Bentham crée une nouvelle science de la morale (une Déontologie, la science qui nous aidera à fixer notre conduite) dans le sillage de Bacon, Locke et Hume, mais surtout il ouvre la voie à l'expérimental, chassant avec violence les abstractions que nul ne peut jauger ou mesurer (parfois même la morale donne dans le pur tautologique: il faut parce qu'il faut), alors que Bentham entend ne pas se payer de mots et s'assurer de la plus grande somme de jouissances, pour lui et pour le groupe dans lequel il est inséré (la famille, l'atelier, etc.) [...] La richesse de Déontologie ne se situe pas où nous l'imaginions au départ (le calcul de l'action): son originalité vient de sa radicalité. Elle met en cause les morales de la tradition, les anciennes comme les actuelles, toutes soumises à un examen décapant. Ainsi elles ont exalté le sage ou le héros, mais, par là, elles assuraient la domination des rusés et des plus corrompus, ceux qui ont converti leur tort en droit.[...] Partout, dans son texte, nous voyons Bentham moderne comme si, au lieu d'écrire en 1814, il théorisait de nos jours. En voici un échantillon: "La difficulté (celle de l'accord entre l'individuel et le social) commence là où commence le conflit d'intérêts contraires, ou, ce qui est pire, d'intérêts irréconciliables. [.. ] Il se pourrait que ce fut pour un homme une grande jouissance que de fumer, n'était l'inconvénient qu'il occasionnerait à d'autres en les enveloppant dans la fumée de son tabac [..] N'est-il pas évident que la prudence extra personnelle lui demandera le sacrifice de sa jouissance". Et en effet et nous ne cessons pas de trouver dans Déontologie des remarques de la plus brûlante actualité, au sujet de questions vieilles comme Hérode - des questions ici abordées dans le feu, comme jamais.
Nombre de pages
443
Date de parution
09/03/2006
Poids
866g
Largeur
165mm
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EAN
9782909422985
Titre
Déontologie ou science de la morale
Auteur
Bentham Jeremy ; Bowring John ; Dagognet François
Editeur
ENCRE MARINE
Largeur
165
Poids
866
Date de parution
20060309
Nombre de pages
443,00 €
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En 1786, le philosophe anglais Jeremy Bentham (1748-1832) pense une nouvelle forme architecturale qui mettrait fin au scandale de l'insalubrité et du croupissement dans les prisons: le dispositif panoptique, par sa conception garantissant une surveillance généralisée, permet d'organiser la condition du prisonnier en vue de sa profitabilité à la société. En passant du modèle des oubliettes au panoptique, le libéralisme utilitariste de Bentham confine à l'utopie totalitaire. Cette idée de progrès n'alla pas sans séduire quelques esprits de la Révolution française puisqu'un député en présenta la synthèse traduite par Etienne Dumont à l'Assemblée en 1791. "Un événement dans histoire de la pensée" selon Michel Foucault (Surveiller et Punir) pour qui ce texte est la formule la plus lumineuse pour analyser les technologies politiques de gouvernement des hommes.
Ce premier plaidoyer en faveur de l'homosexualité est suivi de textes inédits de Bentham, écrits entre 1814 et 1818.Visionnaire et réformateur, Jeremy Bentham (1748-1832) prône dès 1770 la décriminalisation de l'homosexualité. Dans un essai au ton pamphlétaire, " Délits contre soi-même : la pédérastie " (1785), il s'interroge sur les raisons d'une telle " antipathie sociale " qui menait au pilori et à la pendaison les auteurs d'un acte aussi inoffensif. Philosophe utilitariste, il estime que les relations sexuelles doivent être libres au même titre que les relations économiques du seul fait qu'entre adultes consentants elles ne nuisent à aucun tiers et qu'elles procurent à l'évidence du plaisir à ceux qui les pratiquent...
En réunissant Émancipez vos colonies, Sur la liberté de la presse et de la discussion publique et Garanties contre l'abus de pouvoir, nous avons souhaité inviter à une réflexion sur la référence à l'utilité dans le traitement des questions politiques. La théorie utilitariste du pouvoir élaborée par Bentham fait une large place à la promotion des libertés civiles. C'est seulement en instituant un système de gouvernement transparent, fondé sur le recours au tribunal de l'opinion publique et sur la liberté d'expression, que l'on peut créer les conditions d'un contrôle démocratique des institutions et administrations. Droit et utilité se trouvent ainsi réconciliés dans un programme à la fois pragmatique et ambitieux, qui aboutit notamment à prôner l'indépendance des colonies.
Le Panoptique est une oeuvre majeure de la pensée politique. Il est le fondement et le guide pratique de la dérive totalitaire des démocraties occidentales. On parle ici de surveillance des individus jusque dans leur vie la plus intime, de contrôle de la pensée pour un moindre coût financier. Inventé à la fin du XVIIIe siècle, il fut mis en pratique par les révolutionnaires français, puis appliquer tous au long du XIXe siècle dans le reste du monde. La technologie du XXIe siècle, lui donne des moyens auquel n'aurait jamais pu rêver son inventeur. C'est la promesse d'un contrôle total et absolue sur la vie des petits citoyens au profit d'une élite restreinte. Le cauchemar d'Orwell et de Kafka réunit enfin à portée de main. La machine est en marche et ne semble plus vouloir s'arrêter.
2 volumes sous coffret vendus non séparément Tome I Clémence Ramnoux consacra sa vie entière à l'étude et à la sémantique des penseurs présocratiques comme Héraclite, Empédocle ou Parménide, afin de remonter aux sources de la philosophie. Pour ce faire, elle élabora une méthode de recherche interdisciplinaire, redevable de l'histoire des religions, de la philologie, de la philosophie et de la psychanalyse. Dans ce premier volume se trouvent rassemblés les trois premiers ouvrages (La Nuit et les enfants de la Nuit dans la tradition grecque, Héraclite ou l'homme entre les choses et les mots, Mythologie ou la famille olympienne) de cette grande helléniste qui font toujours autorité. A chaque fois l'auteur a proposé de nouvelles traductions des textes présocratiques. Clémence Ramnoux n'étudie pas seulement l'évolution du mythos au logos, en s'attachant à démontrer le passage du nom des puissances divines à l'abstraction philosophique, elle s'est également intéressée aux fragments d'Héraclite en proposant une lecture non plus fondée selon la division traditionnelle - cosmologie, anthropologie, logique - mais sur une nouvelle méthode de groupement des formules de mots. Dès lors, elle éclaire les fragments d'Héraclite, en se mettant à l'écoute des mots, de leurs jeux, de leurs résonances, de leurs échos pour les entendre philosophiquement et les comprendre dans leur unité, nous faisant oublier le surnom que la tradition lui donnait : "Héraclite l'Obscur" . Dans sa présentation, Rossella Saetta Cottone dit la dette immense de la recherche française envers Clémence Ramnoux qui a su dépasser les clivages disciplinaires pour aborder une question capitale de notre culture comme celle de la naissance de la pensée rationnelle. Tome II Dans ce second volume consacré essentiellement aux études présocratiques, Clémence Ramnoux reconnaît l'apport de Nietzsche en montrant que le retour aux sources archaïques permet de comprendre comment de l'éloignement progressif des dieux vont naître les commencements de la philosophie. Cette dernière se détachera peu à peu du mythe (encore largement présent chez Platon), pour faire émerger la pensée abstraite, toujours en mutation, fille adultérine de la pensée archaïque. C'est à l'aune de ces rencontres agonistiques entre penseurs anciens que la philosophie s'affirmera. Dans une suite d'articles sur les présocratiques, on découvre ce glissement du mythe à la pensée rationnelle, déjà en germe avant Socrate. Avec la traduction commentée du Poème de Parménide, l'auteur montre l'importance de la transmission des textes anciens dont il faut aussi savoir faire une étude critique. Un choix d'articles peu connus, jusqu'alors dispersés et difficilement accessibles, permet de mieux comprendre les relations complexes - à la fois complices et novatrices - de Clémence Ramnoux avec la pensée contemporaine, notamment avec la psychanalyse et avec la philosophie de Bachelard. Cette nouvelle édition en deux volumes des oeuvres majeures de Clémence Ramnoux, entièrement revue et corrigée, est enrichie d'une Table de concordances des fragments orphiques, d'un Index des sources, d'un Index général, d'une Bibliographie raisonnée des oeuvres citées par l'auteur et d'une Bibliographie de ses oeuvres et des articles qui lui ont été consacrés.
Sils-Maria, haut lieu de villégiature philosophique de Friedrich Nietzsche : de son bureau, au c?ur de la haute Engadine, il voit, là, juste sous le ciel, une haute falaise très escarpée. Viendra s'y construire peu de temps après sa disparition, un chalet. Au bord du précipice. C'est là qu'Anne Frank passa, chez des amis de ses parents, les étés de 1935 et 1936, années pathétiques de l'hitlérisme conquérant. Entre le philosophe et la toute jeune Anne, d'une maison l'autre, dans un au-delà du temps qui sollicite rencontre et dialogue, un pays au-delà du crépuscule se dessine. Par petites touches. Dans le froid glacial du haut plateau de la haute Engadine. Dans la clairière aménagée par Hölderlin et Plutarque. Dialogue des morts avec les textes philosémites de Nietzsche, l'ermite de Sils-Maria, avec l'allégresse de celle qui va, bientôt, nous livrer son Journal. Peu à peu les mots construisent le chalet qui n'existait pas, révèlent l'admiration et le respect du Philosophe pour le Peuple juif auquel Anne appartient. Ecritures d'ombres sur les pierres, les parois, les clairières, les poutres des chalets, des chambres de l'Une, du bureau et de la petite table de l'Autre. Immémoriales stèles dans les clairières de l'Engadine. Croisement d'âmes sur les sentiers de l'Alpe. Il fait décidément beau à Sils-Maria,. Très beau.
Comment se satisfaire du récit de la Genèse quand on a quelque révérence pour la femme, ? Dieu l'aurait tirée du flanc d'Adam, ce qui autoriserait l'homme à tenir sa compagne pour inférieure ? Dieu, en frappant d'interdit l'arbre de la Connaissance du bien et du mal, aurait dénié l'autonomie morale à ses créatures, les punissant ensuite d'avoir agi en êtres libres ? N'est-il pas, en outre, singulier, que la Bible soit muette sur la beauté d'Eve, alors que Dieu n'a pu que mettre toutes ses complaisances dans Son ultime ouvrage ? et muette sur l'union charnelle d'Eve et d'Adam, ode sacramentel par excellence ? Irrité par les crimes de leur descendance, le Créateur aurait effacé toute chair de la surface de la Terre, mais, comme dépourvu de prescience, aurait sauvé Noé dont la postérité allait perpétuer le Mal ? Que d'énigmes sont promises au lecteur des Saintes Ecritures. Avant que plus rien ne subsistât du jardin primordial, il importait d'en célébrer les rares vestiges. Avec, s'il se peut, les yeux " non habitués " d'un Adam ; avec ceux, voilés d'une essentielle nostalgie, de la première femme, de la " première mortelle ". Puisse le poète avoir fidèlement transcrit le chant du cygne d'un monde condamné. Puisse-t-il avoir infusé, dans les regards, attention, ferveur et gratitude envers tout ce qui témoigne encore de sa haute origine. A commencer par la femme plénière qu'Eve inaugure. Que soit louée, en celle-ci, la filiation indéfinie de ses pareilles, dépositaires successives de l'enfance du monde, toute grâce et tendresse ; de la courbe accomplie ; du temps cyclique - et d'un rebord de seuil donnant sur un goulet marin ! De quoi, si l'on en croit Camus, savoir quelque chose, ici-bas, du Paradis. De quoi, pour le philosophe, s'aviser que cette preuve tangible, irrécusable, de l'existence de Dieu, qu'il avait tant cherchée, se trouvait en foule sous ses yeux. F. S. Poète de l'Arbre et de l'Océan, François Solesmes est aussi l'auteur d'une " Poétique de la femme ", en deux volets : La Nortpareille et Faites intimes.