Temps et pouvoir. Les calendriers anciens de Madagascar
Beaujard Philippe
HEMISPHERES
28,01 €
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EAN :9782377012077
Fondé en partie sur des observations astronomiques ou des phénomènes saisonniers, le calendrier est une institution sociale qui favorise une structuration du pouvoir et un contrôle social. Cet ouvrage novateur prolonge les travaux de J.-C. Hébert (1965, 1984) et J. Dez (1984). Il décrit les calendriers qui ont été utilisés à Madagascar et l'articulation des grands rituels en lien avec ceux-ci. La maîtrise du temps était inséparable de la figure de souverains sacrés ou divins qui s'appuyaient sur des calendriers élaborés sous la responsabilité de spécialistes à la fois devins et guérisseurs. L'adoption successive de différents calendriers nous informe sur l'histoire de l'île au confluent des courants d'échanges de l'océan Indien: se sont ainsi diffusés un calendrier sanskrito-javanais vers le XIIIe siècle, parallèlement à un nouveau modèle d'organisation monarchique, puis des calendriers zodiacaux à partir du XVe siècle, influencés par diverses régions du monde musulman ? côte swahili d'Afrique de l'Est et Asie du Sud-Est insulaire.Calendriers et rituels sont pleinement constitutifs de l'histoire des espaces sociaux et de leur identité culturelle. Le montre clairement la manière dont divers groupes ont récemment réinventé des rituels de nouvel an, en Imerina, ou développé des cérémonies qui affirment leur permanence et leur unité, qu'il s'agisse du bain des reliques royales sur la côte ouest, ou des fêtes collectives de circoncision dans le Sud-Est.
Nombre de pages
322
Date de parution
26/11/2024
Poids
703g
Largeur
158mm
Plus d'informations
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EAN
9782377012077
Titre
Temps et pouvoir. Les calendriers anciens de Madagascar
Auteur
Beaujard Philippe
Editeur
HEMISPHERES
Largeur
158
Poids
703
Date de parution
20241126
Nombre de pages
322,00 €
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Philippe Beaujard avait souligné le lien entre mythes (et contes), rituels et structure sociale dans son Mythe et société à Madagascar (1991), que le présent ouvrage vient compléter par la présentation et l'analyse d'autres textes recueillis par l'auteur en pays tanala, dans le sud-est de Madagascar. Enracinés dans l'espace social des " gens de la forêt " (Tanala) et son environnement, ces récits révèlent également des universaux. La parole du mythe ou du conte, expression de la pensée et de l'inconscient du conteur, reflète en même temps un système de représentations propre à la culture tanala et l'" inconscient collectif " de la société. L'analyse combine ainsi une approche psychanalytique et structuraliste avec une recherche de sens ancrée dans une connaissance intime de la société tanala et de son histoire. Elle révèle la complexité des héritages malgaches, résultant d'une histoire inscrite dans le cadre des échanges de l'océan Indien et marquée par l'influence de l'Europe.
Au début du XVIe siècle, des musulmans venus du nord-est de l'océan Indien et installés dans le sud-est de Madagascar, se constituent en aristocratie dans un royaume dit « antemoro ». À partir du religieux s'y élabore une société à castes unique dans l'espace malgache : ce royaume repose sur une hiérarchie de deux ensembles opposés dans le registre du pur et de l'impur : les nobles islamisés, détenteurs du pouvoir, dont la prééminence repose sur l'utilisation d'une écriture en caractères arabes et la possession de manuscrits à contenu magico-religieux et les roturiers autochtones et les serviteurs. Séparation des pouvoirs politique et religieux et existence d'un groupe de parias totalement rejetés caractérisent cette société. Par une « archéologie » du rituel, P. Beaujard s'attache à saisir les influences à l'oeuvre dans la construction de cet édifice politico-religieux, témoignage de la place singulière de Madagascar à la confluence de divers réseaux d'échanges de l'océan Indien.
Ingénieur agronome, ethnologue et historien. Il est directeur de recherche émérite au Centre National de la Recherche Scientifique, et membre du Centre d'Études des Mondes Africains (CEMAf ).
L'océan Indien s'est peu à peu construit comme l'espace central d'un système-monde afro-eurasien, par le biais d'échanges sur les routes maritimes " des épices ", elles-mêmes articulées aux " routes de la soie ". Ce système, dans lequel les échanges stimulent l'innovation et où la Chine joue un rôle moteur, se développe jusqu'au 16e siècle au fil de quatre cycles économiques. Ces derniers, qui s'accompagnent d'une croissance générale de la population, coïncident avec des évolutions politiques, sociales, religieuses, et semblent souvent refléter des transformations du climat. Si l'émergence de l'Europe au 15e siècle débouche sur l'irruption portugaise dans l'océan Indien en 1498, les économies de l'Asie surpassent encore largement - et pour longtemps - les économies européennes. Cette histoire de l'océan Indien replacé dans un cadre global conduit à une remise en cause de l'eurocentrisme de certaines recherches. Elle éclaire en outre la période ultérieure du système-monde capitaliste moderne, et invite à une réflexion sur les futurs possibles de ce système. Philippe BEAUJARD est ingénieur agronome, ethnologue et historien. Il est directeur de recherche émérite au Centre National de la Recherche Scientifique, et membre du Centre d'Études des Mondes Africains (CEMAf). Il a publié plusieurs ouvrages d'ethnologie et de linguistique consacrés à Madagascar. Il a en outre dirigé l'ouvrage Histoire globale, mondialisations et capitalisme, avec L. Berger et P. Norel (Paris, La Découverte, 2009).
Quel est le rôle joué par l'État dans la définition et la prise en compte de ce qui est religion et de ce qui ne l'est pas, en autorisant, officialisant, légalisant, mais aussi en régulant les rapports entre les différentes religions ? La ville et ses espaces publics constituent un théâtre majeur, une scène d'expression et de visibilité de ces processus politiques, mais aussi des conflits religieux. Or, la mondialisation agit sur les pratiques religieuses et les religions, qui ne cessent de se reconfigurer. C'est la « gestion » politique et économique de ces expressions contemporaines de religiosité, et les positionnements des États face à elles, notamment dans le cadre de la ville, que se proposent d'étudier les chercheurs ici réunis - non sans faire une place aux travaux consacrés aux croyants, en tant qu'acteurs sociaux, et aux modalités selon lesquelles ceux-ci expriment ou revendiquent leur droit à une égalité de traitement en tant que membre d'une communauté religieuse.
Arabie Heureuse pour les uns, royaume de tous les rigorismes pour les autres, il est au coeur de la Péninsule Arabique un territoire de sable, grand comme quatre fois la France, qui nourrit abondamment nos fantasmes. Cet ouvrage a pour ambition de redonner place à la raison, de dessiner une image plus précise, moins passionnelle, d'un pays excessivement méconnu. Pour nous y aider, voici un précieux vade-mecum d'analyses historiques, religieuses, sociologiques et politiques, fruit d'une décennie de travail, de réflexions et d'enquêtes de terrain, indispensables pour distinguer les « djihadistes » des « salafistes », les tribus bédouines des princes saoudiens, les fortunes et ambitions des uns et des autres et mieux comprendre les moeurs locales. Cette nouvelle édition est actualisée et enrichie des toutes les données économiques, sociales, politiques et culturelles disponibles en cette fin d'année 2019.''
Explicitant la philosophie et les critères de son approche, Zafrani écrit lui-même à ce sujet : "Nous nous sommes proposés, tout au long de nos études et de nos recherches, de réaliser à la fois une analyse raisonnée des situations et une synthèse équilibrée des phénomènes afin de servir la science et la conscience historique, la mémoire collective et un patrimoine culturel qui nous est cher, à mille égards. Cela, nous l'avons fait avec le projet d'une quête des lieux de dialogue, de rencontres des hommes et des idées, d'espaces de convergences entre cultures et civilisations qui sont autant d'espaces de fidélités, de liberté et d'universalisme." Haïm Zafrani, auteur notamment de Deux mille ans de vie juive au Maroc, Juifs du Maroc. Vie sociale, économique et religieuse. Etudes de taqanot et responsa, et de Juifs d'Andalousie et du Maghreb, a consacré toute son existence à ses recherches et à l'enseignement, en étant toujours soucieux de transmettre son savoir. Son engagement, en la matière, qui était une forme de militantisme, ne peut qu'inciter à la réflexion tous ceux qui se soucient aujourd'hui d'histoire, de culture, de patrimoine, de diversité, de paix et de fraternité en ces premières décennies du XXIe siècle. Une urgence d'autant plus vitale pour l'humanité que l'enracinement culturel est devenu un enjeu capital dans le monde ultra-connecté. L'on ne peut que saluer et se réjouir de l'initiative prise par Mustapha Saha de consacrer un ouvrage à ce "penseur de la diversité", et de présenter, avec sa belle plume et le sens de la formule qui le distingue, l'homme dont il était familier depuis fort longtemps, et une oeuvre féconde dont il a une connaissance intime et qu'il rappelle avec une remarquable précision. Mohammed Kenbib.
« Vais-je tenter de faire oeuvre d'historien ? Non ni moi, ni mes parents, ni mes grands-parents n'avons la moindre prétention à entrer dans l'Histoire, fut-ce par une petite porte. Et les seuls éléments concrets dont je dispose, c'est dans ma mémoire que je peux les trouver - hormis concernant ma vie professionnelle qu'emporté par mon élan, j'ai commencé à raconter, et pour laquelle je disposais de sources abondantes. C'est donc à partir de quelques connexions neuronales survivant dans un coin de mon cerveau que je peux chercher à faire un récit où apparaîtront mon entourage, mes proches et quelques reflets d'une époque à jamais disparue. Sans trier mes souvenirs, j'ai simplement laissé courir ma plume en espérant que, dans ce désordre, certains lecteurs, dont mes petits-enfants, peut-être, trouveront une petite lucarne éclairant ce passé déjà lointain, qui nous fait ce que nous sommes, qui fait ce que vous êtes! »