Dieu dit : "que la lumière soit", et la lumière fut". La cosmogonie chrétienne pose en son c0eut le Verbe divin. Cette Création qui ouvre la Bible et l'histoire fascine en profondeur l'homme médiéval, pour qui créer revient toujours à rejouer, imiter ou questionner le geste divin. Il s'agit toujours de faire la lumière dans un univers livré au chaos et à la faute : créer, c'est au moins autant façonner du neuf qu'ordonner l'existant - à l'image du Verbe de Dieu, formulé à l'impératif. Créer, c'est tirer du néant, tout comme "procréer" signifie donner naissance ; c'est donner du sens, et une pièce de théâtre "se crée" et "s'interprète" à la fois. D'ailleurs, le théâtre médiéval met souvent en scène des mystères divins : la création s'intéresse de près à la croyance. L'unicité se décline toutefois au pluriel, l'action supposant des créateurs, des créations et parfois des créatures. De la réflexion de philosophes juifs sur les mystères de la Genèse aux mystérieuses signatures d'artistes, de la recréation contemporaine du théâtre médiéval aux fabuleuses créatures qui hantent les marges des manuscrits et les confins de la terre, ce livre interroge conjointement le rapport du Moyen Age au faire, à la fabrication, et au neuf à l'innovation, pour souligner que c'est cette période qui, en réfléchissant sur la Création, a inventé notre créativité.
Nombre de pages
340
Date de parution
21/11/2019
Poids
590g
Largeur
160mm
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EAN
9791023106527
Titre
Créer. Créateurs, créations, créatures au Moyen Age
Résumé : Série de tous les records, Game of Thrones met en scène un Moyen Age à la fois fictif et largement inspiré de faits et de personnages historiques, de thématiques politiques, sociales ou religieuses bien réelles. Ce Moyen Age imaginaire, sombre et tragique, véritable envers de la civilisation, est bien éloigné de la réalité historique qu'étudient les médiévistes. Car la série ne décrit pas tant le Moyen Age lui-même que la façon dont nous imaginons aujourd'hui cette période, en lien avec nos fantasmes, nos craintes et nos désirs les plus actuels. C'est ce rapport à l'histoire, à ce que nous pensons être la marche de l'histoire, les passions qui la nourrissent, les pulsions secrètes qui la motivent, hier comme aujourd'hui, que ce livre tente de mettre au jour. Le Moyen Age apparaît alors comme l'envers effrayant et fantasmé de la civilisation, la face sombre de l'histoire.
Le Graal pourrait-il être un bocal à anchois ? Comment Perceval connaît-il la Poétique d'Aristote ? Merlin tient-il du démon ou de la pucelle ? Les règles du sloubi seraient-elles inspirées de celles du trut ? Les dragons étaient-ils des anguilles ? Recrutait-on les chevaliers à la taverne ? Pourquoi le casque du Viking est-il cornu ? S'est-on rendu compte à Kaamelott que l'empire romain avait pris fin ? La série télévisée Kaamelott qui met en scène le roi Arthur et les chevaliers de la Table Ronde a marqué le public par son humour décapant, ses personnages loufoques et ses répliques devenues cultes. Mais faut-il prendre au sérieux la façon dont elle réécrit aussi bien la légende arthurienne qu'une période historique charnière, entre Antiquité tardive et Moyen Age ? C'est le pari qu'a fait une équipe de jeunes chercheurs : montrer que, au-delà des anachronismes qui font toute la saveur de la série, Kaamelott produit un discours riche d'enseignement. Tant il est vrai que chaque génération réactualise ses mythes, les parodiant ou les réinventant pour mieux se les approprier.
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Résumé : Cet essai porte sur les romans écrits par Georges Simenon au cours des années trente, aussi bien les " romans durs " que les " Maigret ", et en renouvelle profondément la lecture. Il y décèle un scénario latent. Hanté par le " vertige de la perte " qui le pousse à un retour fusionnel dans le Monde-Mère sous les espèces du rien, voire de la mort, l'écrivain l'exorcise en se réfugiant dans le contre-monde du Livre, par instinct de conservation, en " avare " de son désir. Mais il en conçoit de la mauvaise conscience, car il s'éprouve alors comme un escroc, ou un faussaire : c'est donner en effet pour réels, dans ses livres, des êtres et un monde de papier, sans vraie consistance. Pour se laver de ce péché d'escroquerie, il place dans ses romans des personnages qui sont ses doubles, assignés à des espaces mettant en abyme le Livre. Ce sont des boucs émissaires, car ils endossent la faute et, d'une façon ou d'une autre - en mourant, dans bien des cas -, l'expient, ce qui permet d'en dédouaner l'écrivain. Cependant, il n'y a là qu'un subterfuge puisque, en réalité, ce sacrifice expiatoire du Livre et de son démiurge se produit... dans un livre. C'est pourquoi, un roman terminé, Simenon n'a d'autre choix que d'en entreprendre un autre.
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