Atlas de la Révolution française. Tome 10, Economie
Béaur Gérard ; Laclau Alexandra ; Minard Philippe
EHESS
18,00 €
Epuisé
EAN :9782713212321
Libération ou catastrophe ? La question des effets économiques de la Révolution a fait couler beaucoup d'encre ; et le bilan, lesté d'une forte charge idéologique, contrasté et ambigu, n'est pas aisé à établir. D'un côté, les défenseurs d'une Révolution émancipatrice soulignent les carences, tares et vices d'un Ancien Régime dont les structures entravaient le progrès économique : " Il fallait briser ces chaînes. On les brisa. " Nécessité passablement téléologique, qui fait de la Révolution la transition presque obligée " du féodalisme au capitalisme ". Mais de quel type de capitalisme parle-t-on ? Et à trop vouloir célébrer les effets durables du déverrouillage, ne risque-t-on pas de passer facilement aux pertes et profits des perturbations conjoncturelles durement subies par les contemporains ? De l'autre côté, les pourfendeurs de la " catastrophe nationale " ont beau jeu d'insister sur la saignée démographique, la ruine des ports atlantiques, le ralentissement de la production manufacturière, et les déboires d'une agriculture en apnée. Mais prétendre de la sorte évaluer le " coût " de la Révolution, c'est s'obstiner à n'y apercevoir qu'un phénomène exogène, c'est oublier qu'elle a aussi des causes économiques et n'est pas sortie tout armée de l'esprit pervers de quelques apprentis sorciers. Sans ignorer le danger permanent d'instrumentalisation et le piège d'enjeux de mémoire toujours vifs, on a voulu ici dégager l'histoire économique de la Révolution de cette guerre de tranchées inexpiable. Rassembler toutes les pièces du dossier, donner à voir les résultats des dernières recherches : tel est l'objectif de ce travail, qui plaide ainsi pour une histoire sereine, non pas faussement apaisée ni mollement consensuelle mais dépourvue d'arrière-pensées, susceptible à la fois de mobiliser l'énergie des historiens et l'attention des citoyens.
Nombre de pages
125
Date de parution
12/12/1997
Poids
520g
Largeur
210mm
Plus d'informations
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EAN
9782713212321
Titre
Atlas de la Révolution française. Tome 10, Economie
Auteur
Béaur Gérard ; Laclau Alexandra ; Minard Philippe
Editeur
EHESS
Largeur
210
Poids
520
Date de parution
19971212
Nombre de pages
125,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Ce livre rassemble, parmi d'autres, les contributions de Pierre Goubert, Jean Jacquart, Georges Lefebvre, Emmanuel Le Roy Ladurie, Robert Allen, Robert Bfrenner, Mark Overton. Sur le monde paysan et la Révolution agricole en France et en Grande-Bretagne aux XVIIe et XVIIIe siècles. Il s'ouvre sur une présentation de Gérard Béaur, directeur de recherches au CNRS. L'Histoire en revue propose des recueils d'articles de revues françaises et étrangères autour d'une grande question d'histoire. Choisis pour leur qualité de synthèse, leur clarté et la force de leur démonstration, des articles signés par les meilleurs auteurs permettent ainsi de faire le point des connaissances, en restituant les grands débats qui font de l'histoire une science vivante et critique.
L'Histoire agraire de la France au XVIIIe siècle retrace l'évolution économique et sociale des campagnes françaises, pendant un long XVIIIe siècle qui s'étend de la fin du règne de Louis XIV jusqu'en 1815. Elle prête une attention prioritaire à ce qui change mais aussi aux pesanteurs et aux permanences qui freinent les transformations du monde rural à la fin de l'ère préindustrielle. L'histoire des sociétés rurales en France au XVIIIe siècle a alimenté une foule de travaux, suscité quantité de polémiques, justifié une avalanche d'interprétations plus ou moins contradictoires. Les historiens se sont interrogés sur la portée des mutations intervenues dans les campagnes pendant le dernier siècle de l'Ancien Régime, sur la capacité des réformes institutionnelles introduites par la Révolution à transformer les réalités économiques, sur l'impact d'un quart de siècle de troubles et de guerres su l'économie agraire. Cet ouvrage se présente comme une lecture transversale des travaux classiques qui ont renouvelé la connaissance de cette question, mais il entend également délimiter les zones d'indécision qui subsistent et faire le point sur les débats et les controverses actuels. Il permet de nuancer, modifier, reconfigurer la conception de l'économie rurale et de la société paysanne de la fin de l'époque moderne. L'Histoire agraire de la France au XVIIIe siècle est destinée à tous ceux qui souhaitent mieux comprendre les sociétés paysannes telles que l'Ancien Régime les a léguées et telles que la Révolution, puis l'Empire les ont transformées.
Marseille est un laboratoire privilégié. La crise actuelle de son modèle de développement économique est aussi celle de son territoire. Aussi la mise en cause de ses équilibres spatiaux appelait-elle tant une lecture historique de la genèse des structures urbaines qu'une lecture géographique des distributions sociales et spatiales d'aujourd'hui. C'est à cette double démarche que répond ce livre. D'une part, en analysant les dimensions synchroniques des activités économiques et démographiques inscrites dans une morphologie urbaine socialement structurée. D'autre part, en construisant le modèle génétique de l'articulation entre division sociale et trame matérielle de la ville : un modèle " libéral ", fruit de stratégies et de conduites, tôt établi au XIXe siècle, porteur d'effets de longue durée, et qu'échoue à altérer une haussmannisation manquée. L'interaction entre modes d'agir et formes urbaines, entre continuités et discontinuités temporelles, a fait de Marseille un cas d'école : division sociale, morphologie, croissance y sont étroitement liées, dans l'espace comme dans l'histoire. La ville se lit dans les principes tant de sa construction sociale que de sa division sociale. La première est le produit d'une création urbaine portée par des groupes, propriétaires, négociants, entrepreneurs immobiliers, animés par des projets mais aussi soumis à des contraintes, des compromis et des ratages. La seconde dessine des oppositions, entre équerre des beaux quartiers, de Longchamp au Prado, et faubourgs industriels, ville et port, nord et sud, avec la Canebière comme frontière, oppositions qui sont autant de composantes historiquement situées d'une structuration sociale du territoire, Dans un double refus du postulat écologique, pour qui la conduite des hommes est subordonnée à l'influence du milieu, et du postulat sociologiste, pour qui la société se projette simplement et immédiatement sur un sol quasiment vierge, l'ouvrage de Marcel Roncayolo est ainsi exemplaire pour les trois modèles qu'il propose, de genèse historique de la ville contemporaine, d'interprétation des relations entre territoire et société, et de mobilisation croisée des démarches de la géographie et de l'histoire.