Démocratie et mutations culturelles en Afrique Noire
Bekale Marc Mvé
L'HARMATTAN
13,00 €
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EAN :9782747586559
Le présent ouvrage comprend trois grands axes. Le premier examine le lien entre l'activité magique et l'activité politique en Afrique Noire. Mettant en lumière la " matrice morale " de cette aire culturelle, il montre comment la prédominance du discours magique dans la sphère publique nuit à l'émergence des États démocratiques viables. L'abandon de certains schémas de pensée, nécessaire à la bonne gouvernance, passe alors par le renouvellement du débat autour de la question controversée de l'universalité ou de la relativité des valeurs démocratiques. Le but ici est de saisir l'incidence des archétypes culturels dans le processus de consolidation des jeunes démocraties africaines. La dernière partie est consacrée à la question du rapport entre l'exploitation pétrolière et la renaissance économique africaine. Loin d'une fatalité, le pétrole reste toujours une planche de salut pour nombre de pays, pourvu que sa gestion s'accompagne d'une profonde réforme des institutions politiques.
Nombre de pages
117
Date de parution
01/07/2005
Poids
138g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782747586559
Titre
Démocratie et mutations culturelles en Afrique Noire
ISBN
2747586553
Auteur
Bekale Marc Mvé
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
138
Date de parution
20050701
Nombre de pages
117,00 €
Disponibilité
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Au moment où les pays arabo-musulmans opèrent une mue grâce à des révolutions démocratiques, l'Afrique centrale, quant à elle, s'enlise dans des successions dynastiques. Les autocrates d'hier ne se sentent pas menacés. Les fils d'anciens despotes, délégitimés par les populations, sont légitimés par la communauté internationale qui refuse de voir dans ces nouveaux régimes politiques l'expression insidieuse du "pouvoir voyou". Le Gabon en est un exemple flagrant. Depuis 1990, ce pays est le théâtre de coups d'Etat électoraux. Arrivé au pouvoir grâce à une parodie électorale, Ali Ben Bongo a mis en place la stratégie politique de l'anaconda, qui avait déjà bien réussi à son père. Elle consiste à étouffer les voix discordantes, à se servir des forces armées pour consolider sa mainmise sur le pays, à verrouiller l'appareil de l'Etat ainsi que les institutions dites républicaines, à refuser au peuple gabonais le libre choix de ses dirigeants politiques, mécanisme de contrôle du pouvoir pourtant nécessaire à la bonne gouvernance et au développement économique. L'émergence reste pour l'instant un mantra creux. Comment y croire au sein d'un Etat régi par l'arbitraire, contrôlé à tous les étages par un seul parti politique (le PDG) et un Ali Ben Bongo issu d'une tradition politique profondément corrompue ? Résister à un tel régime n'est pas l'affaire d'un jour. D'une échéance électorale. De quelques manifestations ponctuelles et sporadiques souvent réprimées. Le refus de tout ordre politique illégitime procède d'une position morale et philosophique. Il s'agit d'un Etat d'esprit. Il est affirmation de son être-au-monde. Jusqu'au triomphe de l'ordre juste. Légitime. Mais ce nouvel ordre ne viendra pas de lui-même. Il devra être arraché par la lutte. L'émergence véritable du Gabon apparaît alors consubstantielle à la violence.
Cette étude fait découvrir la pensée esthétique de Senghor, pour en dégager les principaux paradigmes et montrer leurs ramifications à travers les Amériques, où ils ont favorisé la naissance d'un "monde créolisé", fait d'ancestralités complexes, de "généalogies kafkaïennes", qui s'applique à briser les mythes et à instaurer un nouveau dialogue universel.
Loin de s'apparenter à une simple démarche " folklorique ", seule soucieuse de l'apparence et de la surface, cette étude à la fois historique, sociologique, mythologique et formelle entraîne le lecteur dans une plongée en forme de voyage initiatique à l'intérieur d'une culture fang captée à la fois dans sa complexité et son ambiguïté.
La démocratie gabonaise est-elle en progression ou en régression ? Telle est la principale question à laquelle tente de répondre cet ouvrage en montrant que l'enlisement de la transition démocratique au Gabon est d'abord à rechercher dans des institutions politiques qui ont installé le pays dans le statut hybride de "postcolonie". L'auteur aborde également la question de la pauvreté sous l'angle d'une idéologie nihiliste que donne à voir l'existence des bidonvilles sordides dans "l'émirat pétrolier" d'Afrique centrale.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...