1925: les Années folles. Paris était alors une grande capitale homosexuelle. Paris était "gay", dirait-on aujourd'hui. Telle est la ville que les auteurs nous invitent à découvrir: avec le fameux bal de Magic City ou ceux de la Montagne-Sainte-Geneviève et de la rue de Lappe, les bars interlopes de Tonton, de la Chaumière, du Monocle ou du Yeddo, les clubs privés, les promenoirs et les bains turcs. Paris comptait à cette époque quelques pionniers célèbres - Proust, Gide, Colette, Cocteau - ainsi qu'une foule de "mauvais garçons" et d'homosexuel(le)s anonymes qui tous les ans, à la Mi-Carême, se rendaient au bal de Magic City. Interviewés par les auteurs, des témoins privilégiés de ce "Paris gay 1925" - André du Dognon, Daniel Guérin, Hélène Azénor, Jean Weber, Edouard Roditi - apportent un éclairage nouveau et personnel. Puis, élargissant leur propos, les auteurs étudient l'idée et la représentation de l'homosexualité que se faisaient la psychiatrie et la littérature de l'époque. Ils donnent, comme exemple, de larges extraits d'Inversions, la première revue homosexuelle dont le n° I parut fin 1924 et qui eut à souffrir les sarcasmes de la presse et l'action de la justice. Sa rapide interdiction et le procès de ses directeurs illustrent les tâtonnements d'un mouvement homosexuel qui s'est défini, en France, lorsque des écrivains se sont mis à concurrencer le tout-puissant discours médical sur la sexualité. Cette nouvelle édition de Paris gay 1925, document original sur un phénomène mal connu, est illustrée par de nombreux documents d'époque, dessins, peintures et photographies. Biographie de l'auteur Gilles Barbedette (1956-I992), fut journaliste, traducteur, romancier, éditeur et militant de la cause homosexuelle. Michel Carassou est éditeur et écrivain, spécialiste des avant-gardes de l'Entre-Deux-Guerres.
Nombre de pages
241
Date de parution
30/10/2008
Poids
1 230g
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782352700494
Titre
Paris gay 1925
Auteur
Barbedette Gilles ; Carassou Michel
Editeur
NON LIEU
Largeur
0
Poids
1230
Date de parution
20081030
Nombre de pages
241,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Résumé : C'est une "amitié sensuelle" qui unit le narrateur à Helga. Le premier est jeune et maigre : avide de culture, recherchant un mode de vie nouveau qui modifie en profondeur les relations humaines et le plaisir culturel, il trouve en Helga, femme mûre et obèse, image joviale et cordiale de tous les excès, à la fois son maître et sa maîtresse. Helga, qui est, en tous sens, le contraire du narrateur, l'entraîne dans un monde sur lequel elle règne : univers divisé en lieux symboliques, la Villa des Verseaux où vit la communauté entourant Helga, l'Amphithéâtre où elle donne des cours subversifs, l'Aphrodisiaque où se réunissent des groupes d'esthètes et de dandys, le Bain qui permet aux corps de s'affronter et de se rencontrer, l'Ile où les personnages définissent une sorte de rêve utopique et enfin les Chambres où travaillent la mort, la maladie et la chute d'un rêve. De multiples figures traversent ces pages et ces lieux : Son Emouvance Lola, Vertige, Mirage, autant d'apparitions fulgurantes qui fascinent, de leur charme et de leur excentricité, le narrateur et le lecteur. Roman d'une passion paradoxale, Les volumes éphémères est aussi une méditation parodique sur le grotesque et la beauté, sur les métamorphoses du corps, sur l'alliance du sexe et de l'esprit, sur l'ascèse, sur les plaisirs de l'érudition et de l'art. Tour à tour érudit, émouvant et ironique, ce livre décrit une parabole qui est peut-être celle de l'existence : sur la vaste cartographie humaine, les êtres paraissent n'être qu'une étrange succession de volumes et non les figures d'éternité qu'ils voudraient secrètement devenir.
Nous avons la nostalgie des légendes et des oiseaux de fable. Il y a bien longtemps - qui voudra s'en souvenir ? - le roman, c'était le mensonge, l'illusion d'une vie vraiment inventée, le rêve de quelque chose qui n'avait pas tout à fait existé. Au milieu de tous ces mirages, le roman inquiétait, fascinait, intriguait. Il tirait une grande partie de son prestige d'une certaine forme d'inexistence. Il se situait à côté de la vie qu'il cherchait à dépeindre. Il ne paraissait pas "sérieux". Il voulait être futile, dépensier, extravagant. Il n'avait pas l'air de calculer son intempérance. En son for intérieur, il avait toujours su qu'il ne parviendrait jamais à dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, sur l'aventure des êtres. Son inconséquence prévalait contre tout. Ses châteaux en Espagne étaient des châteaux en Espagne. Voilà pourquoi nous avions, paradoxalement, confiance en lui". Gilles Barbedette.
Au 42 boulevard du Temple, dans l'immeuble où autrefois vécut Flaubert, un homme timide vit entouré de livres, avec son chat Beppo. Eminent linguiste, attelé à une traduction française du dictionnaire anglais de Samuel Johnson, Raymond Aubrée a toujours cru et voulu être un Autre, au point de signer des versions de romans policiers sous le pseudonyme de "Baltimore" . Cette véritable résidence secrète, concoctée au milieu d'une inoubliable enfance passée à Saint-Malo, lui a toujours paru le complément idéal de son existence officielle. Après avoir tant rêvé de changer de nom, Baltimore a fini par développer un goût envahissant pour la langue anglaise, au point qu'il ne résiste pas à l'emploi de termes que sa langue maternelle, à son sens, ne traduit pas. Parfois Baltimore s'apostrophe ou bien s'efface derrière une troisième personne, et ces multiples voix narratives renforcent en lui le sentiment de mener de front plusieurs vies parallèles. Baltimore, qui s'est marié distraitement avec Lise, conçoit pour William Lemaire, l'un de ses étudiants, une passion qui ranime d'anciennes images et de terribles traumatismes. Mais la tragédie des autres ne faisant que déposer en lui le poids de questions mystérieuses, il se consolerait presque, avant de partir en voyage, de se savoir le modeste gardien d'une toute petite forêt de mots.
Je me demande s'il n'y aurait pas quelque héroïsme à vouloir écrire dans les pires conditions de la vie. Quelle force peut bien pousser celui qui écrit à vouloir défier ce qui le menace à défaut de pouvoir l'ignorer. Ecrire, c'est résister. Ecrire, c'est vivre. Ecrire, c'est affirmer - jusque dans la forme des lettres ou le style - le caractère singulier et unique de l'existence. Oui, j'écris et je veux écrire pour continuer à donner un sens à mes jours. Et puis j'ai le sentiment de toujours vivre, de devoir venger, célébrer mes morts tant aimés. Qui pourrait le faire à ma place ? "
Un moment peu connu de la vie de Picasso. Un tournant dans son oeuvre. Déconcerté par l'art nouveau, victime de la drogue, le peintre allemand Wiegels (celui dont Mac Orlan ferait le héros de Quai des Brumes) se pendit dans son atelier de Montmartre, en 1908. Picasso, qui entretenait un rapport ambigu avec le jeune peintre homosexuel, fut durablement déstabilisé par sa fin tragique. Sa dépression s'accompagna d'une rupture dans son mode de vie et dans son premier style pictural, même si nombre de personnages de son oeuvre (les Arlequins) resteront "wiegelsiens". En même temps qu'elle s'attache au folklore et aux rapins de la Butte à la Belle Epoque, l'étude éclaire "l'homosexualité secrète" de Picasso, selon l'expression de Cocteau. Cette homophilie éclate parfois dans ses toiles et explique le caractère sado-masochiste larvé de certaines de ses amitiés, sa misogynie, son homophobie — exorcisme de protection.
Voici un livre courageux, élégant et érudit. Au-delà du rapport du Coran à la femme qu'on retrouve le long du texte, au-delà de la représentation islamique finement décrite d'un corps féminin diabolisé ainsi que du statut quasi servile de la femme, le livre aborde des questions taboues, se rapportant à l'institution des "mères des croyants". Il en dévoile les non-dits en décryptant le texte sacré selon une démarche nourrie par les sources les plus autorisées. Comme le souligne l'introduction "le thème profond de ce livre est la contestation féminine à la naissance de l'islam et la façon dont les textes religieux, Coran et Sunna, l'ont étouffée et ligotée, en un mot enchaînée". Mohammed Ennaji "n'a pas froid aux yeux" dans son approche du sacré, l'expression est de Régis Debray dans sa préface à un autre titre du même auteur. Elle se vérifie à nouveau dans "Le corps enchaîné".
Etat paria de la Corne de l'Afrique, l'Erythrée est aussi un pays superbe, de la mer jusqu'au ciel, de la côte de la mer Rouge aux hauts plateaux du centre. Héritier de l'Empire axoumite, marqué par la colonisation italienne, le pays est également riche en trésors architecturaux aux accents mauresques, Art déco, futuristes et modernistes. Asmara, perchée à 2 300 m d'altitude, ne serait-elle pas la «capitale du style en Afrique» ? Terre d'aventure depuis l'Egypte ancienne, parcourue par Rimbaud, Buzzati, Monfreid, Pratt, Waugh et Malaparte, le temps semble aujourd'hui s'y être arrêté. De vieux Erythréens évoquent toujours l'âge d'or des années 1930, tandis que les jeunes, fuyant chaque mois l'Etat prédateur par milliers, oscillent entre résignation et espoir d'ailleurs. Cet ouvrage est le premier livre de photographies sur l'Erythrée en français. Ses chapitres sur l'histoire, la culture, la société et la politique éclairent ce pays oublié, entre splendeur et isolement.