Le 3 avril 2006, à Bagdad, le corps d'un célèbre violoniste irakien, Kamal Medhat, est retrouvé sur la rive du Tigre. Tout indique que l'artiste, kidnappé quelques semaines plus tôt par un groupe armé, a été assassiné. La presse ne tarde pas à découvrir l'identité originelle de ce musicien, Youssef Sami Saleh, juif irakien né en 1926, contraint en 1950 d'émigrer en Israël (après avoir été comme la plupart de ses concitoyens de confession juive déchu de sa nationalité et expulsé du pays) et décédé officiellement en 1955. Un journal américain dépêche alors à Bagdad un reporter (le narrateur), en le chargeant de faire la lumière sur l'assassinat de Kamal Medhat, pour un article qui portera la signature du correspondant en titre du quotidien. S'ensuit une longue enquête qui conduit ainsi le narrateur de Bagdad à Damas et à Téhéran, trois capitales dans lesquelles le violoniste a vécu sous différents noms et différentes identités. L'artiste a en effet vécu trois vies : celle de Youssef Sami Saleh ; celle du chiite iranien Haydar Salman (faux nom sous lequel il s'enfuit à Moscou, s'installe à Téhéran, rejoint Bagdad d'où il est une fois de plus expulsé, dans le contexte de la première guerre du Golfe) ; celle du sunnite irakien Kamal Medhat (apparu à Damas en 1981, rentré en Irak en 1982, et assassiné en 2006)? Un parcours dont la complexité est à la mesure de celle du Moyen-Orient, région où les soubresauts de l'histoire et le jeu funeste des identités obligent parfois les individus à se délester de leurs appartenances. Vies et morts de Kamal Medhat, neuvième roman d'Ali Bader, est une oeuvre ambitieuse, audacieuse, mais très maîtrisée.
Nombre de pages
336
Date de parution
17/03/2016
Poids
374g
Largeur
141mm
Plus d'informations
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EAN
9782021212082
Titre
VIES ET MORTS DE KAMAL MEDHAT
ISBN
2021212084
Auteur
Bader Ali ; Ayoub Houda ; Boisson Hélène
Editeur
SEUIL
Largeur
141
Poids
374
Date de parution
20160317
Nombre de pages
336,00 €
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Le 29 décembre 1956, l'Algérie française portait en terre l'un de ses leaders, Amédée Froger, tué la veille, alors qu'il sortait de son domicile. La nouvelle de l'assassinat a fait grand bruit, en Algérie, mais aussi à Paris, en raison de la personnalité de la victime, haute figure locale de la défense de la cause française. Ses obsèques à Alger ont rassemblé une foule nombreuse. Elles ont surtout été l'occasion de ratonnades qui ont marqué les observateurs. S'appuyant sur de nombreuses sources, dont des archives policières et judiciaires inédites, Sylvie Thénault retrace ces événements et propose à travers eux une généalogie des violences exercées par les Français sur les Algériens dans le contexte de la colonisation. Trop souvent résumées à des actions ponctuelles et paroxystiques, ou associées aux seules exactions de l'OAS à la toute fin de la guerre, ces violences - non pas celles des autorités et de leurs représentants mais bien celles de la minorité française, née là-bas - s'inscrivent dans une histoire longue. Elles se nourrissent d'un rapport de domination brutal, empruntant à toutes les formes d'oppressions possibles (économiques, sociales, politiques, juridiques, culturelles) et s'ancrent dans un espace urbain où les différences et les inégalités se lisaient à la moindre échelle, celle du quartier, voire de la rue ou de l'immeuble. Faisant des événements ayant entouré la mort et l'enterrement d'Amédée Froger le chaînon manquant de cette longue histoire, Sylvie Thénault propose ici une histoire spatiale et sociale de la guerre à Alger, en plaçant au coeur de l'interrogation ce que les ratonnades doivent aux rapports entre les populations en présence.
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