Que font les personnes, les corps et les techniques en termes de dynamique de genre ...En quoi et comment les personnes et les corps instaurent-ils, avec les techniques, de nouvelles relations de genre ...Que fabriquent véritablement les corps en fonction de leurs assignations respectives et de quelle latitude les personnes disposent-elles pour s'en détacher ou les réinventer ...Jusqu'à récemment, la plupart des revues francophones traitant des techniques semblent avoir fait preuve de peu d'intérêt pour le genre ;la littérature anglophone comprend quant à elle de remarquables synthèses qui voient essentiellement dans les techniques des instruments de reproduction de la domination masculine.Or, il s'agit peut-être là d'une vision occidentale à la fois des rapports de genre, du phénomène technique et de leurs relations.Ce numéro de Techniques&Culture, coordonné par des chercheuses et chercheurs formés à l'anthropologie, à l'histoire et à la sociologie,regroupe des travaux s'intéressant à ce que le genre fait aux techniques et à ce que les techniques font au genre.
Nombre de pages
219
Date de parution
17/06/2022
Poids
704g
Largeur
210mm
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EAN
9782713229343
Titre
Techniques & culture N° 77, 2022/1 : Fabriquer le genre
Résultat de longues recherches ethnographiques, cet ouvrage permet de montrer dans sa complexité la vie actuelle d'un des peuples papous d'une vallée de l'intérieur de la Nouvelle-Guinée. Ce peuple vit un quotidien d'activités et de techniques traditionnelles, habite un univers social de relations particulières et complexes et enfin s'exprime dans un monde largement habité par la magie, l'interdiction, la crainte de l'invisible et les manières de traiter avec lui. Le texte (bilingue: français/anglais) est d'une lecture fluide. Il est plus explicatif que littéraire et donne une sorte de vision panoramique de la société Agra et de son fonctionnement, excluant de manière volontaire tout ce qui pourrait paraître commentaire racoleur du regard occidental (celui de l'ethnologue) sur une société primitive. Il rejette assez vivement certains documentaires existants qui ont donné une image fausse de ces populations ou parfois même ont fabriqué de toute pièce un modèle quasiment préhistorique de «monde premier». Les photographies qui composent la plus grande partie de l'ouvrage sont absolument magnifiques et créent un rapport privilégié, presque envoûtant avec cette société. Elles sont accompagnées de commentaires pertinents et suffisamment explicatifs pour emmener le lecteur de plus en plus loin dans l'approche de cet univers agricole et forestier si particulier.
Comment échapper à l'alternative entre étudier l'individu (universel mais asexué) ou les rapports hommes-femmes (sexués mais séparés)? En apercevant que la distinction masculin/féminin n'est pas une simple différence: elle ne désigne aucune propriété substantielle, aucun attribut identitaire de l'individu. C'est pourquoi de plus en plus d'études en sciences sociales tiennent à définir le "genre" non pas comme un attribut des personnes, mais comme une modalité des relations. Les auteurs de ce livre ne se revendiquent pas d'une théorie commune. Mais tous questionnent les conceptions du genre trop dépendantes des représentations occidentales modernes. Il ne va pas de soi de considérer l'individu comme un être composé de deux entités, "un moi" et "un corps". En nous incitant à renouer avec les ambitions d'une véritable anthropologie comparative, ils montrent qu'étudier le genre c'est revenir aux fondamentaux de nos disciplines. Toujours et partout, ce qui est en jeu à travers le genre n'est jamais simplement ni "l'esprit", ni "le corps", mais cet être vivant capable d'agir et de pâtir à la manière des humains, dont chaque société construit sa propre représentation: la personne.
Marseille est un laboratoire privilégié. La crise actuelle de son modèle de développement économique est aussi celle de son territoire. Aussi la mise en cause de ses équilibres spatiaux appelait-elle tant une lecture historique de la genèse des structures urbaines qu'une lecture géographique des distributions sociales et spatiales d'aujourd'hui. C'est à cette double démarche que répond ce livre. D'une part, en analysant les dimensions synchroniques des activités économiques et démographiques inscrites dans une morphologie urbaine socialement structurée. D'autre part, en construisant le modèle génétique de l'articulation entre division sociale et trame matérielle de la ville : un modèle " libéral ", fruit de stratégies et de conduites, tôt établi au XIXe siècle, porteur d'effets de longue durée, et qu'échoue à altérer une haussmannisation manquée. L'interaction entre modes d'agir et formes urbaines, entre continuités et discontinuités temporelles, a fait de Marseille un cas d'école : division sociale, morphologie, croissance y sont étroitement liées, dans l'espace comme dans l'histoire. La ville se lit dans les principes tant de sa construction sociale que de sa division sociale. La première est le produit d'une création urbaine portée par des groupes, propriétaires, négociants, entrepreneurs immobiliers, animés par des projets mais aussi soumis à des contraintes, des compromis et des ratages. La seconde dessine des oppositions, entre équerre des beaux quartiers, de Longchamp au Prado, et faubourgs industriels, ville et port, nord et sud, avec la Canebière comme frontière, oppositions qui sont autant de composantes historiquement situées d'une structuration sociale du territoire, Dans un double refus du postulat écologique, pour qui la conduite des hommes est subordonnée à l'influence du milieu, et du postulat sociologiste, pour qui la société se projette simplement et immédiatement sur un sol quasiment vierge, l'ouvrage de Marcel Roncayolo est ainsi exemplaire pour les trois modèles qu'il propose, de genèse historique de la ville contemporaine, d'interprétation des relations entre territoire et société, et de mobilisation croisée des démarches de la géographie et de l'histoire.