Depuis 1945, il est paru en France près de six cents fictions pour enfants ayant pour cadre le Moyen Age. Cette abondance s'explique de plusieurs manières. Ces textes élaborent une image de Moyen Age, vouée tout entière au déploiement de fictions convenues et répondant aux exigences de son jeune lectorat, en termes d'intelligibilité et d'éthique. Cette abondance s'explique aussi par la facilité avec laquelle ces récits s'élaborent. Recourant à tous les procédés éprouvés de la littérature de masse, ces fictions se complaisent dans le cliché, tout en entretenant une ambiguïté quant à leur vocation pédagogique, de sorte qu'elles parviennent à satisfaire les attentes contradictoires des lecteurs enfants et des prescripteurs adultes. Ces récits, superficiellement altérés par les remous du demi-siècle traversé, sont un modèle de constance formelle. Enfin ce succès des récits moyenâgeux pour enfants réside dans la figure qui la domine: celle du chevalier, héros de fiction hérité d'une tradition littéraire multiséculaire. Cette littérature pour la jeunesse est en partie constituée de réécritures, les auteurs reprenant inlassablement les mêmes personnages fondateurs: Arthur, Robin des Bois, Ivanhoé. Le chevalier bardé de fer représente tour à tour la petite enfance insouciante, la préadolescence inquiète, la maturité triomphante. Ces textes tiennent, sur l'âge adulte et sur la nécessité de grandir, un discours que les enfants (les garçons surtout?), quelle que soit l'époque, ont toujours le désir d'entendre. Au moment où la littérature de jeunesse fait une entrée remarquée dans les programmes scolaires du premier degré, et alors que les textes officiels incitent les enseignants du second degré à choisir des récits faisant le lien avec les programmes d'histoire, cet essai tente d'analyser le phénomène "roman moyenâgeux pour enfants", d'en mettre à jour le fonctionnement et de dégager à la fois les limites et l'intérêt de ces textes.
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Nombre de pages
344
Date de parution
02/01/2003
Poids
505g
Largeur
154mm
Plus d'informations
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EAN
9782868477637
Titre
Le Moyen Age dans la littérature pour enfants
Auteur
Boulaire Cécile
Editeur
PU RENNES
Largeur
154
Poids
505
Date de parution
20030102
Nombre de pages
344,00 €
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Résumé : Cécile Boulaire, maître de conférence spécialisée en littérature pour la jeunesse, propose au lecteur adulte des clés pour entrer dans la lecture des albums pour enfants et se composer, pas à pas, une palette de compétences d'analyse permettant d'effectuer ses propres choix. Après une synthétique mais riche présentation de l'histoire de l'album, elle invite à s'interroger et comprendre la mise en page d'un texte, les choix des traitements d'une image, la volonté qu'un auteur implique dans son texte, ou... Un plongeon au coeur de l'infinie richesse de la littérature enfantine pour se constituer sa bibliothèque idéale.
La littérature pour enfants. encore peu étudiée à l'université en France, a pourtant été défrichée par une génération de chercheurs "pionniers" parmi lesquels Isabelle Nières-Chevrel, professeur à l'université Rennes 2 de 1969 à 2004. occupe une place essentielle. Ce volume rassemble près d'une vingtaine de contributions qui lui sont offertes en hommage au travail accompli durant ces années de recherche, et surtout dans l'idée d'un fécond passage de relais entre les générations. Parmi ces "jeunes" chercheurs, plusieurs sont ou ont été ses étudiants. beaucoup se sont nourris de ses réflexions, tous incarnent la force d'une génération désormais convaincue que le livre destiné à l'enfance mérite un regard critique aussi aigu et exigeant que les formes littéraires et artistiques les plus légitimées. Formes éditoriales, réécritures et traductions, interprétations par l'image, illustration et création graphique pour l'enfance: tous les sujets qui ont fait l'objet des travaux d'Isabelle Nières-Chevrel trouvent ici des prolongements divers et neufs, portés par des chercheurs français mais aussi belges. suisses, allemands, espagnols, anglais, canadiens ou américains.
L'étude de la maison Mame était jusqu'à une date récente réputée "infaisable" parce que ses archives avaient intégralement disparu dans la destruction de l'entreprise en juin 1940. Maison sans archives, l'entreprise Mame était par ailleurs disqualifiée par la nature de sa double spécialisation: l'édition religieuse et l'édition pour la jeunesse. Ce livre, issu du travail d'une équipe composée à parité de littéraires, d'historiens et d'historiens de l'art, s'attache à reconstituer l'histoire de l'entreprise et de la dynastie qui l'a portée, de ses débuts à Angers en 1767 à la rupture du lien entre la famille Maine et l'entreprise qui porte son nom en 1975. A travers 200 ans d'histoire économique et sociale, enracinée en Touraine niais largement ouverte aux influences majeures que connaît alors l'édition, l'ouvrage cherche à déterminer la nature de cette littérature produite pour les enfants des années 1830 à l'après-guerre, à expliquer le dédain dont elle fait l'objet dès les années Ferry, ainsi que l'oubli dont elle pâtit depuis, quoique ses tirages la rendent présente dans la plupart des foyers français. Il tente notamment de comprendre dans quel contexte et sous quelles modalités est née cette littérature chrétienne pour la jeunesse, et comment elle s'est développée, échappant partiellement aux objectifs de ses fondateurs. Cette étude s'efforce de combler une lacune majeure de l'historiographie, elle éclaire le rôle joué dans l'édition et surtout dans la littérature destinée à la jeunesse par la maison Maine, trop souvent éclipsée par les éditeurs parisiens Hachette et Hetzel auxquels elle a pourtant ouvert la voie.
En 1949, les éditions Cocorico lancent sur le marché de l'édition pour la jeunesse une collection de petits albums colorés et bon marché qui vont enchanter les enfants du baby-boom : les "Petits Livres d'or", des importations américaines aux couleurs chatoyantes et aux histoires positives et enjouées. Plébiscités par les enfants, les albums connaissent un succès immédiat, et la collection est rapidement imitée par la concurrence. Inaugurant l'usage de l'offset dans l'édition pour la jeunesse, les Petits Livres d'or insufflent à la création d'albums un souffle nouveau. C'est aussi un nouveau circuit économique qu'explore la collection populaire, faisant entrer l'édition française pour la jeunesse dans une logique internationale. L'accueil critique est pourtant contrasté : enthousiaste au lancement de la collection, il est bientôt marqué par l'anti-américanisme d'une partie du monde éducatif. Qui se cache derrière la société "Cocorico", et quels rôles jouent respectivement les maisons Flammarion (éditrice des célèbres "Albums du Père Castor" depuis 1931) et Hachette (l'éditeur de Mickey) dans l'histoire de cette collection ? Quels enjeux porte le livre pour enfants dans la France de la guerre froide ? De l'immédiat après-guerre au milieu des années 1960, l'aventure des Petits Livres d'or fait entrer l'édition pour la jeunesse dans une nouvelle ère, de l'artisanat vers la société des loisirs et de la production de masse.
Humbert-Amemiya Hiroko ; Cabel Eflamm ; Numajiri R
Le japonais... comme au Japon. Chotto Nihongo vous offre : des explications en français facilitant l'auto-apprentissage, un lexique de plus de 1 300 mots et une centaine d'idéogrammes (Kanji) pour découvrir et pratiquer l'écriture japonaise ; un accès aux structures de base de la langue et de la grammaire japonaises avec des exercices corrigés ; des dialogues et de petits textes inspirés de la vie quotidienne avec les expressions usuelles pour se débrouiller dans la vie réelle. Ils sont suivis par des exercices de compréhension et leurs corrigés en fin de volume ; des présentations du contexte socioculturel japonais comme dans aucun autre manuel. Chotto Nihongo est un excellent outil interactif entre étudiants et enseignants dans un cursus d'apprentissage du japonais. C'est dans un tel cadre qu'il a été élaboré, au cours de plusieurs années, par l'auteur.
Cohen Evelyne ; Gangloff Anne ; Giuliani Jean-Domi
Comment fabrique-t-on des héros et des héroïnes ? Comment expliquer que certains processus d'héroïsation aboutissent à la reconnaissance publique d'un individu comme supérieur, digne d'un culte (au sens propre ou métaphorique), alors que d'autres échouent ? Le livre qui étudie à la fois des textes et des images fixes ou en mouvement porte sur le phénomène de l'héroïsation conçu comme un processus de construction développé par un réseau d'acteurs. Il s'attache aux processus d'héroïsation eux-mêmes en examinant divers attributs, acteurs et obstacles. Il analyse différentes figures d'héroïnes et de héros à une période donnée, dans le temps long ou bien dans une perspective genrée. Il interroge la temporalité des héroïsations : certaines périodes historiques, certains régimes politiques, certaines sociétés ont été plus propices que d'autres au phénomène de l'héroïsation, et c'est précisément le cas de notre époque où l'on parle de plus en plus souvent de héros, comme on le constate depuis la Covid et la guerre en Ukraine. Il s'inscrit de façon pluridisciplinaire dans une vaste perspective chronologique, depuis l'Antiquité grecque, grande pourvoyeuse de héros, jusqu'à Zelenski, héros de la série télévisée "Serviteur du peuple" . Publié dans le cadre de la chaire Jean Monnet FABER de l'université Rennes 2
Résumé : Chaque jour depuis plus de 20 ans, le docteur Vincent Morel accompagne des patients qui vont mourir. Comment ces malades abordent-ils cette phase ultime de leur existence ? Quelles questions posent-t-ils ? Comment les accompagner et les soulager ? Comment leurs expliquer ce que sont réellement les soins palliatifs trop souvent assimilés à l'échec des traitements ? Ces questions se doublent aujourd'hui de celle de l'euthanasie et du suicide assisté. Cette question posée par les patients eux-mêmes fait aussi partie de son quotidien. Et elle mobilise autant les soignants qu'elle anime la société. Au lieu de s'enfermer dans une réponse binaire qui chercherait à soutenir une position militante, l'auteur invite au doute et à la réflexion. A partir de ses rencontres au chevet des malades, il présente les différents arguments qui agitent le débat public. Dans une société en mouvement, il apporte les outils cliniques, historiques, éthiques, conceptuels, juridiques nécessaires à la prise de position que chacun prendra librement.
L'histoire du serment politique en Occident est celle d'un long dévoiement. Ce rite habillé d'oripeaux antiques, médiévaux et religieux, avait été pensé comme l'instrument de la conjuration des hommes libres. Il sera devenu un des moyens de conjurer leur liberté. Alliance des hommes libres et égaux sous le regard de Dieu, il est progressivement encadré par les puissances politiques et ecclésiales, puis capté par l'Etat moderne à partir du XVIIe siècle. L'expérience révolutionnaire cherchera à redonner au serment son caractère démocratique et égalitaire, avant qu'au XIXe il ne devienne un rite de sujétion bureaucratique. Dans les régimes autoritaires et totalitaires, il exprime non seulement une fidélité politique mais il est la marque d'un biopouvoir par lequel l'individu abdique sa conscience et jusqu'à son propre corps dans le peuple, le parti, l'Etat, l'idéologie, le chef. C'est à une histoire politique enracinée dans les pratiques juridiques et les doctrines religieuses propres à l'Occident, et aujourd'hui négligée, que ce livre s'attache à donner une lecture originale et novatrice, puisqu'il s'agit de la première synthèse en français sur l'histoire du serment.