Extrait de l'introductionVélasquez? À n'en pas douter un personnage hors du commun. Un gamin andalou placé en apprentissage, dont le maître fait son gendre car il en a lucidement pressenti le génie, et qui, à vingt-quatre ans, devient peintre du roi au grand dam de l'académisme dominant. Un homme qui, pendant quelque trente-cinq ans, fut le familier le plus habituel et le plus recherché du roi Philippe IV, son portraitiste attitré et celui de la famille royale, mais qui ne s'interdit aucun registre: ni la peinture de genre, ni la fable mythologique, ni le tableau d'histoire, ni le paysage, ni les images de Dieu, de la Vierge et des saints, ni le nu féminin, ni les bouffons. Un officier du palais que son roi expédia en Italie, à la chasse aux chefs-d'oeuvre de l'Antiquité, puis, au soir de sa vie, jusqu'à l'île des Faisans pour y décorer le pavillon de l'acte final de la Paix des Pyrénées: un homme qui dialogua longuement avec Rubens, qui, à Rome, rencontra le Bernin et Pierre de Cortone, côtoya Nicolas Poussin et Claude Gelée tout en faisant les portraits du pape et de ses cardinaux, fut élu à l'Académie des Virtuoses; une sorte de directeur des Beaux-Arts qui entreprit la rénovation des palais royaux de l'Alcazar et de l'Escorial: un homme dont le roi consacra le talent en lui octroyant l'habit de chevalier de Santiago (Saint-Jacques).Un artiste considéré à vingt ans comme un nouveau Caravage, mais dont plusieurs toiles des vingt ou trente dernières années font un précurseur de l'impressionnisme. Étonnante mutation! Un artiste dont Goya et Picasso tentent de refaire à leur manière l'oeuvre majeure. Les Ménines, qui suscite l'admiration des peintres français du XIXe siècle, dont les expositions à la fin du XXe siècle sont des événements internationaux.Bien entendu, depuis trois siècles et demi, des centaines de spécialistes, d'exégètes et de critiques d'art de toutes nationalités se sont emparés de l'oeuvre de Diego Rodriguez de Silva y Velázquez. Ils ont traqué ses oeuvres, établi le catalogue de ses toiles, sans oublier celles qui ont disparu, ont discuté les dates et lieux de réalisation, proposé une identité des personnages des portraits controversés, notamment des femmes dont plusieurs demeurent incertaines. Une douzaine de catalogues ont été établis: le deuxième de José Lopez Rey, publié en 1979, longtemps considéré comme le plus rigoureux, a dû être révisé. Ces catalogues ont progressivement réduit le nombre des oeuvres attribuées avec certitude au maître, de 274 en 1883 (catalogue de Curtis) à 123 en 1979 (Lopez Rey), et Jonathan Brown a proposé une liste de 98 toiles de Vélasquez, augmentée de sept tableaux réalisés avec des collaborateurs et de neuf possibles. Grâce à eux nous connaissons les musées et les quelques collections particulières où nous pouvons retrouver les oeuvres de celui qu'Édouard Manet, enthousiasmé, appelait «le peintre des peintres» dans une lettre à son ami Fantin-Latour, expédiée de Madrid.Grâce aux restaurations et aux nettoyages, grâce aux radiographies qui concernent maintenant presque toutes les toiles, nous comprenons mieux la technique et la manière de travailler de Vélasquez, nous découvrons ses «repentirs». Nous savons aussi que plusieurs de ses oeuvres sont demeurées inachevées.
Bartolomé Bennassar retrace l'émergence de deux mondes antagonistes - républicains contre franquistes-, les interventions militaires étrangères, les affrontements et l'immense écho du conflit dans toute l'Europe. Il exhume des archives le sort des vaincus, des prisonniers, des exilés, leur rôle dans la Résistance française et jusqu'à l"" exil intérieur "des opposants à Franco. Cette analyse générale, nourrie par la force des témoignages et des récits individuels, constitue la synthèse de référence sur la guerre d'Espagne. Biographie: Bartolomé Bennassar est le spécialiste du monde méditerranéen des XVe et XVIe siècles. Il a notamment publié chez Perrin une biographie magistrale de Franco et une Histoire des Espagnols (collection Tempus)."
La biographie référente d'un dictateur énigmatique Qui était le général Franco ? Bartolomé Bennassar analyse l'étonnant destin du Caudillo en deux volets : d'une part l'histoire d'une vie au fil de la chronologie, d'autre part les clefs pour comprendre l'homme : les frustrations de la jeunesse ; la " baraka " ; le culte du moi ; le sens de la manipulation des hommes ; la passion du pouvoir pour le pouvoir... Autant d'indices qui permettent la compréhension de ce règne implacable qui aura duré trente-six ans.
Tortures, bûchers, sorcières et fanatisme sont les images que l'Inquisition espagnole (1479-1834) a laissées dans les consciences. Créée pour combattre les conversos ou les morisques, qui s'obstinaient à rester secrètement juifs ou musulmans, elle s'empara ensuite du peuple chrétien pour le modeler selon les idéaux définis et les règles édictées par le concile de Trente. Elle commença la chasse aux livres, aux clercs audacieux, aux étudiants vagabonds que l'Europe de la Renaissance avait produits en abondance. En même temps, elle mit à la disposition de l'Etat monarchique un peuple homogène, aux croyances et aux réflexes conformes. En luttant contre les minorités religieuses, l'Inquisition se mit en en réalité au service de l'Etat.
Valladolid est sans doute, en ce siècle où l'Espagne joue un rôle majeur en Europe, l'une des premières cités de Castille par son importance démographique et économique. Mais son cas est en outre exemplaire : l'étude de ses possibilités de développement et des contraintes qui l'inhibent, de ses idéaux et de ses préjugés nous apprend autant sur la Castille que sur elle-même. La nouveauté du livre réside dans la description d'une société de consommation sans frein, de style ostentatoire, à une époque où le " modèle seigneurial " est imité de larges fractions de la population. Tel est le défi au conditions du siècle et, en définitive, le drame de la Castille.
Résumé : Au-delà des considérations coutumières sur la valeur formatrice des Humanités, Nicola Gardini s'adresse ici directement aux jeunes gens qui découvrent le latin, et aux moins jeunes qui en gardent la nostalgie. En une vingtaine de brefs chapitres, il retrace l'histoire de cette langue sans laquelle la nôtre ne serait pas ; il fait comprendre les grandes étapes de son évolution d'Ennius à saint Augustin ; il montre la puissance et l'étendue de son rayonnement jusqu'au seuil du monde contemporain. Son chaleureux discours est illustré par un large choix de textes, présentés dans leur version originale, puis traduits et commentés. La langue qu'il nous apprend ainsi à goûter se fait entendre par la voix de ses plus glorieux témoins. Son plaidoyer est aussi un cri d'alarme. Sans verser dans l'utopie passéiste, il montre pourquoi il est urgent de redonner au latin une place raisonnable dans notre enseignement, sous peine de nous laisser submerger bientôt par le "pidgin" de la communication et des médias, ou par le bavardage des blogs et des textos ; bref, de ne plus avoir sous les yeux qu'un paysage culturel rétréci et défiguré car des pans entiers de nos enseignements littéraires sont comme adossés à la langue de Virgile et de Cicéron. Le latin, rappelait naguère Paul Valéry, c'est "la langue à laquelle nous devons ce qu'il y a de plus solide et de plus durable dans les monuments de la nôtre". Nicola Gardini nous rappelle l'importance de ce qui est ici en jeu. Il est grand temps d'écouter son message.
Née à Lyon, Simone Bertière est agrégée de lettres classiques. Elle a enseigné le français et le grec dans les classes préparatoires, au lycée de jeunes filles de Bordeaux, puis la littérature comparée à l'université de Bordeaux III et à l'École normale supérieure de jeunes filles. Elle est l'auteur d'une série d'ouvrages consacrés aux reines de France et d'une récente biographie de Mazarin. Elle a également présenté la trilogie de Dumas, Les Trois Mousquetaires, Vingt ans après et Le Vicomte de Bragelonne.
Ce livre, étayé par de nombreux documents et témoignages inédits, raconte la tragédie d'Allemands, d'origine juive, à des degrés divers, incorporés dans la Wehrmacht hitlérienne pour des durées et dans des conditions variables. Ces hommes acceptèrent de servir leurs pires ennemis pour des raisons diverses, parfois dans l'espoir de protéger leur famille, souvent par patriotisme inébranlable. On estime leur nombre entre 120 000 et 160 000. Certains d'entre eux atteignirent des grades élevés : feld-maréchal, amiral, général, et se virent décerner des décorations prestigieuses. Mais il leur fallut toujours obtenir l'autorisation personnelle du Führer de verser leur sang " indigne " pour la défense du Reich. On découvrira des aspects insolites du régime nazi, on sera surpris de l'attitude humaine de beaucoup d'Allemands " aryens " envers leurs infortunés compatriotes, on s'étonnera que jusqu'à la fin de la guerre, aux heures les plus graves, Hitler perdît un temps précieux à l'étude des dossiers de candidats à l'aryanisation, une preuve supplémentaire de ses obsessions antisémites, s'il en fallait.
Héritière d'une richissime famille juive américaine, Peggy Guggenheim (1898-1979) a rassemblé une des plus belles collections au monde d'art moderne. Excentrique, anticonformiste, libertine, Peggy Guggenheim éprouve un goût effréné pour l'art et les artistes. Après-guerre, sur les conseils d'André Breton, elle expose à Londres Kandinsky, Calder ou Brancusi. Venue à Paris, elle achète un tableau par jour, aide Giacometti et Picasso, puis elle part à New York où elle épouse Max Ernst. En 1942, sa galerie Art of this Century révèle au public les surréalistes européens et la jeune avant-garde américaine ? Jackson Pollock, Mark Rothko. En 1949, installée à Venise, au bord du Grand Canal, dans un palais du XVIIIe siècle, elle expose une somptueuse collection que le monde entier admire encore aujourd'hui.
Mêlant récit romanesque et enquête historique, chaque auteur raconte l'histoire d'un tableau célèbre : Bal du moulin de la Galette. Paris, un dimanche de fin de printemps 1876. Auguste Renoir plante son chevalet au moulin de la Galette pour immortaliser l'ambiance insouciante de cette guinguette sur la butte de Montmartre. La bohème parisienne se retrouve pour danser, manger et boire en toute insouciance. Amis du peintre, modèles, artistes et habitués du lieu poseront pour lui sur plusieurs semaines. Cette oeuvre présentée pour la première fois lors de la troisième exposition impressionniste en avril 1877 sera incomprise et parfois moquée par une presse hostile à cette peinture d'un genre nouveau. Pourtant, Georges Rivière, critique d'art, écrira à son sujet : "C'est un véritable témoignage historique, un précieux monument représentant la vie parisienne avec une rigoureuse exactitude." A travers celles et ceux qui ont côtoyé l'artiste, le roman raconte l'histoire de cette oeuvre et de Renoir, peintre de la figure humaine et du bonheur de vivre, qui réussit avec sa palette de couleurs un jeu de lumière et d'ombres remarquable. Une représentation poétique du plaisir d'être ensemble, figé pour l'éternité dans ce tableau iconique, chef-d'oeuvre des débuts de l'impressionnisme.
En 1985, Marc Chagall, le dernier patriarche de la Côte d'Azur après Matisse et Picasso, s'éteignait à Saint-Paul-de-Vence dans sa quatre-vingt-dix-huitième année. L'Ecole de Paris peut s'enorgueillir d'avoir permis à nombre d'artistes étrangers de s'épanouir en son sein : Chagall en est l'un des pionniers les plus singuliers. "Ivre d'images", disait Malraux, qui lui avait commandé le plafond de l'Opéra de Paris. Celui qui a peint l'univers du "shtetl" juif à Vitebsk, mais aussi ses rêves, ses amours, le monde du cirque, et le message universel de la Bible, demeure aujourd'hui le conteur merveilleux d'une poétique universelle et intemporelle, fondée sur l'image canonique de Dieu et des hommes. Daniel Marchesseau retrace les itinéraires de ce Russe, déraciné à deux reprises, monté aujourd'hui au firmament, dans ces cieux qu'il a, durant sa longue vie, su peindre et enluminer.