Gershom Scholem, Cabale et contre-histoire suivi de Les "Dix propositions anhistoriques sur la cabal
Biale David
ECLAT
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EAN :9782841620555
L'?uvre de Gershom G. Scholem (1897-1982) a éclairé d'un jour nouveau les études sur le judaïsme et la mystique juive. Mais si sa réputation de grand professeur et spécialiste de la cabale n'est plus à faire, l'ouvrage que David Biale lui consacre insiste sur une autre dimension de son ?uvre érudite. Depuis les engagements sionistes des premières années jusqu'à une conception très particulière d'un judaïsme " anarcho-mystique ", Biale retrace les étapes d'un itinéraire de Berlin à Jérusalem, qui permet de mieux comprendre cette ?uvre aux implications multiples. " Publier les ?uvres maîtresses de l'ancienne littérature cabalistique est la meilleure garantie de son secret ", écrivait Scholem en 1958, et c'est le grand mérite de David Biale d'avoir montré que c'est précisément sur cette " dialectique du secret " que repose le très grand " art d'écrire " de Scholem, qui lui vaut de figurer non seulement parmi les grands savants du judaïsme, mais également parmi ses plus grands penseurs.
Nombre de pages
296
Date de parution
28/09/2001
Poids
424g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782841620555
Titre
Gershom Scholem, Cabale et contre-histoire suivi de Les "Dix propositions anhistoriques sur la cabal
Auteur
Biale David
Editeur
ECLAT
Largeur
150
Poids
424
Date de parution
20010928
Nombre de pages
296,00 €
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La perspective d'ensemble de l'ouvrage est de proposer une histoire du judaïsme du point de vue de la diversité de ses "cultures", et non plus selon un axe linéaire que définirait la "foi" en une culture commune, transversale, trans-historique. L'histoire du judaïsme devient alors une "histoire des judaïsmes", en relation ou tension dialectiques constante avec leur fondement religieux, et les pressions et pénétrations continues des mondes alentours. Cette dialectique entre "unité et dispersion, continuité textuelle et ruptures culturelles, isolement et assimilation, âges d'or et sombres temps, élite et peuple, etc." Permettrait de dresser un portrait d'un judaïsme en mouvement, conçu comme "organisme vivant", selon la définition qu'en donne Gershom Scholem. C'est à ce titre que l'on peut parler d'une "nouvelle histoire" du judaïsme, puisqu'elle dépasse le présupposé de la plupart des études historiques d'ensemble menées jusqu'à présent, d'une unité transcendantale du judaïsme ou d'une visée plus proprement nationale.
Pourquoi l'importance de la sexualité dans le judaïsme aura-t-elle été ignorée voire niée jusqu'à ces dernières décennies? L'éros apparaît pourtant comme un élément prépondérant dans la culture juive et ce depuis les premiers textes bibliques. Convoquant l'héritage de la tradition juive aussi bien que les outils et champs conceptuels développés notamment par Foucault, David Biale a entrepris dans un passionnant ouvrage de conférer sa juste place à la dimension de la sexualité dans le judaïsme. C'est ainsi qu'il nous présente l'image de sociétés ancrées dans leur époque et parallèlement en proie à des tensions et à des conflits qu'on était loin de soupçonner: tensions, d'une part, entre l'élite sociale et intellectuelle et la culture populaire, conflit, d'autre part, entre les hommes, détenteurs du pouvoir, et les femmes, marginales et souvent rebelles aux lois et aux coutumes. Dès lors, il y a quelque chose de subversif dans cet ouvrage qui révèle des aspects inavoués d'une religion dont ses autorités ont toujours eu à coeur d'exalter la pudeur. Aussi, de la Bible à Philippe Roth en passant par le Talmud, la théologie médiévale, la kabbale d'Espagne, le hassidisme, les Lumières et le sionisme, le livre de David Biale peut-il être considéré en quelque sorte comme une "histoire secrète" d'Israël.
Comment la violence et le pouvoir s'inscrivent-ils dans l'histoire juive, qui a été au cours des siècles principalement l'histoire d'une minorité au c?ur des nations? Comment leurs différentes formes, au sein de la famille - entre hommes et femmes -, puis dans la communauté juive elle-même, ou entre la communauté juive et les autres communautés, enfin dans le contexte contemporain de l'État d'Israël, peuvent-elles être reconduites à certains mythes déjà présents dans le récit biblique? Dans quel contexte et à quel prix le dépassement de la loi peut-il faire force de loi? Entre religion et sécularisme, théologie et politique, les méandres du pouvoir et la violence permettent de mieux comprendre une histoire et une actualité douloureuses.
Fortement argumenté autour de trois grandes parties consacrées respectivement à Dieu, à la Torah et à Israël, David Biale réussit le tour de force de mobiliser dans ce livre qui demeure accessible, vivant et d'une grande clarté d'expression, une érudition considérable.
Benjamin Walter ; Scholem Gershom ; Adorno Theodor
Les deux volumes de la correspondance de Walter Benjamin, édités en 1966 et préfacés par Gershom Scholem et Theodor W. Adorno, proposent un choix de plus de 300 lettres, écrites entre 1910 et 1940. L'édition française a paru pour la première fois en 1978. La traduction avait été réalisée par Guy Petitdemange qui clôturait le volume par une courte postface intitulée « Treize facettes de Walter Benjamin au fil de ses lettres». L'ensemble a été révisé et mis à jour pour notre édition par Pierre Rusch, qui comprend un corpus de lettres de 1913 à Ludwig Strauss sur la question du sionisme, qui a été retrouvé après la première édition allemande et n'a pu être intégré dans les éditions successives.Même si cette édition est incomplète par rapport à la grande édition allemande en six volumes établie par Christoph Gödde et Henri Lonitz (Suhrkamp, 1996), elle a le mérite d'avoir été éditée par deux proches amis de Benjamin, et leurs notes témoignent de cette amitié aussi fidèle que compliquée et de «l'exceptionnelle aisance dans le genre épistolaire qui lui était comme naturelle» écrit Scholem. Elle éclaire en tout cas suffisamment et d'un jour nouveau l??uvre de Benjamin qui a marqué durablement la pensée du 20e siècle et est chaque jour redécouverte par une nouvelle génération de lecteurs et d'exégètes. La liste des correspondants donne bien la mesure de son importance: outre les deux éditeurs, dont plusieurs lettres sont également reproduites, on trouve Hannah Arendt, Hugo von Hoffmansthal, Bertolt Brecht, Max Horkeimer, Martin Buber, Adrienne Monnier, Rainer Maria Rilke etc. Toute la pensée du 20e siècle est là, avec son cortège de drames et d'espérances.
Dans ce long inédit, Benjamin Fondane révèle les implications philosophiques révolutionnaires qui découlent des travaux de Lévy-Bruhl (1857-1939) sur la mentalité primitive. En mettant à jour les mécanismes d'une logique différente, Lévy-Bruhl fait voler en éclat l'universalité de la logique d'Aristote sur laquelle repose notre pensée occidentale. Dès lors cette logique n'est rien d'autre qu'une arme politique qui fonde l'hégémonie de la rationalité. La démonstration de Fondane est implacable et bouleverse notre conception de la philosophie. Il nous incite à reconsidérer nos manières de penser et de vivre sous la contrainte de la raison, faisant écho à une tradition non aristotélicienne qu'incarnent des penseurs comme Michelstaedter, Lukasiewicz ou Alfred Korzybski.