Pierre Bergounioux, l'héritage. Gabriel Bergounioux / rencontre avec Pierre Bergounioux
Bergounioux Pierre ; Bergounioux Gabriel
ARGOL
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EAN :9782915978438
Pierre et Gabriel Bergounioux poursuivent l'entretien qu'ils ont ébauché dès l'enfance, pour relever les contours de l'expérience qui les a définitivement marqués : celle de l'intrusion du dehors dans les univers immobiles de leur Corrèze natale, dans les années 1960. La vie, soudain, changeait. " Le réel et la fiction, entre lesquels se partage l'activité narrative, sont les visages opposés d'une même expérience. Ecrire revient à disputer leur nom à des choses muettes, hostiles, à rompre la servitude où elles nous tiennent aussi longtemps qu'on ne les a pas transférées dans l'ordre du langage, élucidées. " P.B. Entretien et extraits révèlent dans cet ouvrage la pensée fondatrice et l'essence de l'écriture d'une ?uvre reconnue unique et exemplaire dans la littérature française.
Nombre de pages
195
Date de parution
13/11/2008
Poids
388g
Largeur
171mm
Plus d'informations
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EAN
9782915978438
Titre
Pierre Bergounioux, l'héritage. Gabriel Bergounioux / rencontre avec Pierre Bergounioux
Auteur
Bergounioux Pierre ; Bergounioux Gabriel
Editeur
ARGOL
Largeur
171
Poids
388
Date de parution
20081113
Nombre de pages
195,00 €
Disponibilité
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La subite accélération de l'histoire qui voit l'homme, au volant de toutes sortes d'engins, se métamorphoser en une force productive est au c'ur de la réflexion de Pierre Bergounioux, enfant de la triple révolution : automation, transport et information. Vigie, ?ultime rejeton de la société agraire archaïque?, il se pose en témoin d'une ère nouvelle où, espace et temps, dans des rapports inédits, s'entrechoquent et se déchirent. Les nombreux dessins ? au crayon à bord d'une voiture ? de Philippe Hélénon complètent la fébrile image de ce monde frais et rapide.
Si rien n'est plus manifeste que l'inconscient, depuis que Freud a passé, il résidait bien moins en nous, pour moi, pour d'autres, qu'à notre porte, dans les choses qui nous assiégeaient, leur dureté, leur mutisme, la tyrannie qu'elles exerçaient sur nos sentiments, les pensées qu'elles nous inspiraient forcément". Pierre Bergounioux s'explique ici sur un certain éloignement, et d'abord géographique, vis-à-vis de la psychanalyse, que le nom de Freud, gravé dans le marbre au-dessus de l'entrée d'un hôtel parisien, confirmera un peu plus tard. Il raconte comment il a affronté un trouble profond, étroitement localisé, auquel les remèdes qui pouvaient parvenir du dehors - l'apport de Freud, la méthode analytique, le divan - étaient impropres.
On attendait d'énergiques initiatives, des changements effectifs, de vrais événements. Ils ne se sont pas produits. Cinq décennies ont passé en vain, à vide, apparemment. Et puis ce qui aurait dû être et demeurait latent, absent fait irruption dans la durée". Pierre Bergounioux entreprend ici de saisir les origines et la signification du soulèvement social que la France a vécu ces derniers mois. Il enracine sa réflexion dans l'histoire des nations et des idées occidentales, en vertu de l'axiome selon lequel tout le passé est présent dans les structures objectives et la subjectivité des individus qui font l'histoire. Ainsi se poursuit, jusque dans les formes les plus contemporaines de la contestation, en pleine crise du capitalisme et de la représentation politique, le rêve égalitaire qui nous est propre.
Il était cinq heures lorsque le téléphone a sonné. Je suis souvent levé à cette heure où la nuit règne encore mais, ce matin-là, je dormais et c'est en rêve que j'ai su que mon père était mort. J'attendais ce moment depuis le moment où j'ai appris que nous mourrons, tous, et qu'il nous faut attendre. Il avait visité la place vingt-huit ans auparavant, au début du mois de juillet de ma treizième année. Je campais, sous la tente, à cinq cents kilomètres de la maison mais je vois l'étroit vestibule, la pomme du premier balustre en chêne verni, les deux portes latérales et l'amorce de l'escalier avec une telle netteté qu'aujourd'hui encore, je m'y laisserais prendre. La scène ne comporte aucune incongruité. Les portes sont à la bonne hauteur. Le bois de la rampe a la couleur du chêne. Je discerne mal les traits de ceux qui m'entourent mais cela se produit également de ce côté-ci quand on se trouve aux prises avec une douleur extrême. En revanche, je vois mon père étendu au pied du balustre. On a repêché son corps dans la Vézère."
Sous le même Je, sept personnages composent un drôle de roman familial, plutôt iconoclaste et bouleversant. Qu'il l'ait vécu ou non, David Besschops témoigne que le pire se porte bien ! Il écrit et vous coupe le souffle.
Un jour, Gaston Chaissac a saisi un pinceau. Que se passa-t-il alors ? Rien. Nulle foule rassemblée, nulle pluie d'étoiles, nul craquement sinistre de la machine du monde. Je m'étonne décidément que les gestes les plus importants ne soient jamais perçus comme tels aussitôt par quelqu'une des innombrables antennes sensibles qui vibrent dans les airs. La nuit tomba sur ce jour comme sur tous les autres, avec indifférence. Le lendemain, enfin, les ennuis commencèrent. Voici le peintre maigre à la recherche d'un peu de santé pour lui-même. Mais c'est le monde alentour qui reprend des couleurs. Regardez-les : les tableaux de Chaissac ne seront jamais ces marqueterie desséchées devant quoi l'esthète se prosterne, dont le souffle bavard décolle une à une les écailles. Les peintures des enfants ne sont pas si pimpantes, et pourtant, sommes-nous assez obtus encore pour n'y rien comprendre et ne rien voir de la solitude et de l'effroi de l'homme né dans un cerne noir ...
Jean-Christophe Bailly : poésie, art, philosophie, théâtre, récits ? Réponses jusqu'ici éparses : ce pourquoi cc livre s'est construit selon ce que son litre indique. Fidèle à la singularité d'une oeuvre fondée sur l'expérience et hanter par une pensée du sensible, le livre en explore, en ricochant d'une surface à une autre, les différents aspects, tout en poursuivant la réflexion sur le langage qui la sous-tend.
Surplis est un livre né d'investigations littéraires et poétiques au cours d'une résidence s'étendant d'octobre 2012 à octobre 2013 au Domaine de Chamarande (Essonne). Via un concours proposé aux étudiants de l'École Estienne, son projet est devenu une création tout à fait originale et reprend de façon singulière les critères classiques de la composition tout en détournant les normes de la mise en page : un objet plastique et poétique unique.