Des révoltes aux révolutions. Europe, Russie, Amérique (1770-1802) Essai d'interprétation
Bianchi Serge
PU RENNES
24,00 €
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EAN :9782868479822
En 1773, la révolte de Pougatchev aux marges de l'Oural et la " partie de thé " de Boston inaugurent une " ère des révolutions " qui touche de nombreux états européens, ainsi que leurs colonies américaines et atlantiques. En 1802, la paix d'Amiens permet une trêve dans un continent en guerre depuis une décennie ainsi qu'une stabilisation des processus révolutionnaires ou indépendantistes. Entre ces deux dates (le temps d'une génération) des révoltes séculaires se transforment parfois en " révolutions ", inscrites dans des espaces et des contextes particuliers : révolution américaine, genevoise, batave ; domingoise (Saint-Domingue), rhénane, belge, polonaise, française, italiennes. Quels fils, quelles influences relient ces événements si complexes ? Quelle est la part de la résistance au despotisme éclairé, de la percée des Lumières et du droit naturel de la " république des lettres " européenne dans l'éclatement des révoltes ? Quelles sont les influences respectives des révolutions américaine et française dans la construction d'un nouvel espace politique, civique et l'émergence des identités nationales ? Une réflexion comparative sur les révolutions (causes, acteurs, pratiques, acquis) est possible, en particulier autour des déclarations des droits et des constitutions, des contours de la démocratie (votes, opinions publiques). Elles s'imposent quant aux décalages entre les grands principes (libéralisme, égalitarisme) et la condition faite aux catégories marginalisées : étrangers, femmes, esclaves, indigents, autochtones dans les colonies. Les droits des hommes et les droits des peuples entrent en contradiction avec des structures diplomatiques et militaires, de la " paix au monde " (1790) à la guerre qui " nourrit la guerre ", sous le Directoire. Cet essai rapproche des historiographies nationales longtemps concurrentes ou indifférentes les unes aux autres, comme celles des exceptions américaine et française. De l'immense écho de l'année 1789 à l'occupation d'une partie de l'Europe par la Grande Nation, à l'expérience directoriale et au rétablissement de l'esclavage par le Consulat, la Révolution française a soulevé des jugements passionnés et contradictoires, surtout dans un monde anglo-saxon confronté à une culture politique révolutionnaire différente. Les progrès des recherches historiques dans les pays concernés permettent désormais. des analyses dépassionnées.
Nombre de pages
487
Date de parution
16/11/2004
Poids
501g
Largeur
165mm
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EAN
9782868479822
Titre
Des révoltes aux révolutions. Europe, Russie, Amérique (1770-1802) Essai d'interprétation
Auteur
Bianchi Serge
Editeur
PU RENNES
Largeur
165
Poids
501
Date de parution
20041116
Nombre de pages
487,00 €
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Georges Danton, exécuté en avril 1794 (germinal an II), place de la Révolution, est l'un des "trois hommes formidables" (Victor Hugo) qui dirigea la première république française, avec Marat et Robespierre, dans les rangs de la Montagne. Rarement un responsable politique aura été autant encensé par les uns, au moment du centenaire de 1789, puis accusé par les autres, entre 1910 et 1930. Les historiens "dantonistes" ont célébré l'homme de la Patrie en danger (août 1792), de l'abolition de l'esclavage (février 1794). Les historiens "anti-dantonistes" ont dénoncé les compromissions politiques et la vénalité de celui qui voulut "épargner le sang des hommes" alors qu'il avait participé aux massacres de septembre 1792 et à la mise en place de la Terreur, avant d'en être une de ses victimes, à 34 ans. Le présent ouvrage se propose de donner des clefs aux lecteurs pour comprendre qui fut finalement Danton. Dans un premier temps, il s'attache à restituer son histoire, entre sa naissance à Arcis-sur-Aube (1759) et la guillotine (5 avril 1794) : tour à tour agitateur Cordelier, ministre de la Justice, dirigeant du Salut public au printemps 1793, Indulgent avant son procès tragique. Ensuite, sont analysés les regards croisés de ses contemporains, amis, alliés ou adversaires, pour connaître l'homme, privé et public, son charisme et ses faiblesses. L'historien montre enfin comment les mythes de Danton, personnage hors du commun, ont été amplifiés par l'histoire, les médias, les arts, l'enseignement, l'opinion publique. Dépasser les procès d'intention, les légendes, noire ou dorée, de Georges Danton : tel est l'objet de ce livre, au plus près des archives, des témoignages, des coups d'éclat et des failles de cet homme qui incarna au plus haut point le destin de sa patrie, dans les avancées comme dans les contradictions d'une Révolution fondatrice.
En 1789, 240 paroisses du sud du Bassin parisien entrent en Révolution, des doléances à la Grande Peur. Quels bouleversements pour ces villages et ces bourgs de Beauce, Brie, Gâtinais, Hurepoix et de la proche banlieue de Paris! Des pouvoirs locaux et un personnel politique se forment, dans l'expérience d'une autonomie éconquise. Les maires, les officiers de la garde nationale, les juges de paix sont directement élus par les citoyens! Si les communautés rurales continuent à lutter pour les subsistances ou les biens communaux, elles dialoguent en permanence avec les nouvelles autorités constituées des districts et du département: Corbeil, Dourdan, Etampes, Bourg-la-Reine et Versailles. Les "affaires" du meurtre du maire d'Etampes, Simonneau, ou de la double municipalité de Ris révèlent les avancées et les contradictions de cette "démocratie en marche", des relations étroites entre ville et campagnes, histoire locale et histoire parlementaire. Après la chute de la monarchie s'amorce un processus intense mais brutal de républicanisation, d'acculturation politique. Les cadres de l'ancienne sociabilité sont relayés ou remplacés par de nouveaux réseaux et médiateurs politiques: sociétés populaires, comités de surveillance, missionnaires et agents de la Convention, instituteurs républicains. Les "pays" et les communes réagissent à leur rythme propre aux multiples sollicitations du Salut public. Les uns favorisent des comportements politiques extrêmes: laïcisation, déchristianisation, prénoms révolutionnaires, fêtes civiques, égalitarisme "sans-culotte", mobilisation militaire. D'autres connaissent des résistances sourdes ou déclarées: défense des prêtres et du dimanche, refus des réquisitions militaires et économiques. Les tensions politiques s'accentuent sous le Directoire, où la politisation des chefs-lieux urbains contraste avec "l'apathie" "de campagnes désormais marginalisées en termes de pouvoir ou d'éducation politique. Des archives et des cartes inédites éclairent cette première expérimentation d'un régime républicain en milieu rural, qui laissera des traces durables pendant la seconde République Biographie de l'auteur Ancien élève de l'Ecole normale supérieure de Saint-Cloud, agrégé d'histoire et Docteur d'Etat, Serge Bianchi est professeur à l'université de Rennes 2. Auteur de La révolution culturelle de l'an II, il mène des recherches sur la culture et les pratiques politiques liées à l'influence de la Révolution française en milieu rural. Créateur et animateur d'un Comité de recherches historiques dans le département de l'Essonne, il tente d'associer l'histoire locale à des chantiers neufs de l'historiographie de la décennie révolutionnaire: pouvoirs, élections, sociabilité politique."
Détesté par les uns, adulé par les autres, Jean-Paul Marat est le plus controversé et le plus méconnu des grands acteurs de la Révolution française. Médecin et penseur au temps des Lumières, il subit l'hostilité ou l'indifférence de Voltaire et de Condorcet. Journaliste engagé, Marat illustre l'explosion de la presse d'opinion, le quatrième pouvoir, à travers son quotidien, l'Ami du Peuple, au fil de 685 numéros souvent censurés et publiés dans la clandestinité. Elu à la Convention, accusé d'aspirer à la dictature, associé à Danton et Robespierre, il est acquitté triomphalement par le Tribunal révolutionnaire, avant d'être assassiné, le 13 juillet 1793, par Charlotte Corday. Après sa mort, sublimée par le tableau de David, commence pour Marat une existence posthume, non moins agitée que la première. Héros d'un culte inouï rendu au " martyr de la Liberté " pendant la Terreur, il devient ensuite un anti-héros absolu, victime d'une " dépanthéonisation " spectaculaire. Dès lors, des mythes tenaces, des légendes inconciliables ? dorée ou " maratiste ", d'un côté, noire ou " anti-maratiste ", de l'autre ? s'affrontent et brouillent notre compréhension du personnage. Recentrant les analyses sur les documents et les archives, donnant la parole au principal intéressé, Serge Bianchi se propose de réduire, voire d'abolir, le fossé creusé entre ces mémoires si contrastées et la biographie de celui qui se voulut " l'Ami du Peuple ".
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ...A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ...A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.