Economie de la débrouille à Kinshasa. Informalité, commerce et réseaux sociaux
Ayimpam Sylvie ; Wautelet Jean-Marie
KARTHALA
28,01 €
Epuisé
EAN :9782811109509
Comment, dans un contexte de crise économique et sociale durable, les citadins réinventent-ils les moyens de leur survie à Kinshasa ? C'est à cette question que cet ouvrage s'attache à répondre. On y trouve une description ethnographique minutieuse des dispositifs microsociaux qui permettent aux citadins-commerçants d'approvisionner la ville et aux citoyens ordinaires de continuer simplement à vivre. Le livre plonge ainsi le lecteur dans les multiples formes de la "débrouille" qui organisent l'univers du petit commerce dans les marchés de la ville de Kinshasa. La créativité de la débrouille kinoise ne cesse d'étonner. Elle révèle l'ingéniosité des solutions que les citadins inventent quotidiennement pour capter un revenu dans un contexte singulier de déliquescence institutionnelle et d'anomie. Mais, ses expressions et ses manifestations n'ont été le plus souvent décrites que dans leurs dimensions individuelles. L'originalité de ce travail est de les décrire en interaction et de les appréhender aussi dans leur dimension collective, comme des codes sociaux. Tout en suivant le fil conducteur du commerce de détail, l'analyse entrecroise en permanence deux ordres de réflexion. Le premier porte sur la question particulière de la petite économie urbaine. A cet égard, l'ouvrage restitue l'ambivalence des stratégies de coopération et de solidarité contraintes par la précarité omniprésente et par la violence ordinaire qui en découle. Le second, plus politique, porte sur la réinvention des normes et des formes de régulation que révèlent les pratiques sociales et économiques des commerçants. La réflexion finale de l'ouvrage porte sur la question de la régulation sociale, montrant que l'économie de la débrouille n'est pas seulement le lieu d'enchevêtrement de plusieurs logiques - parfois contradictoires - mais qu'elle est également un espace de réinvention normative à travers lequel peut se lire la dynamique des changements en cours.
Nombre de pages
334
Date de parution
24/06/2014
Poids
560g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782811109509
Auteur
Ayimpam Sylvie ; Wautelet Jean-Marie
Editeur
KARTHALA
Largeur
160
Date de parution
20140624
Nombre de pages
334,00 €
Disponibilité
Epuisé
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La mondialisation a pour conséquence un affaiblissement de la souveraineté des États-nations qui a ouvert la voie à une multiplication de sphères d'actions informelles, non légales voire illégales. En Afrique, l'« informalisation » des institutions se réalise sous la forme d'arrangements, de conventions, d'usages qui s'écartent des « normes officielles ». Ce sont ces processus de régulation informelle que cet ouvrage - le premier en français sur les « normes pratiques » - explore en profondeur.
Paul Blanquart (1934-2024) est né dans le Nord dans une famille marquée par le christianisme social dont il a hérité sa vocation militante. Il entre en 1955 chez les dominicains, parce que certains d'entre eux avaient soutenu les prêtres-ouvriers condamnés par Rome en 1954. Il y voyait une alternative à l'Église institutionnelle et cherchait surtout une réponse existentielle à ce qu'il ne trouvait pas de manière satisfaisante dans le marxisme dont il s'est toujours revendiqué mais dans une perspective chrétienne et prophétique : la fraternité. Après ses études au Saulchoir et son service militaire en pleine guerre d'Algérie, Paul Blanquart enseigne quelque temps à la Faculté de philosophie de l'Institut catholique de Paris et participe à la « prise de parole » de mai 1968 tout en s'intéressant de près aux événements révolutionnaires de l'Amérique latine, notamment au Brésil et à Cuba. Il entendait promouvoir le rôle spécifique des chrétiens dans les luttes révolutionnaires. En 1973, Paul Blanquard est poussé à interrompre ses cours à l'Institut catholique de Paris, en raison d'oppositions. Il travaille alors comme rédacteur en chef adjoint à Politique Hebdo et participe à la création de La Gueule ouverte. Puis, après avoir dirigé le Centre de création industrielle de Beaubourg (1982-1984), il enseigne la sociologie à l'Université Paris-XII. Esprit brillant, homme de grande culture, militant résolu, passionné de rencontres, il s'engage dans l'éducation populaire et l'écologie en mettant en garde contre un monde dominé par la connivence entre technologies et hiérarchies au détriment de la fraternité. D'où son engagement dans la Fondation Un monde par tous pour promouvoir une culture qui ne soit pas coupée de la nature, une politique qui ne soit pas simple gestion technocratique et une économie qui ne se réduise pas à la valeur marchandise. Les textes présentés ici visent à faire connaître son engagement et cette pensée originale qui n'a pas toujours été bien comprise, notamment dans sa défense du « Dieu » d'Abraham et des prophètes qui marche à nos côtés en rupture avec le « Dieu » des institutions ecclésiastiques et des appareils technocratiques... Marginalisé par plusieurs institutions, il s'est toujours revendiqué « chrétien et dominicain », éveilleur de consciences, à la fois provocateur et homme de fraternité.
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