L'agriculture se réduit-elle à une application, plus ou moins rapide et réussie, des préceptes de la science? Comment les rapports entre recherche, pratiques agricoles et société se sont-ils transformés depuis un siècle? Par quelles méthodes l'historien peut-il mettre au jour la pluralité des "modernisations" possibles de l'agriculture à chaque période, là où bien des acteurs avaient endossé un modèle unique de "progrès"? Cet ouvrage tente de répondre à ces questions en regroupant des spécialistes d'histoire rurale et des spécialistes d'histoire des sciences autour d'une nouvelle histoire des savoirs agronomiques. Analysant les modes de production, de circulation, de standardisation des connaissances scientifiques et des innovations techniques, l'ouvrage nous transporte des crises alimentaires de la fin du XIXe siècle à celles de la fin du XXe siècle, des imaginaires politico-scientifiques "modernisateurs" du Journal d'agriculture pratique sous la Seconde République à celui du productivisme d'après la Seconde Guerre mondiale, de l'Institut des recherches agronomiques de 1921 à l'Inra de 1946, de Pasteur aux OGM.
Nombre de pages
300
Date de parution
02/12/2008
Poids
430g
Largeur
155mm
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EAN
9782296073937
Titre
Sciences, chercheurs et agriculture. Pour une histoire de la recherche agronomique
Le vif débat public sur les organismes génétiquement modifiés (OGM) a jeté en pleine lumière des questions qui jusque-là n'avaient guère mobilisé l'opinion publique. D'où proviennent les variétés de légumes, de fruits et de céréales que nous consommons? Comment ont-elles été défi nies, par qui et en fonction de quels objectifs? Est-il légitime qu'elles fassent l'objet de formes restrictives de propriété intellectuelle? L'agriculture industrielle ne rend-elle pas les paysans dépendants des grandes firmes semencières et agrochimiques, en assurant à ces dernières un monopole quasi absolu sur les semences? Ce livre propose une histoire de l'amélioration des plantes en France depuis la Seconde guerre mondiale, à commencer par les cultures les plus importantes et les plus emblématiques, blé, maïs ou colza. Cette histoire est présentée à la fois sous ses aspects scientifiques, juridiques, économiques et sociaux, elle permet aux auteurs d'évoquer les mutliples voies alternatives qui s'ouvrent aujourd'hui en matière de sélection variétale: agriculture biologique, semences paysannes? autant de moyens qui permettent d?« innover autrement ».
Les sciences et les techniques sont au coeur de nos vies quotidiennes et constituent les piliers de notre modernité. Elles ont transformé les modes de vie, les relations de pouvoir, nos identités et nos imaginaires. Controverses sur les OGM, enjeux du changement climatique et de sa prévision, nouveaux imaginaires véhiculés par Internet ou les jeux vidéo? Comment analyser dans ces cas qui font l'actualité les liens inextricables entre ce que l'on sait du monde, ce que l'on souhaite y faire et la façon dont on le gouverne? Les théories et approches dominantes de l'économie, de la sociologie, de l'histoire ou de la science politique ont souvent ignoré ces enchevêtrements complexes. Cet ouvrage propose un panorama du champ "sciences, techniques et société", très interdisciplinaire, qui s'est justement donné pour objet l'étude des transformations récentes et conjointes des façons de savoir, des formes d'expertise, des marchés, des espaces publics et des formes de gouvernement.
Les scientifiques nous l'annoncent: la Terre est entrée dans une nouvelle époque géologique, l'Anthropocène, né il y a deux siècles avec la révolution industrielle et la machine à vapeur. L'agir technique humain et notre modèle de développement font basculer le système terre vers des états inédits depuis des millions d'années et hautement imprédictibles. La temporalité longue de la terre et de l'évolution et la temporalité de l'histoire humaine, que la modernité industrielle du XIXe siècle avait soigneusement séparées se télescopent à présent, questionnant non seulement notre modernité industrielle mais aussi les méthodes en usage de recherche historique. Cette situation invite les historiens à inventer de nouvelles méthodes: l'historien ne peut plus rester dans sa tour d'ivoire; il importe de développer les interactions avec les sciences "dures", mais sans retomber dans une histoire naturaliste. Il s'agit aussi de poser de nouvelles questions et d'inventer de nouveaux récits pour donner sens aux 250 dernières années. Comment en sommes-nous arrivés là? Quelle appréhension du passé peut nous permettre de penser la crise environnementale contemporaine et favoriser la nécessaire transition écologique...
De l'espace notre Terre est blanc et bleu. Des continents et des mers. En bas... un paradis. La douceur de l'air, l'odeur de l'iode et la fraîcheur de l'eau. Là, entre zéro et quinze kilomètres au-dessus du niveau de la mer, tout autour du globe, il y a ces 1 400 milliards de tonnes de dioxyde de carbone. Le CO2 que nous avons émis depuis le début de l'industrialisation. Des milliards de tonnes prisonnières de la basse atmosphère.