Cahiers de Littérature Orale Hors-série : Oralités contestataires
Belmont Nicole ; Leguy Cécile ; Bornand Sandra
INALCO PRESSES
20,00 €
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EAN :9782858313501
Si la parole est l'arme des puissants, elle peut être aussi l'arme des faibles, une liberté conquise plus qu'acquise souvent. Contre le silence imposé et subi. La parole publique a ainsi sa performativité propre, surtout quand l'ingéniosité pour se faire entendre déborde les cadres qui ordinairement la contrôlent et la contraignent. Cette voix contestataire est une oralité au plein sens du terme : une oralité poétique, une oralité chantée, une oralité tambourinée, une oralité dansée, une oralité murmurée, une oralité criée. Une choralité politique. Ces oralités contestataires requièrent souvent courage et astuce, imagination et détermination. Les textes rassemblés dans ce florilège — un bouquet avec ses piquants... — ont été composés dans des contextes et des époques différents, mais tous ont pour objectif de mettre en valeur une contestation, lyrique ou humoristique, festive ou plus directement politique, collective ou solitaire, mais toujours pour le bien commun. Et souvent contestation portée par des voix de femmes, ni bavardes ni muettes... Ces moments d'oralités contestataires ont été choisis parce qu'ils raisonnent/résonnent de façon forte avec la situation actuellement vécue par le monde de l'enseignement supérieur et de la recherche française, et plus largement sans doute avec la société française bousculée dans son système social, modèle évidemment imparfait mais précieux.
Nombre de pages
183
Date de parution
13/08/2020
Poids
298g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782858313501
Titre
Cahiers de Littérature Orale Hors-série : Oralités contestataires
Auteur
Belmont Nicole ; Leguy Cécile ; Bornand Sandra
Editeur
INALCO PRESSES
Largeur
160
Poids
298
Date de parution
20200813
Nombre de pages
183,00 €
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Cet ouvrage se propose de faire découvrir au lecteur la beauté et la vigueur expressive des contes traditionnels, transmis de bouche à oreille et de génération en génération. Leur richesse a été occultée en France par le recueil de Charles Perrault, oeuvre littéraire tellement réussie qu'elle a laissé croire à son exhaustivité. Il existe pourtant un patrimoine méconnu, fait de milliers de récits plus attachants les uns que les autres dont la séduction provient du sentiment que la forme apparemment simple, voire naïve, dissimule des significations et des vérités qui nous touchent très profondément.
Les contes de transmission orale cachent beaucoup de poésie sous leur apparente naïveté, grâce à quoi ils nous séduisent encore et toujours. De Barbe bleue à La petite fille qui cherche ses frères, du vrai Poucet à La fille bannie, cet ouvrage tente de découvrir en quoi cette poésie consiste et par quels moyens elle s'exprime. Pour l'essentiel elle est faite d'images et de mises en scène proposées par le conteur au fil du récit, à la fois familières et étranges. Oniriques en quelque façon, elles sont prises dans le tissu narratif qui déroule l'itinéraire du héros ou de l'héroïne, lui-même semblable à ce " Petit-Poucet rêveur " qui est pour Arthur Rimbaud le poète lui-même. Sont pris en considération dans ces passages à l'écrit le poids que fait peser le recueil de Perrault sur le corpus français et l'infléchissement des contes vers l'enfance à partir du recueil des frères Grimm. Est également posée la question du programme nécessairement optimiste du conte ? " c'est un vrai conte de fées " ? lorsque l'on trouve dans le corpus traditionnel quelques versions " ratées " de ce point de vue : comme un retournement en " anti-conte ". Toutes ces questions renvoient au problème de la création littéraire et de sa transmission en dehors de l'écrit, revendiquant pour cette littérature dite orale le statut d'oeuvre à part entière qui lui est déniée, parfois avec véhémence.
Sorcières, loups-garous et autres croque-mitaines n'ont cessé, au cours des siècles, de faire peur aux enfants. Ces peurs magiques, délicieuses, salutaires nous introduisent dans l'univers du rêve et de l'inconscient. L'auteur s'interroge sur ces êtres fantastiques avec lesquels on effraie les enfants, et qui témoignent d'un imaginaire étonnant.
Un numéro qui illustre la manière dont culture, médias et recherche scientifique maintiennent vivantes les langues minoritaires. Ce numéro met en lumière la diversité finno-ougrienne et, tout particulièrement, les langues minoritaires. La revitalisation du meänkieli (Suède), la longue histoire de la presse en same d'Inari (Finlande) et l'évolution du journalisme ethnique oudmourte illustrent comment les locuteurs d'une langue la font vivre et la renouvelle. Le patrimoine culturel est exploré sous trois angles : la littérature (estonienne et oudmourte), les lieux de conservation (archives du cinéaste Erik Blomberg et Musée ethnographique hongrois) et le savoir-faire traditionnel (fabrication de pirogues). Enfin, ce volume présente des analyses linguistiques et sociolinguistiques approfondies, portant en majorité sur la langue hongroise. Comme à l'accoutumée, il se clôt sur une série fournie de comptes rendus, de chroniques de colloques et d'hommages aux figures récemment disparues du domaine.
Comment la prison a été imposée aux populations autochtones puis développée en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie française des débuts de la colonisation jusqu'à la dernière décennie du XXe siècle. Alors que depuis 40 ans la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française font régulièrement irruption dans l'actualité pour leurs conditions de détention déplorables, l'emprisonnement des colonisés a fait l'objet de peu de travaux, une lacune à laquelle remédie l'ouvrage de Marie Salaün et de Christine Salomon. A partir d'une collecte minutieuse de sources d'archives dispersées et d'enquêtes de terrain fouillées, les autrices mettent en lumière la transition d'un système carcéral issu de la conquête coloniale vers une institution adaptée aux nouveaux cadres politiques, sociaux et moraux instaurés par la République à partir des années 1950. L'ouvrage examine aussi la contestation de l'ordre colonial au sein des prisons dès les années 1970, à travers les protestations contre les essais nucléaires et les revendications indépendantistes, jusqu'au transfert de la compétence pénitentiaire à l'Etat à la fin du XXe siècle. Marie Salaün est anthropologue, professeure à l'université Paris Cité, chercheure à l'URMIS. Ses travaux interrogent le mot d'ordre de " décolonisation " et la notion de " legs colonial " dans le Pacifique insulaire. Christine Salomon est anthropologue. Ses recherches sur les transformations des rapports sociaux de sexe et leur articulation avec les changements politiques en Nouvelle-Calédonie l'ont amenée à s'intéresser à différentes facettes des relations des Kanak avec les institutions, notamment judiciaire.
Afin de comprendre ce qu'implique l'acte de traduire, il convient de déconstruire le processus dans tous ses états, car il s'avère essentiellement pluriel. Où traduit-on ? Les champs de l'édition, de la critique et de l'université se disputent une autorité qu'ils refusent aux traducteurs, priés de faire preuve de modestie et de rester transparents. Qui traduit quand on traduit ? Les acteurs de la traduction sont étrangement nombreux, qui interviennent non seulement sur le paratexte, mais dans le texte lui-même. Des conceptions obsolètes de la langue et de l'Ainsi Nommée Littérature imposent des choix qui concourent trop souvent à l'annexion de l'original. Que traduit-on quand on traduit ? Il est temps de dégager le traduire des déterminations linguistiques pour considérer l'objet à traduire dans tous ses états : texte, livre, marchandise. Une fois défini le "traduire" comme une opération fondamentalement littéraire, il convient de définir des méthodologies pour procéder à un transfert de socialité dans une opération unique. A chaque trace, indice et valeur doit correspondre dans le texte traduit une trace, un indice, une valeur. Y compris ce que révèlent les rythmes, la matérialité, l'histoire des Ainsi Nommées Littératures, trop souvent gommés.