en Espagne ; chef régional des FFI au moment de la libération de Paris, et comme tel, cosignataire de la capitulation allemande au côté de Leclerc. Le soldat : officier exemplaire des campagnes de France et d'Allemagne, relégué pour cause de guerre froide, de 1947 à 1962, au dépôt central des isolés à Versailles. Fondée sur des archives et des témoignages inédits, cette biographie fait revivre une grande figure de combattant du XXe siècle qui fut aussi un ardent militant de la mémoire de la guerre d'Espagne et de la Résistance. " De février 1937 au 8 mai 1945, j'ai toujours été au combat ; j'ai encore, dans le corps, une balle de mitrailleuse qui m'a frappé, le 18 juin 1938, sur le front de l'Èbre ".
Textes clandestins présentés par Roger Bourderon. Avant-propos de Claude Mazauric. Ces textes sont : L'Obscuantisme au XXe siècle et Révolution et contre-révolution au XXe siècle (Réponse à Or et Sang de M. Rosenberg). 28 novembre 1940 : l'idéologue nazi Alfred Rosenberg prononce une conférence à la Chambre des députés, devant le tout-Paris de la collaboration. Février 1941 : deux textes sont publiés et distribués clandestinement par le Parti communiste français. Ces textes, au style incisif et à l'ironie mordante, opposent à l'irrationalisme et à l'obscurantisme de Rosenberg une profession de foi rationaliste qui puise sa force dans les traditions françaises de Descartes aux Lumières. Ils constituent la seule réfutation philosophique, idéologique et politique du moment aux thèses racistes de l'occupant nazi.
Le premier âge du capitalisme, c'est celui qui, du XVe au milieu du XVIIIe siècle, voit l'Europe occidentale partir à l'assaut des continents américain, africain et asiatique. Dans ce premier tome, Alain Bihr se penche sur cette expansion en détail. Il montre comment, par le biais du commerce forcé et déloyal, de l'échange inégal ou, plus directement encore, par la réduction au servage ou à l'esclavage de leurs populations, les sociétés qu'elle a affectées ont vu leurs propres circuits d'échange perturbés, leurs structures productives altérées, leurs pouvoirs politiques traditionnels instrumentalisés ou détruits. Avec pour principal résultat de soutenir la dynamique de formation du capitalisme en Europe même. Loin de verser dans le misérabilisme, l'auteur insiste cependant sur la résistance que ces sociétés ont su opposer aux Européens. Résistance inégale, fonction de leur développement historique antérieur, auquel l'ouvrage prête à chaque fois une grande attention, en fournissant de la sorte un panorama du monde à l'aube des temps modernes. En dernier lieu, l'auteur souligne les divergences entre les Etats européens qui vont se lancer dans cette aventure, les rivalités et conflits qui vont les opposer et redistribuer les cartes entre eux à différentes reprises, les bénéfices fort inégaux qu'ils vont en retirer. Autant de points dont la pleine explication est renvoyée aux deux tomes suivants de l'ouvrage.
Que peut-il bien y avoir de commun entre Mai 68 et le mouvement des Gilets jaunes ? Cinquante ans après, l'"événement" parle encore, et les objectifs portés par les mouvements de contestation trouvent un écho avec les Gilets jaunes ? : les salaires, la reconnaissance sociale, la démocratie. La recherche d'une démocratie active, réelle et à tous les échelons de la société trace un fil entre les deux moments. Ce livre propose de retisser une analyse replaçant le mouvement des Gilets jaunes dans la longue chaîne de mouvements populaires porteurs d'aspirations démocratiques radicales qui se sont manifestés à l'échelle internationale depuis les années 1960. De longue date, la protestation sociale est porteuse des préoccupations écologiques, de la demande de transformation radicale du travail, d'une volonté d'organisation démocratique et collective des entreprises et des services publics, ainsi que d'une démocratie sous le contrôle direct du plus grand nombre pour développer ce qui peut et doit être commun. Ce que disent les mouvements populaires et les contestations radicales compose une sorte de projet, un espoir autant qu'un programme qui reste à écrire ? : Mai 68 est un arbre de la liberté comme le furent ceux plantés en 1793 en France. Pour renouer ce fil, l'auteur étudie avec précision ce qui s'est passé, dans les entreprises, les services, les villes et les universités, ce qu'ont fait les divers partis et organisations afin de tenter d'élucider pourquoi il s'agissait alors d'une "révolution sans révolution". Un livre qui permet de comprendre comment nous en sommes arrivés à la situation actuelle qui appelle à reconstruire un espoir en confrontant ces réflexions aux questions posées par les Gilets jaunes.
Rudder Véronique de ; Cognet Marguerite ; Eberhard
Le racisme et les discriminations sont un système. Véronique De Rudder nous en dévoile ici les mécanismes et passe au crible les relations inter-ethniques qui en découlent. Elle explore la place de l'immigration et de sa descendance dans la société française. Ses textes s'avèrent d'une étonnante actualité, alors même que les enfants d'immigrés, désormais adultes, sont porteurs de revendications d'égalité. Elle nous propose une analyse critique du républicanisme français dont l'universalisme, inscrit en lettres d'or dans les textes constitutionnels, coïncide en pratique avec un système de discriminations tolérées, voire, à l'occasion, codifiées. Les victimes du racisme sont massivement les immigrés originaires des anciennes colonies et leurs enfants, citoyens français de plein droit, et pourtant de seconde zone, renvoyés à leurs origines comme à une marque d'indignité. Se réclamant d'un universalisme en actes, l'auteure souligne la nécessité de changer les politiques qui malmènent les valeurs démocratiques.