Pitres et pantins. Transformations du masque comique : de l'Antiquité au théâtre d'ombre
Basch Sophie ; Chuvin Pierre ; Farnoux Alexandre ;
SUP
40,00 €
Épuisé
EAN :9782840505006
Gérard de Nerval rattachait directement le théâtre d'ombres aux atellanes latines : " Aussi bien Caragueuz lui-même n'est-il autre que le Polichinelle des Osques, dont on voit encore de si beaux exemplaires au musée de Naples ". Un demi-siècle plus tard, le grand helléniste Salomon Reinach faisait la relation entre les mimes du monde ottoman, leurs homologues italiens et ceux de l'Antiquité, via Byzance : " Il semble bien établi que le Karagëz turc a hérité du mime byzantin, comme aussi, par d'autres voies, la Commedia dell'arte et le théâtre des marionnettes ". Sans doute la filiation n'est-elle pas aussi directe. La continuité est frappante cependant : à la différence de la tragédie antique, qui dut attendre la Renaissance pour être réinventée à l'opéra puis au théâtre, la comédie et ses masques, relayés par les marionnettes, connurent une fortune moins illustre mais ininterrompue. C'est cette permanence que le volume souhaite illustrer, en privilégiant la portée familière du théâtre, qui dessine une nouvelle carte de l'Europe des spectacles. Sur cette carte, dans ce domaine comme dans tant d'autres, l'Empire ottoman se révèle une puissance de premier plan, bien intégrée au jeu européen. Les voyageurs ne manquent pas de s'intéresser à ses silhouettes familières, où ils scrutent l'héritage des Anciens. Notre époque a considéré ces spectacles avec la condescendance réservée au pittoresque. Au XIXe siècle, les spécialistes de l'Antiquité et de l'Orient étaient mieux avertis de leur importance. Cet ouvrage, qui réunit des historiens de la littérature, du théâtre, de l'art et de l'archéologie, remet au centre de la scène une tradition injustement marginalisée.
Nombre de pages
420
Date de parution
16/05/2007
Poids
814g
Largeur
159mm
Plus d'informations
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EAN
9782840505006
Titre
Pitres et pantins. Transformations du masque comique : de l'Antiquité au théâtre d'ombre
Auteur
Basch Sophie ; Chuvin Pierre ; Farnoux Alexandre ;
Editeur
SUP
Largeur
159
Poids
814
Date de parution
20070516
Nombre de pages
420,00 €
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Présentation de l'éditeur Proust na manifesté que bien peu dintérêt pour les arts décoratifs de son temps, mais son oeuvre ponctuée daquariums est marquée par le "style sous-marin" caractéristique de lArt nouveau. Les "bibliothèques vitrées" de la chambre de Balbec, dans lesquelles Georges Poulet voyait le symbole de lunité de loeuvre, se révèlent dauthentiques témoins du "modern style". Mais quest-ce que le "Modern style" ? Lexpression, qui revient cinq fois dans "À la Recherche du temps perdu", navait jamais vraiment été élucidée. Contrairement à une idée reçue, ce nest en rien le nom anglais de lArt nouveau. Cet anglicisme bien français désigne un renouveau international des arts décoratifs qui, mêlant esthétique et idées sociales, fascine et inquiète Proust a parfaitement perçu et discrètement mis en valeur linspiration cosmopolite et "rastaquouère" dun courant artistique dont le bref épanouissement coïncide avec les années de laffaire Dreyfus. Enrichi dune vaste iconographie, entièrement originale, fourmillant de trouvailles et didentifications nouvelles, Rastaquarium fait revivre une époque dont lécrivain a su capter lessentiel. Toujours abordée de façon fragmentaire, la question navait jamais été traitée dans son ensemble, seule manière de saisir les réseaux de correspondances si chères à lécrivain.
Pendant plusieurs siècles, la Sublime Porte désigna le gouvernement de l'Empire ottoman. Ce seuil monumental, familier aux ambassadeurs étrangers à Constantinople, symbolise aussi les échanges entre l'Orient et l'Occident. Par leur cosmopolitisme, toutes les échelles du Levant furent de Sublimes Portes. Les relations de voyage n'occupent pas une place centrale dans ce livre consacré à la littérature des XIXe et XXe siècles. La fiction est souvent négligée par les spécialistes de l'altérité, sans doute parce que sa vertu documentaire y apparaît plus aléatoire. Le territoire des voyageurs romantiques, "ce mince Orient du pittoresque", a "trop suffi à toute une histoire littéraire", écrivait Raymond Schwab, qui qualifia cet exotisme "d'Externe-Orient". Les fantômes qui hantent ces pages appartiennent à une société engloutie, à "l'Interne-Orient" qui fréquentait ou habitait les métropoles méditerranéennes dans la seconde moitié du XIXe siècle et l'entre-deux-guerres. D'Alexandrie à Venise, le parcours adopte ici la forme du croissant turc, aux frontières maritimes d'un monde brasseur de civilisations.
On connaît l'amour des peintres pour le cirque : Degas, Seurat, Toulouse-Lautrec, Picasso nous en ont laissé des images saisissantes. L'attrait des écrivains et des poètes pour cet art n'est pas moindre, mais il est resté méconnu. De Gautier à Mallarmé, de Banville à Laforgue et à Apollinaire, des frères Goncourt à Wedekind que de poèmes, que de nouvelles, que de romans glorifiant l'authenticité d'un spectacle qui ne souffre aucune médiocrité. Les artistes de cirque ne trichent pas, car souvent ils jouent avec la mort. D'où l'extrême précision de leurs gestes, d'où leur concentration que leur envient les gens de plume.Ce volume réunit, pour la première fois, six romans illustrant la grande période du cirque français de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Très différents dans leur écriture - relevant tantôt du romantisme, tantôt du naturalisme ou du symbolisme -, ils ont en commun cette adoration d'un univers d'art qu'ils opposent joyeusement à la vulgarité ambiante. Autant dire que les propos de Claretie, de Goncourt, de Darzens, de Kahn, de Champsaur et de Coquiot n'ont rien perdu de leur actualité.Robert Kopp.
Résumé : Cet essai porte sur les romans écrits par Georges Simenon au cours des années trente, aussi bien les " romans durs " que les " Maigret ", et en renouvelle profondément la lecture. Il y décèle un scénario latent. Hanté par le " vertige de la perte " qui le pousse à un retour fusionnel dans le Monde-Mère sous les espèces du rien, voire de la mort, l'écrivain l'exorcise en se réfugiant dans le contre-monde du Livre, par instinct de conservation, en " avare " de son désir. Mais il en conçoit de la mauvaise conscience, car il s'éprouve alors comme un escroc, ou un faussaire : c'est donner en effet pour réels, dans ses livres, des êtres et un monde de papier, sans vraie consistance. Pour se laver de ce péché d'escroquerie, il place dans ses romans des personnages qui sont ses doubles, assignés à des espaces mettant en abyme le Livre. Ce sont des boucs émissaires, car ils endossent la faute et, d'une façon ou d'une autre - en mourant, dans bien des cas -, l'expient, ce qui permet d'en dédouaner l'écrivain. Cependant, il n'y a là qu'un subterfuge puisque, en réalité, ce sacrifice expiatoire du Livre et de son démiurge se produit... dans un livre. C'est pourquoi, un roman terminé, Simenon n'a d'autre choix que d'en entreprendre un autre.
Ce livre est une monographie du Journal de Salonique, publié dans la ville, alors ottomane, dont il porte le nom, entre 1895 et 1911. Il cherche à mettre en lumière, au sein de la presse juive de l'époque, la spécificité de ce périodique sépharade en langue française publié par et pour l'élite bourgeoise et commerçante de la ville, ainsi que son rôle dans la société salonicienne alors en pleine transformation. Le contexte de cette publication est en effet marqué par la modernisation de la société juive ottomane, mais aussi par les transformations politiques de l'Empire dans lequel elle s'inscrit. Face aux défis que représentent l'occidentalisation, le développement du sionisme et la montée des nationalismes dans les Balkans, le journal se fait à la fois miroir et acteur de la communauté en difficulté, proposant une redéfinition de l'identité juive, ottomane et salonicienne. Cette étude analyse le contenu du journal pendant ses quinze années de publication. Elle met en lumière les intentions de ses dirigeants, qui en font un outil de modernisation, les représentations de la société véhiculées par les rubriques " mineures " du périodique (chroniques mondaines, feuilletons, publicités) ainsi que la position ottomaniste et antisioniste des rédacteurs au sujet de l'avenir de leur communauté.
Le premier 19e siècle, dans l'immédiat héritage, problématique, de la Révolution française, est un moment décisif où se reconfigurent les rapports de la littérature et de la morale. Préparée en cela par le rationalisme des Lumières, la Révolution a mis à bas un système social et moral hiérarchisé ; désormais l'individu, promu sujet raisonnable et responsable, se voit imposer de redéfinir son identité, sa place et sa fonction. L'ouvrage se propose de brosser un panorama de la reconfiguration de la question morale dans cette période charnière, particulièrement riche et complexe.