L'ouvrage propose une réflexion sur l'adaptation des "théories de la lecture" (Iser, Jauss, Eco, Jouve, ...) au domaine de la poésie. Il pratique également une analyse des théories poétiques (Deguy, Dessous, Gullentops, Tsur, ...) en choisissant l'angle d'attaque constitué par la lecture. Enfin, il offre une mise à l'épreuve de ces théories à l'aune de quatre textes de poètes contemporains de la deuxième moitié du XXe siècle et du début du XXIe siècle : Aimé Césaire, Bernard Noël, Dominique Fourcade, Florence Pazzottu. Qu'en est-il de l'immersion du lecteur dans la poésie actuelle ? Le lecteur peut-il "entrer" dans la lecture de poésie, par une immersion ou par promenade d'un corps mentalité de lecteur dans un univers complet ? Nous verrons qu'il y est guidé par des traces de mimésis, par les sensorialités des images et des rythmes, vécus de façon oblique. Le mode de lecture spécifique à la poésie éveille à la fois la perception de la forme et du sens, la première n'étant pas évincée au profit du second. Les analyses de textes font apparaitre les grains, les textures spécifiques de chaque oeuvre : ainsi se combinent les perceptions des images, des rythmes et des sons, parle lecteur qui peut y investir ses affects aussi. Finalement, l'ouvrage cherche à montrer que la lecture poétique ne passe pas par de l'immersion mais par des moments d'intensité dans la lecture vécus par un corps imaginaire.
Nombre de pages
320
Date de parution
29/04/2021
Poids
642g
Largeur
160mm
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EAN
9782800417332
Titre
Lire, se mêler à la poésie contemporaine. Césaire, Noël, Fourcade, Pazzottu
Qu'est-ce qui fait une expérience de lecture réussie ? Est-ce la liberté laissée au lecteur d'interpréter le texte à sa guise ? Est-ce au contraire la sensation de se trouver emporté par le récit à un endroit imprévu ? Est-ce encore le plaisir d'imaginer ? Dans les trois premiers chapitres de ce livre, la soif de liberté du lecteur moderne est interrogée. Toutes les composantes du texte (de la ponctuation à la mise en abyme) sont passées en revue, pour qu'apparaissent, à travers plusieurs récits d'auteurs contemporains, les éléments de texte qui sont réellement ouverts à l'interprétation du lecteur et ceux qui échappent à l'interprète. Par là se trouvent réaffirmées et nuancées les proclamations du Nouveau Roman concernant l'abolition de l'auteur et l'avènement du texte et de son lecteur. Dans le dernier chapitre, c'est le plaisir de lire qui est en jeu. Les diverses textures du récit contemporain produisent des effets psychiques variés, allant de la satisfaction au malaise ou à l'ennui. Ainsi, l'émotion du lecteur est suscitée par la lettre du texte, c'est-à-dire à la fois par ses images et par son tempo. En outre, l'imagination de l'interprète ne peut se mettre en oeuvre qui si une certaine disponibilité intellectuelle lui est laissée. A cette seule condition, en effet, se tisse peu à peu une affinité entre le texte et le moi du lecteur, véritable plaisir de l'imagination. C'est à travers des textes de Butor, des Forêts, Pinget, Sarraute, Simon... que la question de la liberté et du plaisir est abordée, proposant un croquis de la lecture actuelle qui se voudrait aussi, plus généralement, un moyen d'approcher l'imaginaire du lecteur.
Comment un lecteur parvient-il à entrer dans un récit, lorsque celui-ci est écrit en prose poétique, comme dans les ouvrages de Julien Gracq, de Claude Simon, d'Alain Robbe-Grillet, d'Olivier Cadiot, et de Chloé Delaume ? Ce livre propose une théorie de l'expérience mentale, imaginaire et sensorielle du lecteur. Sont analysées d'abord les conditions d'entrée dans la lecture, c'est-à-dire l'aptitude imaginaire. En seconde partie sont inventoriés les artefacts soumis au lecteur : images, sons, rythmes. La dernière partie est consacrée à des études expérimentales sur la combinaison des expériences de réception visuelle, mentale et auditive du texte (en audition intérieure).
Bloch Béatrice ; Lampropoulos Apostolos ; Garcia P
Si les arts résonnent en écho les uns aux autres, cependant ils ne correspondent pas directement entre eux, ainsi que le remarque Jean-Luc Nancy dans les Muses (1993), et leurs réalisations sensorielles sont différentes. Dans ce cadre, le présent volume, écrit par des chercheurs de diverses disciplines, essaie de faire apparaître des liens entre les arts en passant par l'idée qu'une écriture et une forme propres à l'art, comme les réécritures du corps humain, infusent les arts musicaux, plastiques ou littéraires, et offrent des soubassements à ces rapports. La première partie du volume s'interroge sur les paradigmes esthétiques dans le temps (l'époque romantique est vue comme force d'une forme qui saisit aussi bien Brahms que Caspar David Friedrich) et fait l'hypothèse de germes de significations qui sont à la source d'oeuvres relevant d'arts divers (selon Simondon et Rastier). La seconde partie observe les liens entre plusieurs arts à partir du visuel, montrant que l'usage de la photographie et du dessin comme source du texte introduit une distance et un éclairage synthétique après coup : sont proposés des liens entre Virginia Woolf et la photographie, Susan Howe et le dessin, Rembrandt et Genet, une comparaison entre Visconti et Godard. La troisième partie s'intéresse aux modes d'écriture de la littérature et de la musique : comment Bach influence-t-il Nancy Huston ; comment la musique est-elle "tarabust" aux oreilles de Pascal Quignard ; comment Verdi et Wagner composent-ils avec le langage et le corps ? Elle se termine par une réflexion sur la musique contemporaine, conçue cette fois comme un parcours dessiné par chaque auditrice, autre forme d'écriture (avec l'exemple d'Elizabeth Anderson).
Biographie de l'auteur Pascal Delwit est professeur de science politique à l'Université libre de Bruxelles (ULB) où il mène ses recherches au Centre d'étude de la vie politique Cevipol. Il est l'auteur de nombreuses publications consacrées à la vie politique en Belgique et en Europe. Il a récemment édité Le Front national. Mutations de l'extrême droite française, aux Editions de l'Université de Bruxelles (2012).
Ces dernières années, les percées électorales et politiques de partis comme Syriza en Grèce, Podemos en Espagne ou encore Die Linke en Allemagne ont braqué les projecteurs sur le paysage de la gauche radicale en Europe. Ou plutôt des gauches radicales : des projets et des formations aux ambitions et aux profils très divers coexistent en effet dans ce spectre politique désormais très diversifié. Il n'en a pourtant pas toujours été ainsi. Dans le dernier quart du XIXe siècle, la gauche radicale s'incarne pour l'essentiel dans la famille socialiste naissante ou dans le syndicalisme révolutionnaire. Après la première guerre mondiale et, surtout, après la révolution soviétique d'octobre 1917, la rupture dans le mouvement socialiste donne naissance au mouvement communiste, dont l'homogénéité politique est forte jusqu'au vingtième congrès du parti communiste soviétique et aux révélations du célèbre "rapport Khrouchtchev" (1956). Peu à peu, une certaine diversité s'installe dans les rangs communistes. Avant que cette famille politique en pleine mutation n'entame une descente aux enfers dans les années soixante-dix et quatre-vingt tandis que les sociétés européennes se transforment en profondeur. Mais alors qu'en novembre 1989, la chute du mur de Berlin avait semblé marquer la fin des espoirs révolutionnaires, des mouvements inattendus se produisent à la gauche de la gauche au cours des premières décennies du XXIe siècle, en parallèle avec la montée en puissance de la droite radicale et populiste. Pour saisir l'ensemble de ces dynamiques, Pascal Delwit brosse une fresque impressionnante de l'histoire et des comportements des partis de la gauche radicale des débuts de l'industrialisation à nos jours. Il propose un schéma interprétatif des bouleversements de cette famille politique qui se répartit aujourd'hui en trois courants principaux.
Le Luxembourg actuel est une terre de culture très ancienne. Les premières traces d'occupation y remontent loin dans le Paléolithique. Depuis le temps des Trévires et des Romains, en passant par le Moyen Age et les Temps modernes, une tradition littéraire impressionnante montre comment les hommes apprirent à aimer cette région centrale de l'Europe, la cultivèrent et, depuis le XIXe siècle, firent enfin de leur patrie un Etat moderne et souverain. Pourtant, ce développement n'a pas traversé les siècles en ligne droite ni sans ruptures. N'épargnant ni la terre ni les hommes, la convoitise de puissants voisins, les phases tumultueuses de l'histoire européenne, les remous internes et la barbarie du national-socialisme, ont marqué l'histoire du Luxembourg. Cet instructif petit livre de Michel Pauly illustre avec maestria l'évolution du Luxembourg des origines à nos jours et prend donc aussi en compte les pays limitrophes et les régions voisines.
Il faut remonter au premier millénaire de notre ère, jusqu'à ce qu'on appelle l'Antiquité tardive, pour comprendre notre monde, ses traditions, ses déchirements : c'est ce que fait Peter Brown dans cet ouvrage passionnant où il nous montre comment, entre 150 et c. 750 de notre ère, l'univers antique, centré autour du Bassin méditerranéen et jouissant jusque-là d'une remarquable homogénéité, se divise en trois sociétés fermées les unes aux autres : l'Europe catholique, Byzance et l'Islam. En 476, l'Empire romain n'est plus ; en 655, l'Empire perse a vécu. Mais il s'agit moins de décadence que de dissolution. Pendant des siècles cohabitent des esprits classiques fidèles à la Rome éternelle et des nouveaux venus qui forgent le Moyen Age avec des outils hellénistiques. Les statues qu'on sculpte à l'image des nouveaux aristocrates portent encore la toge alors que ceux-ci ont déjà adopté la chemise de laine et la cape venues du Nord ; l'instruction garde son pouvoir mais les compagnons des muses de naguère ont pris les traits d'évêques méditant sur la Bible. Ainsi changea le monde : loin des champs de bataille, moins sous la pression des "barbares" que dans les esprits et les actes de ceux qui le vivaient au jour le jour. Tout un quotidien que fait revivre Le monde de l'Antiquité tardive.