Après avoir senti la présence du mal, tu commences à lire des mots maléfiques, tu commences à écrire des mots maléfiques. Toute cette trilogie est née de la confusion. D'un tourment de mémoire ? car elle commence par un toast de Boa Noite Cinderela (La Mariée et Bonne nuit Cendrillon). Et une gueule de bois, qui laisse toutes sortes de traces. Et puis tu te réveilles comme un fantôme, enchanté par les paroles du Maître (The Brotherhood). Au c'ur d'une crise d'identité. J'écris ces mots depuis un autre endroit peut-être que j'écris depuis mon enfance, depuis un paradis sans muse ni loi. Peut-être que je dors encore. Au-delà de l'enfer sensible parmi les arbres qui ne sont pas des arbres dans le théâtre et toute sa douleur je vois mon reflet dans les canines d'un vieux chien et je ne peux pas dire qui j'étais. Un rêve ? Ou une version écrivain écrivant comme si cette nuit pouvait finir et que le matin pouvait nous sauver de la connaissance. Une fois de plus. Je ne sais toujours pas comment tout cela va finir. Ou plutôt, je le sais. Il n'y a pas de fin. C'est douloureux à accepter, mes amis. Et cela a été mon calvaire. Marcher progressivement vers ce soleil sombre de l'angoisse, en écrivant. « Écrire, c'est se juger soi-même, disait Ibsen, c'est un travail de démolition. » « Écrire, c'est essayer de ne pas mourir », disait Marguerite Duras. Ou faut-il accepter que nous sommes morts pour pouvoir écrire ? Voir exactement ce qu'une personne morte peut voir, est-ce là le fondement de l'écriture ? « Revenir à la surface les yeux injectés de sang », comme disait Melville. [Carolina Bianchi]
Nombre de pages
80
Date de parution
09/07/2026
Poids
100g
Largeur
125mm
Plus d'informations
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EAN
9782846818162
Auteur
Bianchi Carolina ; Resendes Thomas
Editeur
SOLITAIRES INT
Largeur
125
Date de parution
20260709
Nombre de pages
80,00 €
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Bianchi Carolina ; Resendes Thomas ; Moreira da Si
« C'est une histoire qui parle de fantômes, de vampires, de femmes furieuses, d'hommes répugnants et de sorcières qui ont créé ce que nous appelons le « monde » en volant au-dessus de nos têtes. C'est une histoire de têtes qui roulent, de femmes fatiguées et d'un enfant qui connaît le secret du visage de Dieu, du visage du diable. C'est une histoire sur la relation sadique, la relation SM que nous entretenons avec les personnes qui nous ont historiquement baisés. C'est aussi une histoire d'amour. » [Carolina Bianchi] Le texte s'articule autour de deux points cruciaux. Le premier concerne les notions de passé et de temps qui sont inscrites dans nos corps. Comment gérons-nous cette accumulation d'informations issues de différentes époques, ces fragments du passé dans notre corps et dans notre subjectivité ? L'autre point qui a guidé la recherche pour Tremblements magnifiques est la manière dont l'Histoire ne rend pas compte des femmes considérées comme violentes.Il semble contradictoire qu'une femme soit cruelle, car le récit historique hégémonique est patriarcal et très dangereux pour les femmes. Les femmes devraient être dociles pour ne pas être anéanties. Tout ce qui est considéré comme monstrueux chez la femme est ce que l'homme ne parvient pas à dominer, explique Carolina Bianchi.
« Connaissez-vous une ou des femmes qui vous ont confié, longtemps après avoir été victimes, leurs agressions ? » « Qu'en savez-vous ? » « Que vous ont-elles dit ? » « Qu'ont-elles réussi à dire ? » « Et de quoi se souviennent-elles ? » « Connaissez-vous Pippa Bacca, artiste italienne, violée et tuée lors de sa performance itinérante ? » La Mariée et bonne nuit Cendrillon (A Noiva e o Boa Noite Cinderela) pose ces questions. Pour la première partie de la trilogie Cadela Força (« La Force des chiennes »), l'artiste brésilienne Carolina Bianchi et son collectif Cara de Cavalo ont souhaité commencer par une conférence où les lecteurs sont ensevelis sous l'énumération des violences. La performeuse prête son prénom au personnage de la conférencière qui, avec la rigueur de la pensée qu'implique une telle prise de parole, nous plonge dans l'antichambre de l'enfer : un enfer qui nous poursuit même sous l'effet de la « drogue du violeur » (que Carolina prend à la fin de son exposé) et dans le sommeil ; un espace où le présent s'effondre avec le passé, sans prévenir. Comment passer de la fragmentation du temps entre la mémoire et le rêve, entre l'imagination et une réalité saisissable ?
The Brotherhood fait suite à La Mariée et Bonne nuit Cendrillon qui avait provoqué une onde de choc lors de sa première à Avignon où Carolina Bianchi amenait des réflexions sur la performance et la théâtralité, à travers un lit d'histoires de viols brutaux et de meurtres de femmes. Dans ce deuxième chapitre de la Trilogie des chiennes, Carolina Bianchi se penche sur la complexité de certains « pactes de masculinité », notamment sur les origines de la fraternité entre les hommes, mettant en lumière les codes mutuels violents qui contribuent à normaliser et perpétuer le viol et la violence sexuelle à travers leur lexique. Carolina Bianchi utilise les principes du théâtre pour articuler des voies possibles à cette discussion, créant des liens forts entre la représentation et le traumatisme réel, les structures de pouvoir dans l'art et la poésie radicale, les origines de la misogynie et une sexualité en crise. La structure de cette réflexion se révèle être un piège, affaiblissant l'auteurité de Bianchi et la transformant en un personnage qui subit les conséquences d'avoir scruté cette « fraternité » de si près.
Voici entre vos mains un livre en miroir, qui se déploie symétriquement sous vos yeux, prenant la forme idéale du diptyque. Dans ce dialogue en deux temps entre mots et formes, textes et images défilent, en série. Jusqu'ici inédits, de vieux documents secrets, retrouvés par l'artiste, composent ces suites : des lettres d'amour voilées pour commencer, de fluides sans titre pour terminer. Entre les deux, une ébauche de couverture et des planches d'écriture comme des exercices de style. Ce livre du dialogue semble organisé autour de la figure du contrepoint entre les différents signes poétiques.
Le Coeur d'Ester. Au xixe siècle fut retrouvé dans la campagne anglaise un mystérieux manuscrit composé d'extraits d'un journal intime et de poèmes d'amour écrits par une certaine Ester. Elle y décrit comment, à force de s'abandonner corps et âme aux autres, elle disparaît peu à peu. Alberto Cortés met en miroir l'abandon à l'être aimé et son propre abandon face au public : il dessine les contours de cette relation définie par le fait de regarder et d'être regardé, et en conclut qu'à force d'être regardé, on finit par disparaître. Les Garçons de la plage Adoro. Sur la plage Adoro, deux corps d'hommes, l'un portugais, l'autre espagnol, s'unissent pour se fondre l'un dans l'autre dans l'intimité des recoins naturels offerts par les lieux de cruising. Ils s'unissent pour se reconnaître, ont des relations sexuelles pour tenter d'effacer par cet acte intime toutes les dettes qui demeurent entre deux pays qui se tournent le dos. Ils imaginent d'autres façons d'envisager le sexe entre hommes, peut-être par nécessité d'en faire une action curative.
C'est l'heure de la vengeance du règlement de comptes c'est l'heure où marchant sur mes pas tu viens me faire payer d'avoir été la plus aimée c'est ça ? et toi celle qui soi-disant n'a pas été désirée ? c'est ça ?