C'est surtout au prisme des écrans que nous pouvons accéder, de nos jours, à la réalité complexe et changeante dans laquelle nous vivons, affectée par les conséquences des crises sanitaire et climatique, ainsi que parles innovations introduites par les technologies numériques telles que l'AI. Loin d'être une simple surface présentant des contenus, les écrans - comme desprismes - jettent des lumières, des couleurs et des ombres, ils ouvrent desperspectives et des possibilités de relation et d'expérience, ils construisentet superposent de véritables plans de réalité, ainsi que des conditions depossibilités pour les analyser de manière critique. En recueillant lesréflexions de spécialistes internationaux, afférant à différentes disciplinestelles que l'esthétique, la philosophie de la technologie et la philosophiepolitique, mais aussi l'ingénierie, l'informatique, les sciences del'information et de la communication, la psychologie, la théologie et l'artcontemporain, ce volume engage une interrogation autour des fonctions et desfonctionnements des écrans dans nos sociétés. Jacopo Bodini, docteur en Philosophie et chercheur àl'Université Lyon 3, fait partie du groupe de recherche Vivre par(mi) lesécrans. Il enseigne Esthétique à l'Université Paris 1 et collabore avec ledépartement Humanisme numérique du Collège des Bernardins. Tristan Garcia enseigne aux Beaux-Arts de Paris. Il estl'auteur d'ouvrages de philosophie et de romans, publiés aux éditions Gallimard. Il a enseigné à l'Université Lyon 3. GrazianoLingua est professeur de philosophie morale et directeur duDépartement de Philosophie et Sciences de l'Education de l'Université de Turin. Il est également codirecteur du Département Humanisme numérique du Collège desBernardins de Paris.
Nombre de pages
230
Date de parution
10/12/2024
Poids
454g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9788869764424
Titre
Au prisme des écrans
Auteur
Bodini Jacopo ; Garcia Tristan ; Lingua Graziano
Editeur
MIMESIS
Largeur
140
Poids
454
Date de parution
20241210
Nombre de pages
230,00 €
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D'une manière encore plus manifeste et controversée suite à la pandémie de Covid-19, les écrans sont des protagonistes indiscutables de notre époque. Ce volume s'interroge sur leur avenir à travers une exploration collective et transdisciplinaire qui réunit les contributions de spécialistes internationaux en esthétique, philosophie de la technologie, philosophie de la politique, études des médias, culture visuelle, sciences cognitives et théologie. Leur réflexion se développe autour de trois problématiques principales : le prolongement réciproque du corps dans les écrans et des écrans dans le corps ; les transformations perceptives et affectives produites par leur présence croissante, ainsi que leurs conséquences sur nos comportements, nos imaginaires symboliques et nos croyances collectives ; l'idéologie soutenant le désir d'immédiateté et de désintermédiation qui s'exprime aussi bien au niveau social que politique.
C'est d'abord à l'aune de la distinction opérée dans L'Image-temps entre " cinéma du corps " et " cinéma du cerveau " que cet ouvrage collectif interroge la pensée deleuzienne du septième art et des images en mouvement. Mais également en la confrontant à la phénoménologie, via la figure de Merleau-Ponty, et son affirmation de la présence irréfragable du corps dans sa considération de l'image filmique, tout comme à d'autres figures et courants de pensée qui ont pu influencer Deleuze quant à sa conception du cerveau et de la tacite spectatorialité aux frontières diffuses qu'elle implique. Les contributions ici recueillies proposent des discussions, reprises ou prolongements, mais aussi des critiques, voire des refus, de la taxinomie de Gilles Deleuze, et plus largement de sa philosophie, notamment par l'appréhension d'oeuvres filmiques extérieures à L'Image-mouvement et à L'Image-temps, manière de la remobiliser en se saisissant de son ouverture déclarée.
Il est désormais évident que, un peu plus d'un siècle après la naissance du cinéma, les écrans sont devenus les dispositifs à travers lesquels nous regardons le monde. Il est non moins évident que ce n'est pas que notre manière de voir ? investissant par ailleurs celle de percevoir, d'imaginer, de désirer ? qui se construit à l'intérieur de ce dispositif, mais, inséparable d'elle, notre manière de penser. D'où la double formule qui compose le titre du présent volume, Voir selon les écrans, penser selon les écrans, et que les contributions ici rassemblées s'engagent à explorer, en enrichissant d'un échange réciproque leurs propres perspectives tirées de la philosophie, de l'iconologie, des théories du cinéma et des médias.
La question « qui suis-je ? » occulte souvent celle de savoir quelle place occupe l'autre dans le processus d'édification de l'identité personnelle. L'autre n'est sans doute pas absent des discours portant sur l'identité et le sujet, mais il est le plus souvent envisagé comme un élément extérieur gravitant autour d'un Moi considéré comme un centre de référence. Or l'autre n'est pas toujours celui qui me fait face, il est bien plus souvent celui qui me fait être. C'est notamment le cas quand l'autre est un modèle, que je le choisisse (figure d'exemple), ou qu'il soit socialement construit et imposé (figure d'exemplarité). L'autre, par qui je deviens celui que je suis, se manifeste donc comme une source féconde de construction de soi.
Dans Le film qui m'est resté en mémoire, Victor Burgin s'intéresse aux souvenirs fragmentaires de films qui traversent fugacement nos pensées, se mélangeant par la suite aux souvenirs d'autres films ou d'événements réels. Constituées, pour l'essentiel, de perceptions et de souvenirs, de telles « images-séquences » n'ont pas été étudiées par la théorie du cinéma ou de la photographie. Nous conduisant des écrits de Roland Barthes à La Jetée de Chris Marker, et en s'appuyant sur les apports de la psychanalyse, l'auteur nous invite à réfléchir sur les enjeux et les usages de nos souvenirs fragmentaires de films.
Louis Althusser est l'initiateur d'une ambitieuse tentative de relecture de l'oeuvre de Marx et de redéfinition du matérialisme historique, afin de déterminer une stratégie révolutionnaire et d'orienter les organisations de lutte de classe. Loin de se limiter à étudier Althusser comme le témoin critique d'une histoire révolue - celle de la crise du mouvement communiste international - cet ouvrage présente des publications posthumes, des textes inédits et des écrits de collaborateurs - Etienne Balibar, Nicos Poulantzas, Jacques Rancière, Alain Badiou, Christian Baudelot et Roger Establet - qui reflètent l'effervescence intellectuelle d'une époque de grande créativité théorique de la pensée française. Car l'intérêt du travail althussérien réside avant tout dans sa tentative de formuler un véritable programme de recherches collectives. Un ouvrage pour redécouvrir un penseur qui pourrait influencer la pratique politique aujourd'hui encore.