L'ETAT ET LA TOXICOMANIE. Histoire d'une singularité française
Bergeron Henri
PUF
23,33 €
Epuisé
EAN :9782130501183
Ce travail part d'un constat : la plupart des pays européens ont réagi aux menaces suscitées par l'épidémie de sida et par la dégradation de la situation sociale de beaucoup de toxicomanes ; la France, elle, a longtemps refusé de mettre en place une politique publique palliative de soins aux usagers de drogues, dite de " réduction des risques ", et s'appuyant, entre autre chose, sur une distribution extensive des produits de substitution comme la méthadone. Jusque dans les années 94-95, en effet la politique française en la matière privilégiait, les interventions curatives, dans le cadre d'un objectif général d'abstinence. Comment expliquer cette situation singulière ? Comment comprendre que les milieux spécialisés concernés mais aussi l'Etat français aient rejeté aussi longtemps une politique (palliative) et un outil (la méthadone) présentés dans beaucoup de pays comme indispensables dès la fin des années quatre-vingt ? Partant de l'hypothèse qu'il n'y a guère d'action sans croyance, l'auteur s'attache à montrer comment s'est constitué, diffusé puis finalement institutionnalisé un corpus de croyances peu favorable à la mise en place d'une telle politique et à l'introduction des produits de substitution. Il montre que ceux qui ont défini et conduit la politique de soins aux toxicomanes, en France, ont persévéré " aussi longtemps " dans la voie qu'ils avaient tracée, parce qu'ils avaient de bonnes raisons pour continuer de croire à ce qu'ils ont cru et, donc, d'agir comme ils ont agi. Ce livre constitue une contribution originale à l'analyse sociologique des croyances collectives, c'est-à-dire partagées par un grand nombre d'individus.
Nombre de pages
370
Date de parution
31/07/2000
Poids
530g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782130501183
Auteur
Bergeron Henri
Editeur
PUF
Largeur
150
Date de parution
20000731
Nombre de pages
370,00 €
Disponibilité
Epuisé
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La consommation de substances psychoactives, réputées engendrer la toxicomanie, classées comme "stupéfiants" par le droit, est un fait social établi: l'usage de ce que l'on nomme communément les drogues (héroïne, cocaïne, etc.) s'est développé en Occident au XIXe siècle pour s'y diffuser massivement à partir des années 1950. Cette pratique sociale courante demeure le plus souvent récréative et occasionnelle, mais un certain nombre de consommateurs en font un usage régulier, parfois compulsif. Quels sont les déterminants de la massification récente de la consommation de drogues? Comment comprendre le comportement d'un individu continuant une pratique dont il voudrait, souvent, pouvoir se défaire? Quels sont les processus sociaux et politiques qui ont présidé au classement de certaines substances en stupéfiants? C'est à ces interrogations essentielles que la sociologie tente de répondre, pour finalement se forger un entendement singulier des questions de drogues et de toxicomanie.
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Toute une série de biais cognitifs nous empêchent de prendre des décisions rationnelles : conformisme, aversion pour la perte, surestime de soi, préférence pour le court terme, etc. Ce credo des économistes et des psychologues compor-tementalistes a été repris à leur compte par les pouvoirs publics de nombreux pays, afin d'orienter les choix de leurs concitoyens. Nous sommes ainsi considérés comme des donneurs d'organes par défaut, nos enfants sont tenus à distance des frites dans les cantines, les détecteurs de vitesse nous font la grimace ou nous sourient, on nous informe que nous recyclons moins que le voisin... Faciles à mettre en oeuvre, peu onéreux, ces nudges (de l'anglais "pousser du coude"), qui nous font modifier nos comportements sans que nous ayons à y réfléchir, sont devenus l'alpha et l'omega de la résolution des problèmes de société. Mais peut-on réduire l'action publique à une affaire de comportements individuels ? Une analyse critique des savoirs comportementaux et de leur application s'impose, afin d'en comprendre le succès et d'en montrer les limites.
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Le marché du logement n'est pas un marché comme un autre. L'accès au logement, malgré son statut de droit opposable, est rendu de plus en plus difficile, notamment pour les jeunes générations, du fait de la progression importante des dépenses en logement des ménages. Pour des raisons similaires, l'accession à la propriété des ménages modestes est rendue de plus en plus en complexe. Le logement, premier actif du patrimoine des ménages, est devenu l'un des principaux vecteurs de transmissions intergénérationnelles. Le mal-logement et les situations d'exclusion continuent de progresser en France et la question se pose de la capacité de notre société à enrayer ces phénomènes aux facettes multiples. Les divergences observées entre les différents marchés du logement ont eu pour conséquence la rupture du parcours résidentiel d'un grand nombre de ménages. Apprendre à identifier et à vaincre les crises du logement qui traversent la France devrait constituer l'une des problématiques centrales du débat public pour les prochaines années.
Bachelard Gaston ; Bontems Vincent ; Canguilhem Ge
Pour une révolution permanente de la raisonRecueil d'articles dont la première édition a été publiée en 1972 dans la collection Bibliothèque française contemporaine. L'Engagement rationaliste suit l'intégralité de la trajectoire de Gaston Bachelard. Composé, titré et préfacé par Georges Canguilhem, ce recueil s'ouvre avec un manifeste épistémologique révolutionnaire (« Le surrationalisme ») rédigé en soutien au Front populaire, et s'achève avec l'éloge de Jean Cavaillès, l'ami chef de la Résistance assassiné par les nazis, manifestant ainsi le caractère engagé de l'épistémologie. Cet engagement consiste en premier lieu à suivre la science dans ses progrès : « il faut que le rationaliste soit de son temps, et j'appelle de son temps, du temps scientifique, de la science du temps que nous vivons actuellement ». Un tel rationalisme révise ses connaissances, ses méthodes et jusqu'à ses principes. Il ne lutte pas seulement contre le sens commun, mais aussi contre des normes de scientificité héritées du passé. Cette posture résolument progressiste résonne avec d'autres positions avant-gardistes. La présente édition, présentée et commentée par Vincent Bontems, précise l'origine des textes, restitue leur contexte, et identifie la source des citations et des concepts, afin d'éclairer le sens des engagements de la pensée et de l'existence de Bachelard.
Marx, Engels et nombre de marxistes ont été confrontés à la question nationale. Faut-il défendre la nation ? Sous quelles conditions et dans quel contexte ? Les plus célèbres figures du marxisme (Lénine, Rosa Luxemburg) ont proposé des solutions divergentes voire profondément contradictoires, et suggéré de soutenir certaines causes nationales (notamment celles des peuples opprimés) ou bien au contraire parfois de répudier toute appartenance à un territoire ou une culture. Récemment, la crise de l'Union européenne et l'implosion de plusieurs Etats-nations au Moyen-Orient ont remis sur le devant de la scène les problématiques nationales, que d'aucuns estimaient dépassé à l'heure de la mondialisation et de l'effacement (présumé) des frontières et des espaces nationaux. Ce numéro propose ainsi à la fois de revenir sur les définitions de la nation et du nationalisme proposées par les marxistes mais également sur des enjeux plus contemporains, à travers des études de cas concernant plusieurs continents.