Jean-François de Bastide, auteur sans doute (trop) peu connu, est pourtant l'auteur d'une courte fiction sans pareille : La petite maison, dont le scénario galant et libertin (XVIIIe siéde oblige) pourrait en apparence se résumer comme suit : un homme (Tré-micour) convie une femme qu'il désire (Mélite) à découvrir sa maison de plaisance, une catégorie de demeures que J. F. Blondel, architecte et ami de Bastide, définit en ces termes : On peut ranger dam la classe des maisons de Plaisance, celles ordinairement connues sous le nom de Petites Maisons (...). Loi les ordres d'Architecture délicat, les ornements de Sculpture les plus intéressant, les statues, les bas-reliefs, les trophées les plus élégants doivent briller dans les dehors ; la peinture, la dorure, les glaces dans les dedans ; les beautés du jardinage, l'effet séduisant des eaux, les berceaux de treillages naturels et artificiels ; enfin tout ce que peut offrir d'ingénieux le ciseau des plus habiles Artistes doit être employé dans les promenades de ces demeures consacrées au plaisir et à la liberté. Ainsi Mélite découvre-t-elle la petite maison de Trémicour, dont l'harmonie, le luxe et la beauté témoignent du savoir-faire et de l'habilité des meilleurs artistes et artisans. Sans doute s'agit-il ici du premier texte où se trouvent rapportée une telle description d'un intérieur, de son Iuxe, de son raffinement, grâce auxquels Mélite finira par céder aux avances de celui qui la convoite, comme si la suite de ces émerveillements esthétiques étaient à l'image même de l'ordonnancement délectable et gracieux des corps, des coeurs et des esprits.
Nombre de pages
56
Date de parution
17/05/2019
Poids
90g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9791094565452
Titre
La petite maison
Auteur
Bastide Jean-François de
Editeur
WAKNINE
Largeur
155
Poids
90
Date de parution
20190517
Nombre de pages
56,00 €
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Inexplicablement tombé dans l'oubli, perdu parmi la masse des contes libertins du XVIII ? siècle, La petite maison de Jean-François de Bastide suit les progrès d'une séduction à travers un décor de lambris couleur lilas ou soufre tendre, un boudoir rythmé d'arbres à fleurs de porcelaine, un cabinet de laque, des parquets de cèdre et d'amarante, un lit recouvert de pékin jonquille... Texte subtil et léger, où règne l'impondérable, La petite maison est aussi un document unique sur le décor intérieur tel que le pratiquaient les grands hôtels particuliers du XVIII ? siècle. Bruno Pons analyse, pour cette édition, cet aspect du texte, et son intérêt pour l'historien, tandis que Patrick Mauriès s'attache à faire revivre la figure d'un écrivain voué à l'oubli par sa versatilité et par l'envie noire des littérateurs, auteur pourtant du plus bel hommage qui soit à la maison comme "théâtre des passions trompeuses".
Une jeune femme essaie de percer l'anonymat d'un correspondant qui lui adresse de brûlants messages d'amour. C'est aussi une façon pour elle de découvrir son propre c?ur. Un homme tâtonne à la recherche de celle qui pourrait le sauver de l'ennui et de la dépression. Un autre tente d'apprivoiser une coquette. Bastide nous plonge dans les incertitudes du sentiment, dans le trouble de la vie intérieure. Le raffinement d'une société aristocratique et luxueuse sert de cadre aux hésitations de jeunes gens qui ont perdu les certitudes anciennes. Une langue se cherche pour dire les intermittences du c?ur et les nuances du désir.
Dans ce bref récit publié pour la première fois en 1753, c'est la beauté du lieu qui devient instrument de persuasion érotique. La jeune femme, qui a résisté à toutes les entreprises d'un séducteur éprouvé, lui tombe dans les bras, subjuguée par l'élégance voluptueuse de la " petite maison " qu'elle a accepté de visiter. Les protagonistes sont des silhouettes à peine ébauchées qui finissent par n'être que les voix d'une chamaillerie amoureuse où les raisons de la vanité l'emportent sur celles du cœur. À l'inverse, la petite maison qui leur sert de théâtre prend corps et réalité au fil du récit et nous offre un délicieux musée des Arts décoratifs en miniature
Nouvelle libertine ou eÌcrit "publicitaire" , La Petite Maison ne cesse d'intriguer les amoureux d'art et d'architecture du 18e sieÌcle. Jean-François de Bastide (1724-1798), litteÌrateur mal aimeÌ et tombeÌ dans l'oubli, compose cette courte nouvelle vers 1750. On y suit TreÌmicour qui preÌsente aÌ MeÌlite - pour la seÌduire - sa petite maison de plaisance, construite et deÌcoreÌe par les meilleures - et les plus chers - artistes du temps. Cette eÌdition est preÌfaceÌe par Jacques Moulin, architecte en chef des monuments historiques notamment en charge des parcs et jardins de Versailles. Les amatrices et amateurs d'art, en particulier d'arts deÌcoratifs du XVIIIe sieÌcle trouveront leur bonheur avec cette reÌeÌdition de La Petite Maison. Cet opuscule fait la part belle au gouÌt rocaille, avec une douzaine de dessins, des sanguines pour la plupart, exécuteÌs notamment par François Boucher, Jacques François Blondel, Juste AureÌle Meissonnier ou encore Gilles-Marie Oppenord.
L'histoire est à première vue d'une grande simplicité. Une certaine Mary Summer avait publié, en 1878, les Contes et légendes de l'Inde ancienne. En 1892, une amie de Stéphane Mallarmé, Rémy Laurent, fait part à l'auteur d'Igitur son plaisir à parcourir ces Contes indiens, tout en en déplorant malgré tout le style. Elle lui propose alors de les ré-écrire, à sa façon, d'y mettre sa manière. Mallarmé ne manque pas d'accepter l'offre en choisissant quatre contes parmi les sept publiés. Ainsi, tout en conservant fidèlement la trame narrative des histoires, Mallarmé s'attelle-t-il à cet acte littéraire. Car loin de créer de nouveaux contes, il s'agit de créer de nouveau ces contes, non plus du point de vue de leur simple histoire, mais du point d'un style, propre, unique, comme s'il était nécessaire de souligner une nouvelle fois, grâce à ce tour de force et d'élégance, qu'une écriture est toujours, avant tout, non pas une traduction d'un monde, mais l'une de ses versions, autrement dit encore l'engagement d'un corps et d'un esprit dans la matière d'une langue.