Inégalités et hiérarchies dans l'océan Indien (Anjouan, Comores). Une anthropologie historique
Blanchy Sophie ; Vernet-Habasque Thomas
HEMISPHERES
30,00 €
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EAN :9782377012350
Les rapports sociaux prévalant dans l'île d'Anjouan opposent, selon les termes locaux, citadins dominants (kabaila) et ruraux dominés (wamatsaha). Cette opposition radicale a été mise en lumière lors de troubles comme la sécession d'Anjouan de la république fédérale islamique des Comores en 1997 ou la "crise" migratoire provoquée par la départementalisation en 2011 de Mayotte. Les catégorisations sociales de kabaila et wamatsaha servent alors d'accusations ou d'insultes, les wamatsaha contestant la légitimité des kabaila en s'interrogeant sur les fondements de ce statut, et ceux-ci taxant les ruraux, à travers le terme de wamatsaha, de manque d'éducation, de valeurs et de manières. Par-delà de cette opposition simpliste, ce livre revient sur la formation des rapports sociaux et des inégalités qui se sont articulées, aux différentes époques, à la production de cette solide hiérarchie. Par une histoire régressive du clivage kabaila-wamatsaha, en laissant voir la gamme des positions sociales et en donnant à entendre le point de vue de toutes les catégories, il analyse les fondements de la domination kabaila. Il examine les formes capitalistiques de l'économie précoloniale au sein de vastes réseaux régionaux, la nature du régime politique insulaire, et le rôle de l'islam, notamment de la qualité de sharif, dans l'élaboration de ce statut. La relative réorganisation de l'islam local par l'expansion des confréries au moment de la colonisation montre un potentiel réformiste qui prend de nouvelles formes dans l'islam contemporain. La scolarisation et la maîtrise du savoir écrit occidental, clé d'accès à une mobilité sociale et spatiale, ont été à la fois un monopole jalousement gardé par les kabaila pour conserver leur position, et la condition pour les wamatsaha d'un possible affranchissement de leur subordination, sans que les fondements de celle-ci aient entièrement disparu. Retracer les processus de production de la hiérarchie fournit un éclairage indispensable pour comprendre les rapports sociaux régionaux et les événements contemporains.
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Nombre de pages
488
Date de parution
10/07/2025
Poids
1 000g
Largeur
160mm
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EAN
9782377012350
Titre
Inégalités et hiérarchie dans l'océan Indien (Anjouan, Comores)
Auteur
Blanchy Sophie ; Vernet-Habasque Thomas
Editeur
HEMISPHERES
Largeur
160
Poids
1000
Date de parution
20250710
Nombre de pages
488,00 €
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Sophie Daurel-Blanchy nous livre le fruit de son immersion dans la vie quotidienne des Mahorais. Au lieu de juger à partir de références extérieures, elle procède par empathie et tente une approche phénoménologique de l'expérience subjective. A travers une analyse du langage et des pratiques sociales, l'auteur cherche à dégager les fondamentaux de la culture commune que partagent les Mahorais. A la lecture de ce livre, il apparaît une société qui multiplie les liens interpersonnels et les formes de sociabilité.
A Mayotte, l'une des quatre îles de cet archipel des Comores, placé comme les pierres d'un gué, au milieu du Canal de Mozambique entre Madagascar et le continent africain, les villages se répartissent entre deux langues, qui renvoient chacune à l'une des rives de cette mer. Mais on aurait tort de voir dans ces villages enchevêtrés sur la carte linguistique deux ethnies, ou deux peuples différents. Les Mahorais expriment dans l'une et l'autre langue la même culture, marquée par la combinaison originale d'un islam confrérique particulièrement tolérant et d'une organisation de parenté qui donne aux femmes un rôle central comme garantes de la stabilité et de la continuité de la famille. Et dans les contes retenus, parmi une ample moisson, pour ce petit recueil, tout, ou presque, tourne autour du mariage - une entreprise si nécessaire et pourtant si inquiétante aussi par certains côtés - et des femmes, des mères sur qui repose au fond la réussite ou l'échec d'une vie...
Depuis une quinzaine d'années, la généralisation de la scolarisation à Mayotte établit une situation de bilinguisme réel pour la grande majorité de la population, en particulier pour les moins de vingt-cinq ans. De plus, le développement économique amène de plus en plus de Français d'origine métropolitaine à résider à Mayotte. Le bilinguisme des_Mahorais et la nécessité pour les Métropolitains, désireux de mieux connaître l'île, de s'initier au shimaore rendent impérative la mise à disposition de tous les habitants de l'île de véritables outils linguistiques. Le lexique shimaore - français et français - shimaore avait été mis, dès sa première édition, à disposition des classes primaires de Mayotte. Cette deuxième édition revue et corrigée reste indispensable au travail des élèves, scolarisés en français après avoir acquis pour la plupart le shimaore comme langue maternelle ou langue locale principale, à côté du shibushi. La réflexion sur le lexique et plus largement sur la langue de leur île offre aux Mahorais un cadre pour la valorisation et la conservation d'une culture menacée, que les aînés souhaitent vivement transmettre à leurs cadets. A tous ceux qui veulent découvrir la culture mahoraise, sa littérature orale dont certains textes ont déjà été trancrits et publiés, et qui veulent franchir la distance séparant les communautés de langues maternelles différentes, la connaissance du shimaore permettra d'engager à Mayotte de chaleureux dialogues.
La Révolution islamique de 1979 a remplacé une monarchie pro-occidentale par un régime théocratique déterminé à s'opposer à l'influence américaine au Moyen-Orient. Les relations diplomatiques entre les Etats-Unis et l'Iran ont dès lors été marquées par une méfiance réciproque, des divergences idéologiques et des rivalités géopolitiques, que sont venus renforcer des événements décisifs tels que la crise des otages de l'ambassade américaine, le soutien de l'Iran à des groupes non étatiques anti-américains et l'imposition de sanctions économiques menées par les Etats-Unis. Les Etats-Unis considèrent l'Iran de la République islamique comme une force déstabilisatrice. en invoquant ses ambitions nucléaires, son programme de missiles balistiques et de drones et ses interventions régionales en Irak, en Syrie, au Liban et au Yémen. A l'inverse, l'Iran perçoit les politiques américaines - y compris le soutien apporté dans tes années 1980 à Saddam Hussein pendant la guerre Iran-Irak, la campagne de "pression maximale" et les alliances avec l'Arabie saoudite et Israël - comme des tentatives visant à l'affaiblir. Les efforts de rapprochement sont restés fragiles et de courte durée ; en 2018, le retrait des Etats-Unis, sous administration Trump, de l'accord de Vienne de 2015 sur le nucléaire iranien, a ravivé les tensions. Cet ouvrage n'est pas une énième histoire de la politique étrangère américaine vis-à-vis de l'Iran : il se propose d'étudier les liens humains, les réseaux informels sportifs, religieux, universitaires, les intermédiaires, les relations économiques et les sanctions économiques des Etats-Unis contre la République islamique, et met en lumière l'évolution des relations diplomatiques entre les Etats-Unis et l'Iran depuis 1979 en analysant l'impact durable de la Révolution islamique, le rôle des perceptions réciproques et les implications pour la sécurité régionale et mondiale. En mettant en évidence tes dynamiques de confrontation et de dialogue à travers l'étude des réseaux informels et des intermédiaires entre Washington et Téhéran, il éclaire un sujet décisif pour la stabilité du Moyen-Orient et plus que jamais d'actualité.
Pour les Grecs, le despotisme était le mode de gouvernement rencontré chez les barbares asiatiques qui, parce qu'ils étaient esclaves par nature, se soumettaient volontairement à un souverain héréditaire absolu. La tyrannie en revanche était un moment temporaire dans l'histoire des cités. Le concept de despotisme oriental est repris par les Européens pour décrire l'Empire ottoman d'abord sur le mode d'une menace organisée et implacable, ensuite comme un système au rendement toujours décroissant. Les descriptions du système soviétique au XXe siècle ont suivi ces deux étapes. Bien souvent, au XVIIIe siècle, la référence au despotisme est une critique plus ou moins voilée de la monarchie absolue européenne. En revanche, le " despotisme éclairé " sert à justifier un passage en force pour établir des réformes jugées indispensables. Dans le dernier tiers de ce siècle, il sert de justification aux projets de conquête coloniale dans l'Ancien Monde. Cette conquête, qui voudrait se poser comme libératrice, trouve finalement sa justification dans le despotisme éclairé (fardeau de l'homme blanc, mission civilisatrice). La modernisation autoritaire de ces pays reprend ainsi tout ce discours tout en utilisant une référence identitaire de nature essentialiste. Ainsi un discours produit pour justifier la domination de l'autre peut servir aujourd'hui la perpétuation de régimes autoritaires par les pouvoirs qui régissent les pays concernés rejetant comme étrangères les doctrines libérales. Tels sont les différents aspects du concept de " despotisme oriental ", envisagé dans son historicité et réactivé à la lumière des réalités du monde d'aujourd'hui, qui sont abordés dans ce volume issu d'un colloque tenu au Collège de France en juin 2024.
Explicitant la philosophie et les critères de son approche, Zafrani écrit lui-même à ce sujet : "Nous nous sommes proposés, tout au long de nos études et de nos recherches, de réaliser à la fois une analyse raisonnée des situations et une synthèse équilibrée des phénomènes afin de servir la science et la conscience historique, la mémoire collective et un patrimoine culturel qui nous est cher, à mille égards. Cela, nous l'avons fait avec le projet d'une quête des lieux de dialogue, de rencontres des hommes et des idées, d'espaces de convergences entre cultures et civilisations qui sont autant d'espaces de fidélités, de liberté et d'universalisme." Haïm Zafrani, auteur notamment de Deux mille ans de vie juive au Maroc, Juifs du Maroc. Vie sociale, économique et religieuse. Etudes de taqanot et responsa, et de Juifs d'Andalousie et du Maghreb, a consacré toute son existence à ses recherches et à l'enseignement, en étant toujours soucieux de transmettre son savoir. Son engagement, en la matière, qui était une forme de militantisme, ne peut qu'inciter à la réflexion tous ceux qui se soucient aujourd'hui d'histoire, de culture, de patrimoine, de diversité, de paix et de fraternité en ces premières décennies du XXIe siècle. Une urgence d'autant plus vitale pour l'humanité que l'enracinement culturel est devenu un enjeu capital dans le monde ultra-connecté. L'on ne peut que saluer et se réjouir de l'initiative prise par Mustapha Saha de consacrer un ouvrage à ce "penseur de la diversité", et de présenter, avec sa belle plume et le sens de la formule qui le distingue, l'homme dont il était familier depuis fort longtemps, et une oeuvre féconde dont il a une connaissance intime et qu'il rappelle avec une remarquable précision. Mohammed Kenbib.