C'est une "amitié sensuelle" qui unit le narrateur à Helga. Le premier est jeune et maigre : avide de culture, recherchant un mode de vie nouveau qui modifie en profondeur les relations humaines et le plaisir culturel, il trouve en Helga, femme mûre et obèse, image joviale et cordiale de tous les excès, à la fois son maître et sa maîtresse. Helga, qui est, en tous sens, le contraire du narrateur, l'entraîne dans un monde sur lequel elle règne : univers divisé en lieux symboliques, la Villa des Verseaux où vit la communauté entourant Helga, l'Amphithéâtre où elle donne des cours subversifs, l'Aphrodisiaque où se réunissent des groupes d'esthètes et de dandys, le Bain qui permet aux corps de s'affronter et de se rencontrer, l'Ile où les personnages définissent une sorte de rêve utopique et enfin les Chambres où travaillent la mort, la maladie et la chute d'un rêve. De multiples figures traversent ces pages et ces lieux : Son Emouvance Lola, Vertige, Mirage, autant d'apparitions fulgurantes qui fascinent, de leur charme et de leur excentricité, le narrateur et le lecteur. Roman d'une passion paradoxale, Les volumes éphémères est aussi une méditation parodique sur le grotesque et la beauté, sur les métamorphoses du corps, sur l'alliance du sexe et de l'esprit, sur l'ascèse, sur les plaisirs de l'érudition et de l'art. Tour à tour érudit, émouvant et ironique, ce livre décrit une parabole qui est peut-être celle de l'existence : sur la vaste cartographie humaine, les êtres paraissent n'être qu'une étrange succession de volumes et non les figures d'éternité qu'ils voudraient secrètement devenir.
Nombre de pages
288
Date de parution
10/09/1987
Poids
340g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070710614
Titre
Les Volumes éphémères
Auteur
Barbedette Gilles
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
340
Date de parution
19870910
Nombre de pages
288,00 €
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Nous avons la nostalgie des légendes et des oiseaux de fable. Il y a bien longtemps - qui voudra s'en souvenir ? - le roman, c'était le mensonge, l'illusion d'une vie vraiment inventée, le rêve de quelque chose qui n'avait pas tout à fait existé. Au milieu de tous ces mirages, le roman inquiétait, fascinait, intriguait. Il tirait une grande partie de son prestige d'une certaine forme d'inexistence. Il se situait à côté de la vie qu'il cherchait à dépeindre. Il ne paraissait pas "sérieux". Il voulait être futile, dépensier, extravagant. Il n'avait pas l'air de calculer son intempérance. En son for intérieur, il avait toujours su qu'il ne parviendrait jamais à dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, sur l'aventure des êtres. Son inconséquence prévalait contre tout. Ses châteaux en Espagne étaient des châteaux en Espagne. Voilà pourquoi nous avions, paradoxalement, confiance en lui". Gilles Barbedette.
Au 42 boulevard du Temple, dans l'immeuble où autrefois vécut Flaubert, un homme timide vit entouré de livres, avec son chat Beppo. Eminent linguiste, attelé à une traduction française du dictionnaire anglais de Samuel Johnson, Raymond Aubrée a toujours cru et voulu être un Autre, au point de signer des versions de romans policiers sous le pseudonyme de "Baltimore" . Cette véritable résidence secrète, concoctée au milieu d'une inoubliable enfance passée à Saint-Malo, lui a toujours paru le complément idéal de son existence officielle. Après avoir tant rêvé de changer de nom, Baltimore a fini par développer un goût envahissant pour la langue anglaise, au point qu'il ne résiste pas à l'emploi de termes que sa langue maternelle, à son sens, ne traduit pas. Parfois Baltimore s'apostrophe ou bien s'efface derrière une troisième personne, et ces multiples voix narratives renforcent en lui le sentiment de mener de front plusieurs vies parallèles. Baltimore, qui s'est marié distraitement avec Lise, conçoit pour William Lemaire, l'un de ses étudiants, une passion qui ranime d'anciennes images et de terribles traumatismes. Mais la tragédie des autres ne faisant que déposer en lui le poids de questions mystérieuses, il se consolerait presque, avant de partir en voyage, de se savoir le modeste gardien d'une toute petite forêt de mots.
Je me demande s'il n'y aurait pas quelque héroïsme à vouloir écrire dans les pires conditions de la vie. Quelle force peut bien pousser celui qui écrit à vouloir défier ce qui le menace à défaut de pouvoir l'ignorer. Ecrire, c'est résister. Ecrire, c'est vivre. Ecrire, c'est affirmer - jusque dans la forme des lettres ou le style - le caractère singulier et unique de l'existence. Oui, j'écris et je veux écrire pour continuer à donner un sens à mes jours. Et puis j'ai le sentiment de toujours vivre, de devoir venger, célébrer mes morts tant aimés. Qui pourrait le faire à ma place ? "
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.