Le roman d'Alexandre à Tombouctou. Histoire du Bicornu
Bohas Georges ; Saguer Abderrahim ; Sinno Ahyaf
ACTES SUD
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EAN :9782330013394
Tombouctou, la "Cité mystérieuse", voire "fabuleuse", la ville des 333 saints est aussi, d'après la tradition, la ville des belles histoires: "Le sel vient du Nord, l'or du Sud, l'argent du pays des Blancs, mais la parole de Dieu, les choses saintes et les belles histoires ne se trouvent qu'à Tombouctou." Avec sa célèbre université de Sankoré qui compta jusqu'à vingt-cinq mille étudiants, Tombouctou fut une capitale de la culture et du savoir pendant la période médiévale. Traces et témoins de cette période de gloire, il nous reste les manuscrits, un extraordinaire patrimoine, presque inexploité mais en danger. On pense que la seule région de Tombouctou détient près de 200 000 manuscrits, dont moins de 10 % ont été catalogués et plus de 40 % sont encore stockés dans des conditions plus que précaires. La présence de bandes armées dans la région depuis le 1er avril 2012 et la prise de Tombouctou font redouter le pire: destruction et dispersion de ces trésors inestimables, qui constituent en fait la mémoire de l'Afrique. Le dépouillement des catalogues auquel nous avons procédé a mis en lumière l'existence de nombreux écrits du genre sîra (histoire romancée). De là a germé l'idée d'une collection intitulée "Les Manuscrits de Tombouctou" (titre provisoire), qui inclurait dans un premier temps: La vie romancée d'Alexandre, L'historie de Tawaddud, la docte Sympathie (personnage des Mille et Une Nuits), Bouloukia le premier des croyants, Le cycle de Ali, Le cycle de Moïse. La vie romancée d'Alexandre, intitulée dans le manuscrit Histoire du Bicornu, constitue le point extrême de l'avancée du Roman d'Alexandre vers l'Occident. Cette oeuvre constitue un recueil de légendes concernant les exploits d'Alexandre le Grand. Source des différents miroirs des princes, il fut, malgré la diversité des versions, l'un des livres les plus répandus au Moyen Age, objet des premières traductions dans les langues vernaculaires d'Europe. Dans cette version rarissime, s'y entremêlent des légendes coraniques, probablement d'origine syriaque, concernant le Bicornu: quête de la source de vie, construction de la barrière contre Gog et Magog (Sourate La Caverne, 94-98), les grands moments de la vie d'Alexandre (ses victoires sur Darius et sur Porus, des passages du pseudo-Callisthène comme l'histoire de Candace et Candaule, avec des récits merveilleux comme ceux intitulés "Le château enchanté" et "Le pays des Djinns"). Découvrir l'histoire du Bicornu parmi les manuscrits de Tombouctou était tout à fait inattendu et exceptionnel; du reste, c'est par le plus grand des hasards que cette invention s'est réalisée. L'intérêt de cette découverte montre à quel point il ne suffit pas de proclamer "qu'il faut sauver les manuscrits des sables", mais qu'il est urgent de se mettre à les éditer et à les traduire.
La linguistique contemporaine, dans son immense majorité, admet comme une évidence le principe selon lequel la relation de la forme ("le signifiant") au sens ("le signifié") est arbitraire. Ce choix théorique repose sur une illusion fondée sur une certaine conception de la langue, selon laquelle l'unité significative privilégiée est le morphème (on ne voit effectivement pas de motivation naturelle à désigner spécialement par le mot nez cet appendice bien connu). Cet ouvrage démontre que l'élément minimal significatif est en réalité le trait phonétique, composante du phonème (lui-même constituant du morphème), lequel, en tant que propriété articulatoire, établit un lien naturel (donc non arbitraire) avec le signifié : ainsi, le mot nez et tous ceux qui concernent cet appendice comportent-ils le trait [nasal] et ce non seulement en français mais aussi dans la plupart des autres langues, sans qu'un lien typologique entre elles puisse être invoqué. Là gît l'innovation de la théorie défendue ici : l'hypothèse (démontrée empiriquement) que le trait phonétique est pertinent pour représenter la structuration lexicale. Ainsi émerge un nouveau paradigme au sein des sciences du langage, fondé sur le postulat que les formes n'ont rien d'arbitraire relativement aux significations.
A l'annonce du débarquement en Normandie, le 6 juin 1944, les résistants s'agitent dans le bourg de Vonnas, dressent des barricades dans les rues, font creuser une tranchée " pour arrêter la retraite de l'armée allemande ", arrêtent des " suspects de collaboration ". Le 12 juin 1944, le garde champêtre, sur l'ordre de l'instituteur Michaud, parcourt les rues en proclamant l'établissement de la IVe République. La riposte allemande ne se fait pas attendre, ce 12 juin même les troupes allemandes arrivent par le Nord et déferlent sur le village, semant la terreur. Les résistants prennent la fuite, laissant la population désemparée. Georges Bohas reconstitue le déroulement de ces " actes de bravade inopportuns et inutiles " qui causèrent le massacre d'une douzaine de personnes.
Baïbars continue de monter en grade : chef de guet, secrétaire aux plaçets, il a la faveur du roi. Et s'attaque à la corruption, aux faux aveugles et aux vrais malfrats, aux caïds et aux parrains.
Darrâj le Sourd, Dâgher le Têtu, Asad El-Dîn le Renfrogné, Sulaymân le Buffle, Najm El-Dîn le Jaloux et quelques autres remplissent ce volume du fracas de leurs armes. Insoumis par vocation, pilleurs de caravanes et d'entrepôts par nécessité, habitués des coups de main et des expéditions solitaires, ces montagnards pieux, truculents et héroïques savent que leur destin est inextricablement mêlé à celui de Baïbars. Mais il leur faudra encore apprendre que le monde est gouverné par des forces terribles et mystérieuses; dure leçon, dont ils n'ont pas fini de payer le prix... Et Baïbars poursuit son irrésistible ascension, en dépit de tous les complots: il rencontrera le Qutb, le "Pôle" mystique, qui gouverne secrètement l'univers. Ses aventures se poursuivront dans le prochain volume: La trahison des Emirs.
Les douze dernières pièces composées par Ibsen forment un cycle qui a son mouvement et sa cohérente propres. Ibsen l'a conçu tel pour raconter un monde dont les certitudes abusives sont ébranlées et où peuvent s'exprimer les blessures secrètes d'individus révoltés contre l'oppression des apparences.Dans ce monde - qui fait toujours écho au nôtre - la vérité est une catastrophe; elle naît dans la souffrance individuelle ou le trouble social. Souffrance et trouble qui sont le bien et la matière de l'artiste au travail, figure qui domine les quatre dernières pièces du cycle.Les pièces sont proposées dame leur intégralité et dans une nouvelle traduction pour rendre à Ibsen se place parmi les grands génie dramatiques.
C'est à 51 ans que Dvorák débarque sur le sol américain. Nommé en 1892 à la tête du Conservatoire de la ville, il se passionne pour la musique du continent, ses mélodies et ses rythmes, puis se lance, l'année suivante, dans la composition d'une symphonie. Certes, Dvorák n'est pas véritablement le pionnier de la musique américaine, mais sa «Symphonie n° 9 »en cristallise l'esprit et s'impose vite comme le chef-d'oeuvre de son auteur. Sous la baguette de Paul Daniel, l'ONBA offre une lecture lyrique et passionnée de cette partition en forme de voyage musical à la découverte d'un luxuriant "Nouveau Monde". Composée en 1878 dans un registre plus intimiste, la trop rare «Sérénade en ré mineur» complète l'enregistrement.
Menteuse invétérée, voleuse pathologique, arnaqueuse de génie : Marsha Sprinkle ne compte plus ses ennemis. Certains sont bien déterminés à lui faire ravaler ses bobards une bonne fois pour toutes. À commencer par sa mère et sa fille, son ex-complice lubrique Daryl et une sautillante bande d'hurluberlus, fétichistes du trampoline, tous lancés à ses trousses. Mais Marsha est intelligente, incroyablement fourbe, et celui qui l'attrapera n'est pas encore né. À priori... Sexe, crime et règlement de comptes familial : tels sont les ingrédients de cette course-poursuite rocambolesque et décadente tout droit sortie de l'esprit brillamment tordu de John Waters. Le cinéaste légendaire signe un premier roman à son image : hilarant, outrancier, déjanté et délicieusement pervers.
Au milieu de la forêt se cache un dôme mystérieux. Couverte d'aiguilles et de sable, c'est la maison de milliers de fourmis. Tant de choses se passent là-dedans ! Où vont les fourmis ? Peux-tu suivre leur chemin ...
Il est nécessaire dé conter les histoires... Le conte est une histoire personnelle, collective, partagée, qui crée un suspense, immerge l'auditoire dans un contexte, décrit le caractère des personnages. Le conte aborde les facettes des conflits qui se créent entre l'homme et la nature, montre, fait toucher du doigt évoque des sensations. Les quatre contes de ce recueil mettent en scène des héros face à des périls et proposent des actions et des solutions. Les trois premiers contes préparent le quatrième : solidarité entre les animaux, solidarité des animaux envers les hommes, solidarité des arbres et des animaux et enfin solidarité de tous pour une biodiversité protégée et un avenir sociétal meilleur. L'histoire finit avec espoir et appelle à des actions collectives. Il est temps d'agir si nous voulons garder nos forêts congolaises !
Leymarie Philippe ; Perret Thierry ; M'Bokolo Elik
L'Afrique noire est mal partie, pronostiquait sombrement René Dumont il y a trente ans. Et de fait : famines, épidémies et guerres civiles ravagent un continent qui ne parvient guère à décoller économiquement, en proie à la corruption, au pillage de ses ressources et à l'exode de ses élites. Pourtant, l'Afrique ne manque pas d'atouts : ici et là, les vieux dictateurs sont congédiés, l'exigence démocratique s'installe. Des médiations se créent pour mettre un terme aux conflits. A l'ONU, le continent apprend à être une force autonome. Une nouvelle conscience africaine émerge. Des écrivains, des chanteurs et des musiciens, des plasticiens, des cinéastes portent la voix de l'Afrique dans le monde. Sans concessions ni parti pris, c'est cette nouvelle Afrique, dans la multiplicité de ses aspects, que ce livre donne à voir. Il propose une synthèse sur chacun des Etats africains, évoque les principales figures politiques et les grandes étapes de l'histoire contemporaine, offre un tableau des conflits, étudie les grands faits de société (religions, corruption, villes), présente les principaux partenaires du continent, les enjeux économiques, sociaux et culturels. Des cartes, les " éphémérides " de RFI, qui jalonnent un demi-siècle d'actualité, des chronologies, un choix de textes fondateurs et un index détaillé complètent ce panorama d'un continent en mouvement.
« Dans le royaume du Kongo, une foule grouillante, habillée de soie et de velours, de grands Etats bien ordonnés, et cela dans les moindres détails, des souverains puissants, des industries opulentes. Civilisés jusqu'à la moelle des os! » Cette exclamation de l?explorateur et ethnologue Frobenius montre, qu?au tournant du xxe siècle, la grandeur de cette civilisation n?était pas effacée. Replaçant les événements qui donnèrent sa force au royaume dans la longue durée historique, l?auteur en analyse les institutions et les symboliques. Une capitale, San Salvador, reparaît où une modernité a tenté de naître dès le xvie siècle, à partir d?une transition féconde. L?affrontement des souverains, des hommes, la rivalité des dieux sont représentés dans la confrontation des croyances et dans les formes d?un art kongo somptueux. Ce livre est nécessaire à la compréhension d?une actualité où, de part et d?autre du fleuve, les deux Congo s?engagent dans une histoire nouvelle encore tumultueuse. Il montre les enracinements de la civilisation, il rappelle l??uvre accomplie au cours des siècles, l?impossible déni d?une histoire active et féconde.
Cet homme a changé le regard que le monde portait sur l'Afrique. Né en 1910 à Saint-Louis du Sénégal, Alioune Diop arrive à Paris en 1937, comme un étudiant pauvre et inconnu. Dix ans plus tard, il est devenu sénateur français, directeur de cabinet du gouverneur général de l'AOF, et ses amis s'appellent Albert Camus, Jean-Paul Sartre, Pablo Picasso, André Gide, Aimé Césaire, Joséphine Baker, Duke Ellington, Boris Vian... Sa revue Présence africaine va révéler la grandeur de la civilisation africaine, autour de jeunes intellectuels comme Wole Soyinka, Cheikh Anta Diop, Joseph Ki Zerbo et Amadou Hampâté Bâ, Joseph Zobel, Maryse Condé ou Abdoulaye Wade. En 1956, Alioune Diop réunit le premier congrès des intellectuels et artistes noirs à la Sorbonne et invente, avec Léopold Sédar Senghor, le premier festival mondial des arts nègres à Dakar en 1966. Homme humble au rayonnement exceptionnel, sa vie qui s'achèvera en 1980, à Paris, raconte l'histoire de la décolonisation et l'émergence d'un continent.