Janvier nous raconte l'indicible, l'amour forcé qui violente l'être au plus profond, l'amour sollicité de son père, Augustin, revenu de captivité. Il dit l'invraisemblable goût qu'il prend au corps flétri de son père. Il raconte aussi sa mère, Pascaline, qui faillit être tondue en 1945, qui aime les femmes par dégoût des hommes estropiés dont elle nettoie les sanies depuis son plus jeune âge. Janvier qui raconte est un silencieux. Son silence est celui de l'enfance détournée. Il garde dans sa mémoire le souvenir de l'ancien, le grand-père, pépé Basile le menuisier qui sent bon le bois travaillé. L'"Ancien", c'est ce que deviendra Augustin, le père, quand toutes hontes bues, il se heurtera au refus du fils violé. A sa parution, le premier livre de Belloc, Néons, fut un événement. En deux pages dans Libération, Marguerite Duras exprima son admiration devant ce texte terrible, une sorte de chant funèbre. Avec L'Ancien, une histoire d'inceste, de haine et de mort, Belloc secoue les indifférents.
Nombre de pages
166
Date de parution
10/08/1993
Poids
180g
Largeur
130mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782080669728
Titre
L'Ancien
Auteur
Belloc Denis
Editeur
FLAMMARION
Largeur
130
Poids
180
Date de parution
19930810
Nombre de pages
166,00 €
Disponibilité
Epuisé
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Il y a d'abord Nazaire, au regard gris, charbonnier à Laleu, banlieue ouvrière de La Rochelle. Un homme pur. Il y a Mariette, dite l'Andalouse, à cause de ses cheveux et de ses yeux noirs. Acharnée à détruire. Et Suzanne enfin, leur fille de quatre ans. Suzanne épouse Lucien, juste après la guerre. Elle a seize ans. Il l'appelle " Ma Suz ". Pour horizon, une pièce avec fenêtre au plafond couleur d'anthracite. Une petite chambre avec lucarne. Ils y élèvent le frère et la s'ur de Suz et bientôt deux enfants. La misère. Lucien boit. La violence. Elle l'aime. Lui aussi, follement. " Suz, ma Suz... ", tout entière acharnée à construire.
Qu'est-ce que la nostalgie sinon une mélancolie humaine rendue possible par la conscience de quelque chose d'autre, d'un ailleurs, d'un contraste entre passé et présent ? Et cette nostalgie n'est-elle pas aussi provoquée essentiellement par l'irréversibilité du temps ? Car on ne saurait remonter le cours du temps, tel est l'obstacle insurmontable qu'il oppose à nos entreprises. C'est notre impuissance devant cette impossibilité qui fait toute l'amertume de la nostalgie et l'absurdité des chimères du rajeunissement. La nostalgie n'est pas le mal du retour : on peut toujours revenir à son point de départ, à son lieu natal (l'espace se prête docilement à toutes nos allées et venues) mais il est impossible de redevenir celui qu'on était au moment du départ. Mais si le temps s'oppose irréductiblement à la rétrogradation il ouvre devant nous une carrière infinie à la liberté. L'homme peut s'ouvrir à l'idée du futur et confirmer ce que le temps affirme. Se servant d'exemples tirés de la vie quotidienne aussi bien que d'oeuvres poétiques, philosophiques ou musicales, Vladimir Jankélévitch démontre en fin de compte que l'irréversible n'admet qu'un seul remède : le consentement joyeux de l'homme à l'avenir, au futur.