En octobre 2020, la tempête Alex s'est abattue dans les Alpes-Maritimes. Des intempéries phénoménales ont donné lieu à des inondations et des coulées de laves torrentielles dans les vallées de la Vésubie et de la Roya. Dans le cadre du programme Mondes nouveaux du Ministère de la Culture, la romancière Colombe Boncenne en association avec l'artiste/designer David Enon, et cinq autres artistes-auteurs, le sculpteur Julien Berthier, la chorégraphe Julie Desprairies, le musicien Charles Dubois, l'architecte Laure Dezeuze et la sociologue Livia Velpry, ont été invités à venir poser et croiser leurs regards sur cet événement et ses stigmates. Après deux temps de résidence à Saint-Martin Vésubie, ils y ont créé et produit ensemble un événement de trois jours en s'inspirant du conte populaire traditionnel "La soupe aux cailloux" qui a servi de terreau à une fiction écrite collectivement. L'intrigue principale se déroule à Saint-Martin Vésubie, et permet de décrire le paysage d'après la catastrophe, son impermanence, son mouvement perpétuel, sa réalité transitoire. Or cette réalité comprend, sans les citer directement, les productions artistiques qui ont été réalisées pendant l'événement, les fait apparaitre comme des phénomènes que la population locale ne parvient pas à expliquer. Des preuves, ou pièces à conviction - textes, dessins, photographies -, viennent s'intercaler dans le texte. En annexes, un article et un schéma apportent de précieuses informations sur le phénomène météorologique et ses conséquences. L'objet est protéiforme, il est porté par l'idée que l'on peut interroger le réel - même tragique - par le biais de la fiction et offrir la possibilité à l'imaginaire de s'insuffler là où il semble ne plus avoir de prise. Il s'agit également de dépasser la logique de l'événementiel et d'inscrire une expérience artistique tout aussi singulière qu'éphémère dans un temps plus long, celui du livre, de la réflexivité.
Nombre de pages
200
Date de parution
13/09/2024
Poids
372g
Largeur
140mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782490505685
Titre
Ce que disent les pierres
Auteur
Boncenne Colombe ; Enon David
Editeur
MANUELLA
Largeur
140
Poids
372
Date de parution
20240913
Nombre de pages
200,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison à domiciledès 5,10 €
Résumé : C'est à la maison de la presse de Crux-la-Ville, au fond d'un vieux carton, que Constantin Caillaud découvre Neige noire, un titre inédit d'Emilien Petit dont il croit pourtant avoir tout lu. Sa trouvaille est d'autant plus précieuse qu'elle lui donnera l'occasion rêvée de recontacter Hélène, sa maîtresse évanescente qui lui a fait comprendre et aimer l'oeuvre de Petit. Mais, au moment de la retrouver pour lui confier le livre-sésame, il ne parvient plus à mettre la main dessus. Il cherche innocemment sur la toile : aucune trace de Neige noire. Il s'adresse à l'éditeur : ce titre n'est pas au catalogue. Il écrit alors à l'auteur et à ses amis écrivains : tour à tour Jean-Philippe Toussaint, Olivier Rolin, Antoine Volodine, Patrick Kéchichian ou encore Edouard Launet - participation exceptionnelle de ces grandes figures du monde littéraire ! - s'émeuvent de la supercherie. Mais quelle supercherie ? Constantin n'entendait tromper personne et pourtant le point final de cette épopée pourrait bien laisser penser que le lecteur s'est fait manipuler.
Aujourd'hui, Stefan doit annoncer à son équipe une nouvelle qui va bouleverser l'avenir de son entreprise. Mais voilà, ce matin, il ne démarre pas. Vue Mer décrit la comédie humaine quotidienne de nos journées de bureau. Comme dans une famille, le rôle de chacun est attribué une fois pour toutes : Françoise la gentille secrétaire, Bart le tire au flanc, Guy le contestataire, Charlotte la bosseuse, Rita la jeune-et-jolie assistante... Et Stefan le patron, paternel manipulateur, cynique émouvant. Seul dans sa voiture immobile, le grand absent de la journée s'adresse à ses collaborateurs, façonne leurs agissements et leurs pensées, sans qu'ils ne l'entendent, ni ne le voient. Colombe Boncenne écrit avec Vue Mer une satire sociale dont la drôlerie n'ôte rien à la finesse et à la gravité. Son premier roman, Comme neige (Buchet Chastel, 2016), a reçu le prix Fénéon.
Résumé : Tant de choses à dire après avoir lu Des sirènes ! Mais le mot qui veut absolument être le premier à venir est celui-ci : délicatesse. Ce n'est pas toujours une qualité en littérature, mais il en faut pourtant beaucoup, de la délicatesse, tant pour composer avec les émotions que pour manier les explosifs. Et Colombe Boncenne ne craint ni les uns ni les autres. La sirène est la métaphore filée qui convenait pour nommer aussi la forme de ce livre, semblable à une toile tissée d'échos subtils. Sa nage est un mouvement d'aiguille, dessus, dessous, qui lie, recoud, répare, suture. L'écriture épouse ce mouvement, on plonge dans les abysses, on respire dans le ciel, le naufrage est toujours possible mais l'île n'est jamais loin. Il y a des trous dans cette toile : le père, pas même cité ni mentionné dans cette histoire de filiation où les pères sont si décevants. La cérémonie des adieux, pour reprendre la belle expression de Beauvoir, est au premier plan. La mère de la narratrice va mourir. Cette mort est la douleur présente qui formule dans son cri la souffrance de quatre femmes blessées (par les hommes, inévitablement) qui ont choisi (ou dû choisir) le silence, jusqu'à ce que ce livre peut-être les délivre. Mais Colombe Boncenne murmure encore, elle ne distribue pas des rôles de tragédiennes emphatiques aux femmes de sa famille qui n'en auraient pas voulu. La voix qui lui est venue pour écrire ce livre est très douce, apaisante, comme une consolation possible. Parle tout bas, si c'est d'amour, au bord des tombes, écrivait Paul-Jean Toulet? " Eric Chevillard
Résumé : Comment une écrivaine construit-elle ses histoires, comment s'entremêlent-elles à sa réalité? Chaque texte de ce recueil interroge le lien entre la narratrice et son imaginaire. Qu'elle raconte un souvenir, une scène quotidienne ou élabore un récit, nous la suivons dans son flux de conscience, où s'interpénètrent son ordinaire, ses rêves et la littérature. Cet enchâssement à la manière d'une matriochka, aussi doux que troublant, propose une réflexion intime et subtile sur nos vies et l'expérience de l'écriture.
Colette Brunschwig est une peintre du XXe siècle, dont elle interroge de façon singulière la modernité artistique occidentale, et les traumas historiques que furent la Shoah et Hiroshima. Dans la proximité philosophique d'Emmanuel Levinas, l'artiste, proche du philologue Jean Bollack, joint ses recherches picturales liées aux abstractions des années 1950 à l'étude des traditions exégétiques talmudiques, avant d'y associer, à la fin des années 1960, l'enseignement des peintres lettrés chinois des XIIe et XIIIe siècles. Assumant une double généalogie avec Claude Monet et Kasimir Malevitch, Colette Brunschwig n'a cessé d'explorer un espace dynamique, traversé d'un souffle intérieur d'expansion et de compression ; espace qu'elle rend patiemment disponible pour recommencer la peinture après l'anéantissement, et y inscrire les strates réflexives et sensibles d'une revue des formes. Cette première monographie se veut un outil olivet de connaissance. Elle réunit donc une large iconographie de l'oeuvre peint de Colette Brunschwig, des archives personnelles, des photographies d'expositions, des essais critiques comme autant d'entrées possibles dans le geste pictural et la démarche intellectuelle, la correspondance de l'artiste avec diverses figures célèbres de la scène artistique et littéraire française de l'après-guerre, et ses propres textes, nés de la réflexion de son rapport à l'art moderne et aux transformations technologiques de son temps.
Le travail de Guillaume Constantin, né en 1974, se construit à partir d'anachronismes. Se déploient ainsi des oeuvres à la géométrie ambiguë qui ricochent les unes sur les autres en devenant tour à tour un jeu sur le médium, le support, un hommage, un détournement, une réappropriation. Appropriation, recyclage, détournement et autres déplacements, transformations voire déformations habitent l'oeuvre de Guillaume Constantin. Développant un travail essentiellement sculptural et d'installation, il conçoit régulièrement des dispositifs d'exposition ou réalise des interventions sur des dispositifs d'exposition préexistants, notamment muséaux, interrogeant le rapport à l'oeuvre ou à l'objet, sa collection et ses modes de monstration comme de circulation, son histoire, au sein de différents contextes pouvant mettre en tension conservation et disparition, visibilité et absence. L'artiste remet ainsi littéralement en jeu l'exposition en même temps qu'il en propose une réécriture et une relecture, convoquant la mémoire et les traces du passé. (R. Brunel, A. Marchand et A-L. Vicente)
Comme le disait Heinz Mack lors d'un de nos nombreux entretiens : "Etes-vous bien conscient que je suis un des derniers à pouvoir vous raconter cela ? " De l'exposition de Düsseldorf en mai 1957 à la mort prématurée de l'artiste en 1962, de la création de l'opéra de Gelsenkirchen à la rétrospective de Krefeld, l'aventure allemande d'Yves Klein fut essentielle dans sa fulgurante carrière. Grâce aux échanges intenses entre l'artiste français et les artistes allemands de sa génération — notamment du mouvement ZERO —, cette histoire se trouve ici retracée au moyen de matériaux d'archives et d'entretiens avec l'ensemble des témoins encore vivants. Intimement liée à l'évolution artistique outre-Rhin, cette biographie constitue aussi une archive exceptionnelle pour une double histoire de l'art.
L'architecture, c'est l'inverse de la nature. C'est l'art de façonner une nouvelle nature. C'est l'art de rendre naturel ce qui ne l'est pas. La pratique architecturale de Claude Vasconi est intimement liée au dessin. Entre 1965 et 2009, Claude Vasconi a signé plus de soixante réalisations en France, en Allemagne et au Luxembourg. dont la tour ZDF aux Lilas, le 57 Métal à Mulhouse, l'Hôtel du Département à Strasbourg et le quartier du Borsig à Berlin. Tous ces bâtiments, emblématiques d'une conception radicale de l'architecture, ont d'abord été des esquisses tracées au feutre sur de grands papiers calque. Du croquis initial à la finalisation, le dessin rythme chaque étape des projets de Claude Vasconi. Il a ainsi laissé des centaines de dessins qui témoignent d'un processus créatif où le geste de la main est essentiel pour penser et faire advenir la forme. Les 400 dessins rassemblés dans ce livre de plus de 800 pages, classés par ordre chronologique, donnent à voir l'instant de la création, l'instant où se rêve la réalité. Des extraits de ses nombreux carnets, où s'entrelacent réflexions sur l'architecture et notes sur ces projets, émaillent ce corpus unique et inédit. L'ensemble invite à découvrir l'oeuvre d'un architecte-bâtisseur qui a marqué le paysage urbain de la fin du XXe siècle, à travers l'énergie de son trait, son sens de la composition et le mouvement de sa pensée.