Le Champion du quartier. Se faire un nom dans la lutte sénégalaise
Bonhomme Julien
MIMESIS
26,00 €
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EAN :9788869763397
La lutte avec frappe est une passion nationale au Sénégal, les champions de l'arène y sont immensément populaires. Associant combats, danses et rites magiques, la lutte est un spectacle total à travers lequel la société sénégalaise se donne à voir. L'ouvrage s'appuie sur une enquête dans des quartiers populaires de Dakar et suit tous les acteurs de l'arène : les lutteurs, les marabouts qui s'occupent de leur « préparation mystique », les instances officielles qui encadrent les combats, les hommes d'affaires qui les organisent, les notables qui les parrainent. La réussite n'est pas qu'affaire de talent sportif : on ne peut devenir un champion sans le soutien matériel, moral et « mystique » de son écurie, de sa famille, de son quartier, de son village. En plaçant au centre de l'analyse la « popularité », valeur cardinale de l'arène, l'ouvrage propose une réï¬?exion plus générale sur la célébrité, un type de capital symbolique au coeur de la vie sociale au Sénégal comme ailleurs. Julien Bonhomme est anthropologue. Il enseigne à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales et codirige le Laboratoire d'anthropologie sociale au Collège de France, à Paris. Il est notamment l'auteur de Le Miroir et le Crâne. Parcours initiatique du Bwete Misoko (Gabon) (2006), Les Voleurs de sexe. Anthropologie d'une rumeur africaine (2009) et L'Offrande de la mort. Une rumeur au Sénégal (2017).
Nombre de pages
352
Date de parution
12/07/2022
Poids
479g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9788869763397
Titre
Le Champion du quartier. Se faire un nom dans la lutte sénégalaise
Auteur
Bonhomme Julien
Editeur
MIMESIS
Largeur
150
Poids
479
Date de parution
20220712
Nombre de pages
352,00 €
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C'est en mars 2001 au Gabon que Julien Bonhomme entend pour la première fois parler des " voleurs de sexe ". Des individus sont accusés d'avoir fait disparaître les organes génitaux d'inconnus dans la rue, à l'occasion d'une banale poignée de mains. Les incidents se multiplient et plusieurs voleurs présumés sont lynchés. Il ne s'agit pas d'un cas isolé : les vols de sexe ont déjà touché à différentes reprises une vingtaine de pays d'Afrique subsaharienne depuis les années 1970. Comment rendre compte d'un tel phénomène, inédit par son ampleur spatiale et temporelle, sans tomber dans le cliché d'une Afrique perçue sous l'angle de l'altérité exotique ? Critiquant la conception péjorative qui surdétermine le regard savant sur les rumeurs, l'auteur de ce livre n'envisage pas le vol de sexe en termes de pathologie ou de superstition, mais s'attache à mettre au jour les facteurs qui expliquent le succès culturel de cette rumeur singulière sur une si vaste échelle. Il articule vue d'ensemble et vue de détail afin de rendre compte tant de la diffusion internationale de la rumeur que des situations d'interaction au sein desquelles surviennent les accusations. Plutôt qu'une anecdote prêtant à rire, le vol de sexe ne serait-il pas une affaire exemplaire permettant de comprendre l'Afrique urbaine contemporaine, les formes de sociabilité et les modes de communication qu'elle suppose ...
Sénégal, janvier 2010 : un mystérieux personnage à bord d'une voiture distribuerait des offrandes de viande et d'argent qui tueraient ceux qui les acceptent. Pendant une quinzaine de jours, cette étrange rumeur circule dans tout le pays, fait la une de l'actualité et provoque plusieurs incidents : des personnes sont accusées d'être le " tueur charitable " et prises à partie par la foule. Parce qu'elle perturbe le cours ordinaire des choses et déstabilise les évidences du sens commun, cette rumeur d'offrande de la mort offre une entrée originale pour étudier des faits sociaux de plus grande ampleur. Elle permet d'interroger la place centrale mais problématique de l'aumône et révèle les contradictions entre les politiques de lutte contre la mendicité et les normes de la charité religieuse. Elle pose surtout la question plus générale du sens et de la valeur des dons, dans un contexte où normes religieuses, prescriptions maraboutiques et dettes sorcellaires sont souvent étroitement imbriquées. A qui les dons profitent-ils réellement ? Quels dangers peut-il y avoir à les recevoir ? Quels rapports entretiennent l'aumône, l'offrande et le sacrifice ? Comment tenir compte de la place des entités invisibles, qu'il s'agisse de Dieu ou de génies plus ou moins maléfiques, dans les dons que les humains se font entre eux ? Ce livre n'est pas seulement l'analyse d'une rumeur révélatrice des mutations politiques, économiques et religieuses d'un pays africain. Il peut également se lire comme un essai sur Mauss. Cette histoire sénégalaise de cadeau empoisonné invite en effet à jeter un nouveau regard sur deux thèmes classiques de l'anthropologie : le don et le sacrifice.
Cros Michèle ; Bonhomme Julien ; Bondaz Julien ; G
Les morts ne sont pas morts". Dans cet ouvrage, cinq jeunes anthropologues font écho à ce vers célèbre du poète sénégalais Birago Diop à partir de leurs propres recherches ethnographiques au Burkina Faso, au Niger, au Bénin et au Mali. Comment déjouer la mort, en inverser l'inéluctable cours, rendre la vie à ceux qui, tous règnes confondus, furent exposés à ses flèches empoisonnées ...
La question « qui suis-je ? » occulte souvent celle de savoir quelle place occupe l'autre dans le processus d'édification de l'identité personnelle. L'autre n'est sans doute pas absent des discours portant sur l'identité et le sujet, mais il est le plus souvent envisagé comme un élément extérieur gravitant autour d'un Moi considéré comme un centre de référence. Or l'autre n'est pas toujours celui qui me fait face, il est bien plus souvent celui qui me fait être. C'est notamment le cas quand l'autre est un modèle, que je le choisisse (figure d'exemple), ou qu'il soit socialement construit et imposé (figure d'exemplarité). L'autre, par qui je deviens celui que je suis, se manifeste donc comme une source féconde de construction de soi.
Cet ouvrage retrace le parcours de Michèle Firk (Paris, 1937- Guatemala City, 1968) figure libre et engagée, à la croisée du cinéma et des luttes révolutionnaires. Critique, journaliste et militante, elle participe aux réseaux d'aide au FLN, puis aux combats internationalistes en Amérique latine. Son histoire s'inscrit dans une période de tensions qui s'ouvre sur les affrontements de la Seconde Guerre mondiale, se poursuit dans les déchirements de la Guerre froide et voit émerger le tiers-monde sur la scène internationale. A travers quatre essais et des documents inédits, les auteurs reconstituent une trajectoire marquée par la cohérence entre pensée, écriture et action, jusqu'à son engagement dans la guérilla guatémaltèque. L'ouvrage interroge aussi le rôle politique du cinéma dans les années 1950-1960 et éclaire une figure méconnue, emblématique des engagements transnationaux du XXe siècle. Sébastien LAYERLE Historien du cinéma, maître de conférences en études cinématographiques et audiovisuelles à l'université Sorbonne Nouvelle. Diplômé de science politique, il consacre l'essentiel de ses recherches aux liens entre le cinéma et l'histoire. Dernier ouvrage publié : "Cinéma, marxisme, matérialisme. Pour une critique du cinéma" (Mimésis, 2023). Caroline MOINE Professeure en histoire culturelle et politique (XXe-XXIe siècles.) à l'Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines/Université Paris-Saclay, directrice du Centre d'histoire culturelle des sociétés contemporaines. Spécialiste de l'histoire des relations culturelles internationales après 1945, elle s'intéresse aux domaines des médias et du cinéma et des mobilisations politiques de solidarité internationale.
Alors qu'elle s'apparente à un symbole de fixité et d'immuabilité, la montagne pourrait être considérée comme un motif anti-cinématographique. Elle traverse pourtant toute l'histoire du cinéma. Dans une première partie consacrée aux expériences minérales, cet ouvrage revient sur l'attraction exercée par la montagne sur les cinéastes et les personnages de films, ainsi que sur les forces de transformation qu'elle opère par sa puissance d'agir. Une seconde partie interroge les esthétiques telluriques qui en découlent, lorsque la montagne passe du statut de toile de fond au premier plan pour devenir le sujet principal, selon une logique de décentrement de nos regards anthropocentrés qui pourrait nous reconnecter à l'histoire sédimentée de notre planète. Une troisième partie observe comment la matière même des films est emportée dans une tectonique des images qui nous donne à voir matériellement les réalités de l'extractivisme et des effondrements en cours à l'ère de la crise environnementale. Vincent DEVILLE est Maître de conférences (HDR) en Histoire et esthétique du cinéma à L'Université de Montpellier Paul-Valéry. Ses travaux portent sur le cinéma expérimental et d'avant-garde, sur la contribution des formes du montage à l'écriture de l'Histoire, ainsi que sur les représentations de la nature et du vivant au cinéma en lien avec des préoccupations environnementales.
Dans Le film qui m'est resté en mémoire, Victor Burgin s'intéresse aux souvenirs fragmentaires de films qui traversent fugacement nos pensées, se mélangeant par la suite aux souvenirs d'autres films ou d'événements réels. Constituées, pour l'essentiel, de perceptions et de souvenirs, de telles « images-séquences » n'ont pas été étudiées par la théorie du cinéma ou de la photographie. Nous conduisant des écrits de Roland Barthes à La Jetée de Chris Marker, et en s'appuyant sur les apports de la psychanalyse, l'auteur nous invite à réfléchir sur les enjeux et les usages de nos souvenirs fragmentaires de films.