La psychiatrie moderne et la psychanalyse ont associé le rêve, la folie et la transe mystique à des phénomènes d'hystérie. Il faut refuser une telle réduction, mais néanmoins admettre qu'avec le rêve, la transe et la folie, nous pénétrons dans un monde "autre". Les sociétés primitives ont saisi cette "altérité" et cette étrangeté, en établissant un système d'intercommunications entre les mondes et une série de relations entre le rêveur le fou et la femme en transe, chacun d'eux étant un intermédiaire privilégié entre le monde d'ici-bas et le monde surnaturel. Nos sociétés modernes ont rompu ces communications : nos rêves ne sont plus des messages envoyés par les dieux mais des représentations de notre histoire personnelle. Le surnaturel est ainsi partout rejeté au nom des exigences d'une raison cartésienne et scientifique. Cependant, rêve, folie et transe continuent à nous surprendre : est-ce parce que nous lisons en eux la fragilité de notre raison, l'inconsistance des tabous et barrières de nos sociétés ...
Nombre de pages
272
Date de parution
15/07/1993
Poids
367g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782082101820
Titre
LE REVE, LA TRANSE ET LA FOLIE
Auteur
Bastide Roger
Editeur
FLAMMARION
Largeur
150
Poids
367
Date de parution
19930715
Nombre de pages
272,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Roger Bastide étudie ce qui lie les valeurs religieuses aux structures sociales. Il s'emploie à saisir la réalité brésilienne dans toute son originalité, pour en dégager seulement à la fin ce qu'elle peut apporter de nouveau à une sociologie théorique des rapports dialectiques.
L'auteur confronte la psychanalyse et la sociologie dans une perspective historique. Il fait ressortir les étapes communes d'évolution des deux sciences et démontre qu'elles se corrigent et s'enrichissent mutuellement.
L'extase n'est pas le tout de la vie mystique ; celle-ci est progressive. La première étape, c'est l'indifférence à tout désir ; le youg n'a plus qu'un rêve : le nirvâna. Il sait le vrai bien, et il ne veut que lui. La seconde étape, c'est l'indifférence à tout concept ou jugement ; la vie intellectuelle a disparu, mais il reste la vie affective : il subiste en l'âme une incomparable joie. Ceci est trop encore, car cette joie est personnelle. Un troisième échelon nous en délivrera ; il ne persiste plus dès lors qu'un vague sentiment cénesthésique, une conscience sourde de l'être, d'ordre physiologique. Enfin, cette conscience même s'en va : tout a disparu, jusqu'au sentiment de l'indifférence. C'est l'impassibilité absolue. Ou déjà la mort sur la terre.
Qu'est-ce que la nostalgie sinon une mélancolie humaine rendue possible par la conscience de quelque chose d'autre, d'un ailleurs, d'un contraste entre passé et présent ? Et cette nostalgie n'est-elle pas aussi provoquée essentiellement par l'irréversibilité du temps ? Car on ne saurait remonter le cours du temps, tel est l'obstacle insurmontable qu'il oppose à nos entreprises. C'est notre impuissance devant cette impossibilité qui fait toute l'amertume de la nostalgie et l'absurdité des chimères du rajeunissement. La nostalgie n'est pas le mal du retour : on peut toujours revenir à son point de départ, à son lieu natal (l'espace se prête docilement à toutes nos allées et venues) mais il est impossible de redevenir celui qu'on était au moment du départ. Mais si le temps s'oppose irréductiblement à la rétrogradation il ouvre devant nous une carrière infinie à la liberté. L'homme peut s'ouvrir à l'idée du futur et confirmer ce que le temps affirme. Se servant d'exemples tirés de la vie quotidienne aussi bien que d'oeuvres poétiques, philosophiques ou musicales, Vladimir Jankélévitch démontre en fin de compte que l'irréversible n'admet qu'un seul remède : le consentement joyeux de l'homme à l'avenir, au futur.