« Retours d'Indes » : ainsi le XVIIIe siècle désignait-il les denrées tropicales importées des Indes occidentales caraïbes dans les ports négriers français lors du troisième trajet du trop fameux commerce triangulaire, qui déporta et déplaça d'Afrique vers les Amériques et les îles de l'Atlantique près de 12 millions de captifs. L'auteur nous fait revivre le voyage d'un bateau négrier au XVIIIe siècle, mettant en scène le banal, mais aussi sordide et horrible quotidien de ces voyages, portant un regard plus accentué sur le troisième côté de ce triangle : le retour des Antilles à Nantes, port sur lequel se concentre le récit. Car Jean-Paul Barbe veut montrer que ces « Retours des Indes » véhiculaient aussi dans les têtes questions et silences, traumatismes et contradictions. Longtemps nul n'en parla. C'est la gageure prise que de tenter de mettre des mots sur ce flux de pensées. Cette docu-fiction reconstituée et réinventée prend appui sur le travail fondateur de l'historien Jean Mettas, qui répertoria l'ensemble des voyages de traite français, et pour beaucoup nantais, du XVIIIe siècle. Jean Paul-Barbe tente d'imaginer, à travers un réseau de courts récits qui s'y inscrivent, ce que put être la vie quotidienne à bord, en cette contre-société monstrueuse et pourtant bien humaine, avant que la « cargaison » ne rejoigne l'infernale exploitation caribéenne. Annexes accessibles via un QR-code inséré dans le livre : - Les trois poèmes qui concluent chacune des parties, mis en musique par Marc-Alexandre Goureau et portés par les voix de Jean François Gascard, Henri Mariel, Nina Kibuanda. - Un dossier ?Pour aller plus loin? par Didier Guivarc?h, historien spécialiste de la traite négrière.
Nombre de pages
148
Date de parution
07/10/2025
Poids
560g
Largeur
245mm
Plus d'informations
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EAN
9782377012435
Auteur
Barbe Jean-Paul ; Dedietrich Axelle
Editeur
HEMISPHERES
Largeur
245
Date de parution
20251007
Nombre de pages
148,00 €
Disponibilité
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1941: un drôle de paquebot, l'Admiral Tromp, rapatrie, des îles de la Sonde vers l'Europe, un fort contingent d'épouses de coloniaux - sans compter quelques "dérangés". La guerre est aux deux bouts; le Tromp revient, repart, pour d'improbables navettes. A bord, mère au loin, un jeune garçon avec un père qui, aux escales, dés qu'il peut, fugue avec fils et bagages jusqu'au passage suivant du navire. Les accompagne une grand mère française qui ne survivra pas à une des relâches paternelles et Njei, jeune bonne javanaise que l'adolescent s'approprie, pour partie. Ainsi va le dés-orient. Mais tout cela a-t-il bien été? Des doutes, des fissures apparaissent, se multiplient. Un trio de psychiatres se retrouve ainsi, à ne plus savoir démêler le réel de la fiction, embarqué dans un suivi où ils deviennent parfois vaisseau, écueil, équipage, épave et cargaison. Balisée de trois langues: français, néerlandais et indonésien, la géographie bourgeonne et se noue, avant de rejeter, tel Ulysse en Phéacie, le père puis le fils sur une terre d'utopie: l'Illyrie, "haut lieu commun" d'un monde méditerranéen. Depuis, en tout port, un navire attend une lecture qui l'affrète. Choisir alors les pavillons de ses complaisances
Ultérieurement, on eut tôt fait de vivre comme si ces sept ans-là n'avaient été que la juxtaposition d'une entrée et d'une sortie, séparés par le pur ennui, le désintérêt pur, le pur vide. Ce premier jour de sixième (où nous préparions déjà sans le savoir nos peurs de conseil de révision) et ce dernier de terminale (où nous jetâmes les cahiers de math dans la bouche d'égout de la rue Flatters) auraient ainsi été ramenés et plaqués l'un, sur l'autre comme les deux claviers d'un accordéon vidé de son air. " Roman, ode, témoignage et chimère ; Port-Ponant est tout cela à la fois. Déposition par formules lexicales amples - servies avec une gourmandise non dissimulée - inventaire ludique dicté par la beauté des noms, ce récit témoigne d'un temps - sept ans - celui du lycée dans une ville de l'Ouest des années cinquante et de tout un monde composé en mémoire et rendu, cartographié par les couleurs, les odeurs et l'histoire d'une cité réinventée. Les mots suivent, font leur chemin et brodent une adolescence nourrie de sensations, tout autant qu'ils la fouillent.
Les jardins sont à la mode, mais ils n'ont jamais cessé d'être investis par les aspirations de chaque société. Ils sont l'inscription du rêve dans la nature. Coins de campagne ordonnés par la culture, ils s'opposent au champ et sans doute aussi au paysage. Ils conservent une mémoire et signifient un pouvoir. Mais ils n'en rappellent pas moins la résistance de la nature. Le présent recueil qui représente le travail des Quatrièmes entretiens de La Garenne-Lemot est consacré à la lecture des jardins dans la littérature et l'art plastique, dans le poème et la philosophie. Les rencontres subtiles entre nature et culture fascinent dans la création de ces jardins comme remèdes à la mélancolie. S'entrecroisent ici les époques et les lieux pour faire apparaître une cohérence ou, mieux, une floraison organisée de rêveries. Art de la variation, le jardinage invite à cet échange, hédoniste et savant, entre les disciplines.
Quel est le rôle joué par l'État dans la définition et la prise en compte de ce qui est religion et de ce qui ne l'est pas, en autorisant, officialisant, légalisant, mais aussi en régulant les rapports entre les différentes religions ? La ville et ses espaces publics constituent un théâtre majeur, une scène d'expression et de visibilité de ces processus politiques, mais aussi des conflits religieux. Or, la mondialisation agit sur les pratiques religieuses et les religions, qui ne cessent de se reconfigurer. C'est la « gestion » politique et économique de ces expressions contemporaines de religiosité, et les positionnements des États face à elles, notamment dans le cadre de la ville, que se proposent d'étudier les chercheurs ici réunis - non sans faire une place aux travaux consacrés aux croyants, en tant qu'acteurs sociaux, et aux modalités selon lesquelles ceux-ci expriment ou revendiquent leur droit à une égalité de traitement en tant que membre d'une communauté religieuse.
Arabie Heureuse pour les uns, royaume de tous les rigorismes pour les autres, il est au coeur de la Péninsule Arabique un territoire de sable, grand comme quatre fois la France, qui nourrit abondamment nos fantasmes. Cet ouvrage a pour ambition de redonner place à la raison, de dessiner une image plus précise, moins passionnelle, d'un pays excessivement méconnu. Pour nous y aider, voici un précieux vade-mecum d'analyses historiques, religieuses, sociologiques et politiques, fruit d'une décennie de travail, de réflexions et d'enquêtes de terrain, indispensables pour distinguer les « djihadistes » des « salafistes », les tribus bédouines des princes saoudiens, les fortunes et ambitions des uns et des autres et mieux comprendre les moeurs locales. Cette nouvelle édition est actualisée et enrichie des toutes les données économiques, sociales, politiques et culturelles disponibles en cette fin d'année 2019.''
Explicitant la philosophie et les critères de son approche, Zafrani écrit lui-même à ce sujet : "Nous nous sommes proposés, tout au long de nos études et de nos recherches, de réaliser à la fois une analyse raisonnée des situations et une synthèse équilibrée des phénomènes afin de servir la science et la conscience historique, la mémoire collective et un patrimoine culturel qui nous est cher, à mille égards. Cela, nous l'avons fait avec le projet d'une quête des lieux de dialogue, de rencontres des hommes et des idées, d'espaces de convergences entre cultures et civilisations qui sont autant d'espaces de fidélités, de liberté et d'universalisme." Haïm Zafrani, auteur notamment de Deux mille ans de vie juive au Maroc, Juifs du Maroc. Vie sociale, économique et religieuse. Etudes de taqanot et responsa, et de Juifs d'Andalousie et du Maghreb, a consacré toute son existence à ses recherches et à l'enseignement, en étant toujours soucieux de transmettre son savoir. Son engagement, en la matière, qui était une forme de militantisme, ne peut qu'inciter à la réflexion tous ceux qui se soucient aujourd'hui d'histoire, de culture, de patrimoine, de diversité, de paix et de fraternité en ces premières décennies du XXIe siècle. Une urgence d'autant plus vitale pour l'humanité que l'enracinement culturel est devenu un enjeu capital dans le monde ultra-connecté. L'on ne peut que saluer et se réjouir de l'initiative prise par Mustapha Saha de consacrer un ouvrage à ce "penseur de la diversité", et de présenter, avec sa belle plume et le sens de la formule qui le distingue, l'homme dont il était familier depuis fort longtemps, et une oeuvre féconde dont il a une connaissance intime et qu'il rappelle avec une remarquable précision. Mohammed Kenbib.
« Vais-je tenter de faire oeuvre d'historien ? Non ni moi, ni mes parents, ni mes grands-parents n'avons la moindre prétention à entrer dans l'Histoire, fut-ce par une petite porte. Et les seuls éléments concrets dont je dispose, c'est dans ma mémoire que je peux les trouver - hormis concernant ma vie professionnelle qu'emporté par mon élan, j'ai commencé à raconter, et pour laquelle je disposais de sources abondantes. C'est donc à partir de quelques connexions neuronales survivant dans un coin de mon cerveau que je peux chercher à faire un récit où apparaîtront mon entourage, mes proches et quelques reflets d'une époque à jamais disparue. Sans trier mes souvenirs, j'ai simplement laissé courir ma plume en espérant que, dans ce désordre, certains lecteurs, dont mes petits-enfants, peut-être, trouveront une petite lucarne éclairant ce passé déjà lointain, qui nous fait ce que nous sommes, qui fait ce que vous êtes! »