Dictionnaire mahorais-français et français-mahorais
Blanchy Sophie
L'HARMATTAN
26,00 €
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EAN :9782738445841
Depuis une quinzaine d'années, la généralisation de la scolarisation à Mayotte établit une situation de bilinguisme réel pour la grande majorité de la population, en particulier pour les moins de vingt-cinq ans. De plus, le développement économique amène de plus en plus de Français d'origine métropolitaine à résider à Mayotte. Le bilinguisme des_Mahorais et la nécessité pour les Métropolitains, désireux de mieux connaître l'île, de s'initier au shimaore rendent impérative la mise à disposition de tous les habitants de l'île de véritables outils linguistiques. Le lexique shimaore - français et français - shimaore avait été mis, dès sa première édition, à disposition des classes primaires de Mayotte. Cette deuxième édition revue et corrigée reste indispensable au travail des élèves, scolarisés en français après avoir acquis pour la plupart le shimaore comme langue maternelle ou langue locale principale, à côté du shibushi. La réflexion sur le lexique et plus largement sur la langue de leur île offre aux Mahorais un cadre pour la valorisation et la conservation d'une culture menacée, que les aînés souhaitent vivement transmettre à leurs cadets. A tous ceux qui veulent découvrir la culture mahoraise, sa littérature orale dont certains textes ont déjà été trancrits et publiés, et qui veulent franchir la distance séparant les communautés de langues maternelles différentes, la connaissance du shimaore permettra d'engager à Mayotte de chaleureux dialogues.
Nombre de pages
231
Date de parution
30/10/1996
Poids
366g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782738445841
Titre
Dictionnaire mahorais-français et français-mahorais
ISBN
2738445845
Auteur
Blanchy Sophie
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Poids
366
Date de parution
19961030
Nombre de pages
231,00 €
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Sophie Daurel-Blanchy nous livre le fruit de son immersion dans la vie quotidienne des Mahorais. Au lieu de juger à partir de références extérieures, elle procède par empathie et tente une approche phénoménologique de l'expérience subjective. À travers une analyse du langage et des pratiques sociales, l'auteur cherche à dégager les fondamentaux de la culture commune que partagent les Mahorais. A la lecture de ce livre, il apparaît une société qui multiplie les liens interpersonnels et les formes de sociabilité.
A Mayotte, l'une des quatre îles de cet archipel des Comores, placé comme les pierres d'un gué, au milieu du Canal de Mozambique entre Madagascar et le continent africain, les villages se répartissent entre deux langues, qui renvoient chacune à l'une des rives de cette mer. Mais on aurait tort de voir dans ces villages enchevêtrés sur la carte linguistique deux ethnies, ou deux peuples différents. Les Mahorais expriment dans l'une et l'autre langue la même culture, marquée par la combinaison originale d'un islam confrérique particulièrement tolérant et d'une organisation de parenté qui donne aux femmes un rôle central comme garantes de la stabilité et de la continuité de la famille. Et dans les contes retenus, parmi une ample moisson, pour ce petit recueil, tout, ou presque, tourne autour du mariage - une entreprise si nécessaire et pourtant si inquiétante aussi par certains côtés - et des femmes, des mères sur qui repose au fond la réussite ou l'échec d'une vie...
Par une des grandes spécialistes du sujet, un précieux éclairage de sociétés sous le feu de l'actualité : celles des Comores et de Mayotte. Les rapports sociaux prévalant dans l'île d'Anjouan opposent, selon les termes locaux, citadins dominants (kabaila) et ruraux dominés (wamatsaha). Cette opposition radicale a été mise en lumière lors de troubles comme la sécession d'Anjouan de la république fédérale islamique des Comores en 1997 ou la « crise » migratoire provoquée par la départementalisation en 2011 de Mayotte. Les catégorisations sociales de kabaila et wamatsaha servent alors d'accusations ou d'insultes, les wamatsaha contestant la légitimité des kabaila en s'interrogeant sur les fondements de ce statut, et ceux-ci taxant les ruraux, à travers le terme de wamatsaha, de manque d'éducation, de valeurs et de manières. Par-delà de cette opposition simpliste, ce livre revient sur la formation des rapports sociaux et des inégalités qui se sont articulées, aux différentes époques, à la production de cette solide hiérarchie. Par une histoire régressive du clivage kabaila-wamatsaha, en laissant voir la gamme des positions sociales et en donnant à entendre le point de vue de toutes les catégories, il analyse les fondements de la domination kabaila. Il examine les formes capitalistiques de l'économie précoloniale au sein de vastes réseaux régionaux, la nature du régime politique insulaire, et le rôle de l'islam, notamment de la qualité de sharif, dans l'élaboration de ce statut. La relative réorganisation de l'islam local par l'expansion des confréries au moment de la colonisation montre un potentiel réformiste qui prend de nouvelles formes dans l'islam contemporain. La scolarisation et la maîtrise du savoir écrit occidental, clé d'accès à une mobilité sociale et spatiale, ont été à la fois un monopole jalousement gardé par les kabaila pour conserver leur position, et la condition pour les wamatsaha d'un possible affranchissement de leur subordination, sans que les fondements de celle-ci aient entièrement disparu. Retracer les processus de production de la hiérarchie fournit un éclairage indispensable pour comprendre les rapports sociaux régionaux et les événements contemporains.