La discipline que j'ai à l'esprit est un rameau de la sociologie empirique, qui s'intéresse à l'organisation des activités, au développement et au maintien des traditions, à la formation des acteurs, aux mécanismes de distribution, au public et à ses goûts. Pour ce type de sociologie, l'art est fondamentalement quelque chose que les gens font ensemble. Les sociologues qui travaillent selon ces principes ne cherchent guère à " décoder " les ?uvres d'art, ou à faire ressortir le sens caché de l'?uvre en le présentant comme un miroir de la société. Ils préfèrent la considérer comme la résultante du travail convergent de nombre de personnes. L'autre type de sociologie, plus traditionnelle, s'intéresse à l'?uvre de grands génies qui travaillent plus ou moins de manière isolée - de grands écrivains ou des compositeurs majeurs - alors que celle-ci évoque davantage ce qui se fait dans les arts collectifs, comme le cinéma, où il n'est pas toujours facile de savoir à qui on doit tel ou tel effet, ou qui en est responsable. Cette sociologie s'intéresse moins aux génies et aux ?uvres d'exception, et davantage à ceux qui accompagnent le projet et font les basses tâches et sans qui bien entendu, presque rien ne se fait dans le domaine de l'art. (Extrait de la lettre à Charles Seeger)
Nombre de pages
217
Date de parution
03/05/2000
Poids
276g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782738485342
Titre
Propos sur l'art
ISBN
2738485340
Auteur
Becker Howard
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
276
Date de parution
20000503
Nombre de pages
217,00 €
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Ce livre compte parmi les contributions les plus originales au développement contemporain de la sociologie de l'art. Le propos de Becker est d'analyser la production de toute œuvre comme une action collective, qu'il s'agisse des arts plastiques, de la musique, de la photographie, du cinéma ou de la littérature. L'artiste est au centre d'une chaîne de coopération liant tous ceux qui, à des titres divers, concourent à l'existence de l'œuvre. Il se réfère à des créateurs du passé ou de son temps ; il mobilise des fabricants de matériel, des collaborateurs, des intermédiaires diffusant l'œuvre, des critiques et des théoriciens, des fonctionnaires pour soutenir ou censurer l'activité créatrice, des publics contemporains ou à venir. Tous agissent sur la base de conventions qui leur sont communes et qui s'incarnent dans des savoirs, des techniques, des habitudes de travail, des catégories de perception. Les faits et les valeurs constitutifs de la réalité de l'art sont le produit de cette action collective : ils changent graduellement ou radicalement, comme se modifient les réseaux et les conventions dont ils émanent. L'œuvre apparaît ainsi dans le mouvement de sa genèse matérielle et cognitive : elle est empreinte des multiples décisions et interprétations qui font du " monde de l'art " tout entier son " auteur ". La définition de l'art et de ses limites est historiquement arbitraire. Les réputations des artistes se forment à partir de consensus provisoires et révisables. Les révolutions artistiques qui s'imposent sont des mobilisations réussies.
Howard S. Becker s'est fait connaître dans le monde entier comme le sociologue d'Outsiders et des Mondes de l'art. D'autres ouvrages, comme Doing Things Together, Les ficelles du métier, ou Propos sur l'art, ont permis à ses lecteurs de pénétrer plus avant dans la perspective intellectuelle originale qui est la sienne et qu'il a élaborée dans la continuité de la tradition sociologique de Chicago. Aucun de ses lecteurs, qu'il soit sociologue lui-même ou non, ne peut ignorer qu'Howard S. Becker a été musicien professionnel, participant, au piano, à de nombreuses formations de jazz. Pourtant aucun d'entre eux ne l'avait encore entendu jouer de la musique. La publication de ce livre-disque vient combler cette lacune et permet, tout en présentant ses réflexions les plus récentes en matière de sociologie de l'art, de recoller les deux facettes de la personnalité professionnelle d'Howard S. Becker.
S'appuyant sur une longue expérience de chercheur et d'enseignant, Becker propose dans son dernier livre à un public d'étudiants, de professeurs et de chercheurs des façons de penser la réalité sociale pour la saisir et l'étudier. Loin d'enfermer le lecteur dans un moule, Becker montre à travers des cas précis comment réfléchir aux diverses étapes de la recherche en mesurant les conséquences des choix que nous faisons. Quelle représentation d'un phénomène social avons-nous empruntée ? Comment concilier l'étude d'un cas particulier et la nécessité de généraliser ? Où trouver nos concepts pour organiser nos données ? Quelles ressources la logique nous fournit-elle pour mesurer les implications de nos découvertes ? A ces problèmes, Becker propose des solutions pratiques exprimées en un style simple et vivant. Pour cela, il s'appuie sur différentes disciplines (anthropologie, histoire, ethnomusicologie, sociologie, études urbaines, photographie, littérature, etc.) et sur une multitude d'exemples de la vie sociale (l'usage des opiacés, la délinquance des cols blancs, le choix des acteurs pour monter une pièce, les collections d'art, la grève d'ouvriers anglais, la perception des malades par des étudiants en médecine, le décor de la maison de paysans blancs du sud des Etats-Unis, les présupposés du racisme...). Ainsi ce livre apportera une aide aussi bien à celui qui lit un ouvrage de sciences sociales qu'à celui qui procède à une interview ou prend des notes d'observation ou à ceux qui veulent élargir une recherche sur l'éducation à des formes peu institutionnalisées de l'enseignement.
Il existe un moment commun, dans certaines manières de faire de la sociologie ou de l'art, où les pratiques se recoupent. dans notre réflexion consistant à re-décrire les sciences sociales et les arts non plus en tant que disciplines constituées, mais en tant qu'ensembles de pratiques à inventer, bricoler, le découpage entre arts et sciences est alors peut-être à rejouer, des frontières peuvent se déplacer. " Ce cahier rassemble 32 exercices - instruments pour se former à l'observation sociologique autant qu'instructions de performance - proposés par Howard S. Becker et discutés avec Franck Leibovici, pour mettre en oeuvre ces pratiques communes. Tous niveaux.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...