Les politiques de l'anthropologie. Discours et pratiques en France (1860-1940)
Blanckaert Claude
L'HARMATTAN
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EAN :9782747503501
Dès le milieu du XIXe siècle, l'argument d'utilité est souvent avancé par les anthropologues français pour justifier l'importance politique d'une science sans réel statut universitaire. Avec une ardeur prosélytique, ils se projetaient dans l'idéal, en législateurs du genre humain. Pour accroître leur audience, nombre d'entre eux cherchèrent à majorer leur image en soulignant le champ d'applications possibles de leurs savoirs. Ils le feront soit par des propositions concrètes (en matière coloniale, démographique, hygiénique, etc.), soit par des discours-programmes sur les arts du gouvernement, la "question sociale" ou la laïcité. La science devenait la seule source d'inspiration valable pour la direction des hommes. Elle sembla justifier son droit par ses capacités. Piégée entre vulgarisation et stéréotype normatif, l'anthropologie a forgé une conception instrumentale de l'histoire et des rapports sociaux unifiée autour des thèmes du développement (et donc du sous-développement), de la race (des vainqueurs, et donc des vaincus), de l'adaptation (et donc de la déviance), de l'hérédité bonne... ou mauvaise. Dans la période 1860-1940, la représentation professionnelle obéit à une double volonté : ouvrir ses frontières disciplinaires et imposer un magistère d'influence. Cherchant à dévoiler les secrets de l'humanité, elle joue des inquiétudes "fin de siècle" sur la vitalité de la nation comme de l'intérêt populaire qui s'attache au récit des origines ethniques. Ainsi la pratique dit plus que les applications techniques ou les certitudes d'une communauté savante. Le mot évoque aussi les composantes symboliques et identitaires, la compétence experte tournée vers l'objectivation de l'homme, la construction des idéologies modernes, l'ambition réformatrice. Les études de cas présentées dans ce recueil portent sur les savoir-faire de l'anthropologie, de l'investigation de terrain jusqu'aux modes d'intervention dans la vie publique.
Nombre de pages
493
Date de parution
01/11/2003
Poids
776g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782747503501
Titre
Les politiques de l'anthropologie. Discours et pratiques en France (1860-1940)
ISBN
274750350X
Auteur
Blanckaert Claude
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Poids
776
Date de parution
20031101
Nombre de pages
493,00 €
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La France possède 47% du marché mondial des produits de luxe. Fierté nationale, convoitises internationales. Tout le monde en rêve, tout le monde en veut. Et dans les souks d'Istanbul - et ailleurs - les (fausses) Lacoste se vendent comme des petits pains; sur dix produits contrefaits dans le monde, sept sont français! Ainsi estime-t-on le chiffre d'affaires de la contrefaçon à quelque 6 milliards par an! C'est donc un véritable arsenal juridique international que l'industrie du luxe a dû imposer pour se protéger. Autre problème: que devient un produit de luxe à l'heure de la grande distribution? Peut-on vendre une montre Cartier en libre-service? Et à l'heure du télé-achat? Mais comment ne pas tomber dans le refus de vente? Le luxe, c'est aussi la glorification du travail manuel, la noblesse de l'apprentissage et enfin et peut-être surtout un art de vivre; ne parle-t-on pas d'admettre dans le fameux Comité Colbert le boulanger parisien Poilâne ou le fabricant de sorbets Bertillon...
La Société d'anthropologie de Paris a été fondée à la fin de l'année 1858 par le médecin Paul Broca pour promouvoir, selon ses statuts, "l'étude scientifique des races humaines". Elle connut un succès rapide et durable. La préhistoire naissante et les audacieuses hypothèses de l'Origine des espèces de Charles Darwin s'associaient dans l'esprit savant à la lourde discipline de l'anthropométrie. Le temps de la terre et le temps des hommes se voyaient réconciliés, avec cette conséquence inattendue, vite enregistrée, que l'homme n'est ni de "création" récente ni isolé dans la chaîne des êtres vivants. Dès les années 1860, les anthropologues discutaient des crânes et du peuplement européen, de l'homme des cavernes et du gorille, de Boucher de Perthes et des progrès de la civilisation. Et l'on doutait peu qu'enfin l'homme se connût lui-même dans sa "nature", ses origines et la disparité tant physique qu'intellectuelle de ses "races". Par ses enjeux de connaissance, l'anthropologie semblait braver les interdits des autorités religieuses et morales traditionnelles. Cette science d'ouverture s'offrit alors d'elle-même au jeu des querelles méthodologiques, doctrinales et philosophiques. Paul Broca rallia à son programme nombre de savants libres penseurs ou positivistes mais également gobiniens, phrénologues et spiritualistes qui tous communiaient dans un même questionnement en divergeant radicalement sur les points en litige. Le premier demi-siècle de la Société d'anthropologie fut celui des affrontements, des préjugés et du choc des traditions culturelles. Ces épisodes de controverse, récurrents ou ponctuels, scandent la vie mouvementée de l'anthropologie française des années 1850-1900. Ils sont ici analysés dans leur complexité et leur devenir, tels qu'ils ont configuré les imaginaires de l'humain, de la statique à la dynamique, de la race à l'évolution des sociétés.
Dans les sciences de l'homme, le « terrain » tient à la fois du lieu physique, de la technique et du rituel académique. C'est encore un savoir-faire. Dans la mesure où la démarche d'enquête est devenue l'arbitre de la validité théorique de l'anthropologie, la sociologie ou la géographie, les circonstances de l'observation et les formes d'enregistrement des données méritent un examen attentif et une mise en perspective historique.
Depuis la Révolution française, la sociologie s'est présentée et représentée comme une "physiologie" attachée à rendre sa liberté d'allure à un "corps social" préjugé souffrant, voire moribond. Le sociologue scrute enregistre les fièvres civiles et s'efforce d'en comprendre l'origine. Les phénomènes sociaux ne vont pas sans raisons. La sociologie s'agglomère avec l'histoire naturelle jusqu'à s'y confondre pour former avec elle une doctrine connue depuis lors sous le nom "d'organicisme". Cet ouvrage interroge la périodisation de ce mouvement, l'étayage biologique des réflexions menées sur la "nature" de la société et l'inspiration solidariste au coeur de la "question sociale".
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...