Si la couleur des tableaux de François de Asis est si mobile, si changeante, sans aucun aplat, sans aucune monochromie ou même bichromie, c'est que dans sa nature et dans sa fonction réside le déséquilibre incessant entre violence et paix, coup et pommade, meurtre métaphorique et rite salvateur. La couleur creuse et ronge, mais aussi, du même allant, elle recoud. Scarification et suture. Ainsi naît la peau scarifiée anonyme et universelle, humanité des origines dans le temps d'une vie humaine et dans le temps des civilisations : la simple peau, tendue sur le châssis de bois, où la couleur pose ses étranges signes d'appartenance, de mort et de salut. Peau sacrifiée, corps scarifié.
Nombre de pages
140
Date de parution
16/05/2012
Poids
748g
Largeur
220mm
Plus d'informations
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EAN
9782851948366
Titre
Couleur, François de Asis
Auteur
Bergeret Yves
Editeur
FATA MORGANA
Largeur
220
Poids
748
Date de parution
20120516
Nombre de pages
140,00 €
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Maya fait ?uvre de topographie. De ses promenades entre les haies du passé, elle souligne la poutre maîtresse, les murs mitoyens entre l'hier et l'aujourd'hui. Elle ramasse les pots cassés et les restaure sous l'armature qui leur convient. Une verrière, un grenier, une ossature, une nef, des parois vitrées. Très loin de sa cave d'où sortent ses ?uvres en flammes insoumises. Noir ou couleur, ce qu'elle privilégie ce sont les moyens de fortune : un chéneau, pour elle tombé du ciel, des encres offertes, l'essentiel est l'envergure possible, le moyen, après les heures passées en révérence, de garder la tête haute. Quand elle quitte son atelier, elle évalue les étages, les hauts murs, les ogives, les lieux élevés qui capturent la lumière et les ombres s'agitant au-dessus du trafic. Ce qu'elle a vêtu de neuf s'échauffe, monte lentement comme une fine colonne de mercure. Elle accroche, elle arrime, laisse flotter. Puis nous convie à ce décalage : la pauvreté des choses hissée au rang d'épure.
Ne croyez pas - sous prétexte que vous avez réglé leur compte aux dieux, avec ou sans linceul de pourpre, en quatre coups de cuiller à pot, et mis l'univers en bouteille, et parce que vous vous faites fort d'exorciser toute chose en l'appelant par son nom, comme on sonne un domestique, et de regarder le soleil bien en face quand ça vous chante - ne croyez pas que c'en est fait pour autant de l'Ombre inexorable qui vous hante et vous guide à chaque pas, lors même qu'elle semble vous suivre comme un chien. Voici l'éternelle Astrologie, à quoi beaucoup de sagesse vous ramène - si un peu de science vous en éloigne. Ainsi soit-il ! Léon-Paul Fargue, dans cet avant dernier livre, jamais repris, vient "rechercher l'illustration vivante des décrets astrologiques". Il y fait briller autant de constellations qu'il aura eu de vies à remplir et donne, par une ivresse verbale, une vision cosmique aussi sérieuse que cocasse : après Paris, ce sont les astres qu'il arpente pour y promener son "âme délinquante et ? ère". Pour cette édition Pierre Alechinsky réalise douze encres reproduites en pleine page.
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Ecrivain surréaliste, à la fois poète, conteur, romancier et essayiste, André Pieyre de Mandiargues a entretenu d'étroites relations avec l??uvre écrite et peinte d'Henri Michaux, son ami. Son monde où pulsions et fantasmes bousculent le réel, où une liberté onirique aux con?ns de l'imaginaire et du désir lézarde le quotidien (dans un trouble merveilleux), coïncide par plusieurs frontières avec celui de Michaux. Personne n'était alors mieux placé pour poser sur ?ce très haut phare à feu noir? un regard aussi profond que personnel. Dans ces trois textes Michaux devient un voyant, une sorte d'Aède qui entrevoit dans les ténèbres les contours nets des origines, naissance de toute chose : aimons-le !