La question de la création peut être enfin posée à l'auteur parce qu'il possède une autorité sur son œuvre dans le processus de production. Certes, il ne maîtrise pas tout mais il assume la responsabilité de l'œuvre devant tous. Un auteur est un instaurateur de discursivité, une figure radicale, qui dans la critique, la littérature, le cinéma, produit le modèle, le moule que d'autres vont utiliser. Barthes en ce sens est un instaurateur de discursivité. Tous les autres critiques après lui sont des variateurs. Inventer après Duras et rompre le moule du roman est un risque extrême. L'auteur assume tous les risques, produit, puis s'efface. Il n'a aucun pouvoir. Il est vidé de part en part. La création de l'artiste en l'auteur en fait un vivant, un homme du don total qui n'aspire qu'à la paix de la jouissance des mots. Que de maux sont attribués à l'auteur. Sommes-nous sûrs qu'ils viennent de celui qui nous fait penser, rêver, croire au symbolique ...
Nombre de pages
205
Date de parution
01/03/2007
Poids
250g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782296027732
Titre
L'impouvoir de l'auteur(e). Création et médias
Auteur
Bernas Steven
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
250
Date de parution
20070301
Nombre de pages
205,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Elire une image à l'aune de nos désirs signifie instituer un usage instrumentalisé des images. Les images sont enrôlées de force dans le récit, qui constitue la fiction en laquelle nous avons besoin de croire. Ainsi débute la fable littéraire, paternelle, orale ou cinématographique de l'humanité parlante. Mais l'image est muette. Cependant nous la chargeons de significations et de projections, nous croyons en l'image comme représentation de ce que nous vivons. Ainsi le narcissisme culturel joue ici sur nos représentations mentales et notre culte de l'ego.
La photographie joue le rôle de miroir de la société et révèle une expérience de la subjectivité. Selon Walter Benjamin, la photographie est une expérimentation du sensible. En enfermant l'image dans le discours, notre culture a enfermé le sensible, le perçu et le senti dans un refus de la perception immédiate. Sentir est un acte tangible qui révèle notre pouvoir d'exister. Constatant l'actuelle instrumentalisation du sensible, cet ouvrage interroge le déploiement agressif du pornographique.
Les sociétés modernes ont perpétué le pouvoir absolu et quasi divin des images cultes de l'autorité, de la puissance politique, de la démonstration du " vrai " officiel qui sert bien des impostures. Les images sont la matérialisation de l'invisible qui a longtemps rivalisé avec le pouvoir du Verbe divin. Dans la culture dont nous disposons, l'image est le relais du Verbe. Elle est utilisée comme une injonction du miroir patriarcal. Elle est au centre du pouvoir des institutions comme violence légale sur le corps de la vie. On la force à discourir, à appuyer la propagande du sens imposé.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...