Ce numéro se propose de réexaminer les rapports de la mémoire et de l'innovation dans un contexte marqué par d'importantes mutations technologiques et par l'émergence de nouvelles dynamiques mémorielles. Les études rassemblées ici s'attachent plus particulièrement au rôle de la littérature dans un processus où elle intervient à la fois comme conservatoire des savoirs et comme site privilégié de la productivité culturelle. Plus largement, elles s'interrogent sur les modalités de la transmission culturelle, sur ses dispositifs de sens et ses régimes de temporalité. Elles s'intéressent aux modes de sélection du mémorable, aux conditions matérielles et techniques de la transmission, à ses acteurs et à ses aléas. Finalement, elle soulignent toutes les effets créateurs de l'oubli, les virtualités de la perte qui permet aux héritages négligés de revenir comme nouveauté.
Attention ! Vous allez visiter l'univers secret d'une petite fille sage : du grenier où elle repasse ses parents pour qu'ils soient moins encombrants jusqu'au terrible orage qu'elle retient au fond d'elle-même. Il ne faudra pas vous étonner de rencontrer en chemin un roi qui joue du banjo ou un Loup aplati comme un clafoutis...
Jourdain Alain ; Batt-Moillo Agnès ; Debout Michel
Si la question du suicide paraît aussi ancienne que celle de l'homme lui-même, écrit Michel Debout dans sa préface, celle de la prévention - en rapport à ces millénaires passés - est, elle, tout à fait récente. " Pour voir émerger l'idée d'une prévention du suicide, il aura fallu au préalable la construction de celui-ci en problème de santé, relevant donc de la médecine, puis en problème de santé publique, impliquant une pluralité d'acteurs et de disciplines. Dans la majorité des pays occidentaux, le passage du concept à la pratique s'est traduit par la mise en place de stratégies et de programmes de prévention du suicide, nationaux ou régionaux. En France, le suicide aura été un secteur privilégié de la " nouvelle santé publique " et du management par programmes. Du côté des acteurs de la prévention, c'est d'abord la conviction d'un devoir social, puis la croyance en l'efficacité des actions de toutes sortes qui ont prédominé - avant la phase actuelle d'interrogation devant la résistance du suicide aux efforts de prévention. C'est dans ce contexte que survient le présent ouvrage, rassemblant une quinzaine de contributions dont les auteurs - philosophe, sociologue, médecin généraliste, psychiatres, professionnels de santé publique, chercheurs français ou étrangers - sont tous engagés dans la réflexion sur la prévention du suicide. Se trouve d'abord retracée et interrogée l'élaboration du suicide en problème de santé publique. Les modalités des actions de prévention entreprises dans les années 1990 sont ensuite décrites en détail, avant d'être situées dans un contexte élargi aux pays qui ont inspiré notre stratégie nationale. Le suicide et sa prévention " devient ainsi, selon les mots de Michel Debout, une base de réflexion indispensable pour tous ceux [...] qui sont aujourd'hui mobilisés en France, après bien d'autres pays, pour refuser la fatalité du suicide - lequel traduit à leurs yeux, quel que soit par ailleurs le positionnement philosophique de chacun, non pas le choix de la mort, mais la douleur de la vie. "