Comment échapper à l'alternative entre étudier l'individu (universel mais asexué) ou les rapports hommes-femmes (sexués mais séparés)? En apercevant que la distinction masculin/féminin n'est pas une simple différence: elle ne désigne aucune propriété substantielle, aucun attribut identitaire de l'individu. C'est pourquoi de plus en plus d'études en sciences sociales tiennent à définir le "genre" non pas comme un attribut des personnes, mais comme une modalité des relations. Les auteurs de ce livre ne se revendiquent pas d'une théorie commune. Mais tous questionnent les conceptions du genre trop dépendantes des représentations occidentales modernes. Il ne va pas de soi de considérer l'individu comme un être composé de deux entités, "un moi" et "un corps". En nous incitant à renouer avec les ambitions d'une véritable anthropologie comparative, ils montrent qu'étudier le genre c'est revenir aux fondamentaux de nos disciplines. Toujours et partout, ce qui est en jeu à travers le genre n'est jamais simplement ni "l'esprit", ni "le corps", mais cet être vivant capable d'agir et de pâtir à la manière des humains, dont chaque société construit sa propre représentation: la personne.
Nombre de pages
319
Date de parution
03/11/2008
Poids
622g
Largeur
160mm
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EAN
9782713221538
Titre
Ce que le genre fait aux personnes
Auteur
Théry Irène ; Bonnemère Pascale ; Lee Downs Laura
Editeur
EHESS
Largeur
160
Poids
622
Date de parution
20081103
Nombre de pages
319,00 €
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Face aux revendications occidentales sur la question des droits de l'homme, l'Asie oppose une fin de non-recevoir obstinée. Comment comprendre ce refus de valeurs que nous considérons pourtant comme universelles? Qu'en est-il en profondeur, notamment dans la culture chinoise? Le meurtre se commet en famille dans la plupart des cas, là-bas comme ici, aujourd'hui comme hier. En étudiant la jurisprudence criminelle des deux derniers siècles de la Chine impériale, Françoise Lauwaert montre comment une tout autre conception du droit, et partant de la religion et de la société, explique des jugements qui seraient rendus tout à fait autrement chez nous. C'est ainsi que l'infanticide y est considéré comme véniel alors que le parricide y est tenu pour abominable, conformément à la Loi du Père qui structure les relations familiales et sociales. A travers cette étude minutieuse, c'est un regard nouveau que l'auteur porte sur la Chine.
Marseille est un laboratoire privilégié. La crise actuelle de son modèle de développement économique est aussi celle de son territoire. Aussi la mise en cause de ses équilibres spatiaux appelait-elle tant une lecture historique de la genèse des structures urbaines qu'une lecture géographique des distributions sociales et spatiales d'aujourd'hui. C'est à cette double démarche que répond ce livre. D'une part, en analysant les dimensions synchroniques des activités économiques et démographiques inscrites dans une morphologie urbaine socialement structurée. D'autre part, en construisant le modèle génétique de l'articulation entre division sociale et trame matérielle de la ville : un modèle " libéral ", fruit de stratégies et de conduites, tôt établi au XIXe siècle, porteur d'effets de longue durée, et qu'échoue à altérer une haussmannisation manquée. L'interaction entre modes d'agir et formes urbaines, entre continuités et discontinuités temporelles, a fait de Marseille un cas d'école : division sociale, morphologie, croissance y sont étroitement liées, dans l'espace comme dans l'histoire. La ville se lit dans les principes tant de sa construction sociale que de sa division sociale. La première est le produit d'une création urbaine portée par des groupes, propriétaires, négociants, entrepreneurs immobiliers, animés par des projets mais aussi soumis à des contraintes, des compromis et des ratages. La seconde dessine des oppositions, entre équerre des beaux quartiers, de Longchamp au Prado, et faubourgs industriels, ville et port, nord et sud, avec la Canebière comme frontière, oppositions qui sont autant de composantes historiquement situées d'une structuration sociale du territoire, Dans un double refus du postulat écologique, pour qui la conduite des hommes est subordonnée à l'influence du milieu, et du postulat sociologiste, pour qui la société se projette simplement et immédiatement sur un sol quasiment vierge, l'ouvrage de Marcel Roncayolo est ainsi exemplaire pour les trois modèles qu'il propose, de genèse historique de la ville contemporaine, d'interprétation des relations entre territoire et société, et de mobilisation croisée des démarches de la géographie et de l'histoire.