Ce livre compte parmi les contributions les plus originales au développement contemporain de la sociologie de l'art. Le propos de Becker est d'analyser la production de toute œuvre comme une action collective, qu'il s'agisse des arts plastiques, de la musique, de la photographie, du cinéma ou de la littérature. L'artiste est au centre d'une chaîne de coopération liant tous ceux qui, à des titres divers, concourent à l'existence de l'œuvre. Il se réfère à des créateurs du passé ou de son temps ; il mobilise des fabricants de matériel, des collaborateurs, des intermédiaires diffusant l'œuvre, des critiques et des théoriciens, des fonctionnaires pour soutenir ou censurer l'activité créatrice, des publics contemporains ou à venir. Tous agissent sur la base de conventions qui leur sont communes et qui s'incarnent dans des savoirs, des techniques, des habitudes de travail, des catégories de perception. Les faits et les valeurs constitutifs de la réalité de l'art sont le produit de cette action collective : ils changent graduellement ou radicalement, comme se modifient les réseaux et les conventions dont ils émanent. L'œuvre apparaît ainsi dans le mouvement de sa genèse matérielle et cognitive : elle est empreinte des multiples décisions et interprétations qui font du " monde de l'art " tout entier son " auteur ". La définition de l'art et de ses limites est historiquement arbitraire. Les réputations des artistes se forment à partir de consensus provisoires et révisables. Les révolutions artistiques qui s'imposent sont des mobilisations réussies.
Nombre de pages
380
Date de parution
08/01/1992
Poids
715g
Largeur
152mm
Plus d'informations
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EAN
9782080128010
Titre
Les mondes de l'art
Auteur
Becker Howard
Editeur
FLAMMARION
Largeur
152
Poids
715
Date de parution
19920108
Nombre de pages
380,00 €
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Howard S. Becker s'est fait connaître dans le monde entier comme le sociologue d'Outsiders et des Mondes de l'art. D'autres ouvrages, comme Doing Things Together, Les ficelles du métier, ou Propos sur l'art, ont permis à ses lecteurs de pénétrer plus avant dans la perspective intellectuelle originale qui est la sienne et qu'il a élaborée dans la continuité de la tradition sociologique de Chicago. Aucun de ses lecteurs, qu'il soit sociologue lui-même ou non, ne peut ignorer qu'Howard S. Becker a été musicien professionnel, participant, au piano, à de nombreuses formations de jazz. Pourtant aucun d'entre eux ne l'avait encore entendu jouer de la musique. La publication de ce livre-disque vient combler cette lacune et permet, tout en présentant ses réflexions les plus récentes en matière de sociologie de l'art, de recoller les deux facettes de la personnalité professionnelle d'Howard S. Becker.
Résumé : La discipline que j'ai à l'esprit est un rameau de la sociologie empirique, qui s'intéresse à l'organisation des activités, au développement et au maintien des traditions, à la formation des acteurs, aux mécanismes de distribution, au public et à ses goûts. Pour ce type de sociologie, l'art est fondamentalement quelque chose que les gens font ensemble. Les sociologues qui travaillent selon ces principes ne cherchent guère à " décoder " les ?uvres d'art, ou à faire ressortir le sens caché de l'?uvre en le présentant comme un miroir de la société. Ils préfèrent la considérer comme la résultante du travail convergent de nombre de personnes. L'autre type de sociologie, plus traditionnelle, s'intéresse à l'?uvre de grands génies qui travaillent plus ou moins de manière isolée - de grands écrivains ou des compositeurs majeurs - alors que celle-ci évoque davantage ce qui se fait dans les arts collectifs, comme le cinéma, où il n'est pas toujours facile de savoir à qui on doit tel ou tel effet, ou qui en est responsable. Cette sociologie s'intéresse moins aux génies et aux ?uvres d'exception, et davantage à ceux qui accompagnent le projet et font les basses tâches et sans qui bien entendu, presque rien ne se fait dans le domaine de l'art. (Extrait de la lettre à Charles Seeger)
S'appuyant sur une longue expérience de chercheur et d'enseignant, Becker propose dans son dernier livre à un public d'étudiants, de professeurs et de chercheurs des façons de penser la réalité sociale pour la saisir et l'étudier. Loin d'enfermer le lecteur dans un moule, Becker montre à travers des cas précis comment réfléchir aux diverses étapes de la recherche en mesurant les conséquences des choix que nous faisons. Quelle représentation d'un phénomène social avons-nous empruntée ? Comment concilier l'étude d'un cas particulier et la nécessité de généraliser ? Où trouver nos concepts pour organiser nos données ? Quelles ressources la logique nous fournit-elle pour mesurer les implications de nos découvertes ? A ces problèmes, Becker propose des solutions pratiques exprimées en un style simple et vivant. Pour cela, il s'appuie sur différentes disciplines (anthropologie, histoire, ethnomusicologie, sociologie, études urbaines, photographie, littérature, etc.) et sur une multitude d'exemples de la vie sociale (l'usage des opiacés, la délinquance des cols blancs, le choix des acteurs pour monter une pièce, les collections d'art, la grève d'ouvriers anglais, la perception des malades par des étudiants en médecine, le décor de la maison de paysans blancs du sud des Etats-Unis, les présupposés du racisme...). Ainsi ce livre apportera une aide aussi bien à celui qui lit un ouvrage de sciences sociales qu'à celui qui procède à une interview ou prend des notes d'observation ou à ceux qui veulent élargir une recherche sur l'éducation à des formes peu institutionnalisées de l'enseignement.
Becker Howard S. ; Merllié-Young Christine ; Merll
Après de nombreuses années de pratique du métier, Howard S. Becker livre, avec le style qui a fait son succès, les leçons tirées de son expérience de sociologue. Empiriques au même titre que les sciences de la nature, les sciences sociales ne progressent que par la qualité de l'articulation entre des " idées " (ou théories) et des " données ", toujours produites par des procédés de fabrication à analyser. La distinction, qui structure la profession, entre recherches " qualitatives " et " quantitatives " ne change rien à l'exigence de fournir des " preuves " solides, capables de résister au doute pour convaincre collègues et adversaires. La nécessité d'une analyse critique des données est ici démontrée à la lumière d'une gamme étendue de recherches, des plus collectives et objectivantes, comme les recensements de la population, aux plus personnelles, comme les observations ethnologiques, en passant par toutes les formes intermédiaires de la division du travail entre concepteurs des recherches et personnes chargées de la collecte des données. Cette ré? exion sur les conditions pratiques de l'observation s'adresse aussi bien aux professionnels des enquêtes, aux chercheurs en sciences sociales qu'à l'étudiant devant réaliser son premier mémoire de recherche.