Bâtards et bâtardises dans l'Europe médiévale et moderne
Avignon Carole
PU RENNES
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EAN :9782753549487
Les auteurs ont cherché à poser les jalons d'une histoire sociale et culturelle de la bâtardise dans les sociétés européennes du Moyen Age et de l'époque moderne. La diversité des disciplines mobilisées (histoire, histoire du droit, linguistique, littérature, démographie historique) permet de mettre en valeur la pluralité des approches d'un statut intrinsèquement complexe, d'une réalité sociale irréductible à un modèle unique, dont l'appréciation par l'Eglise, la société ou la parenté oseille entre exclusion et intégration, stigmatisation et réhabilitation. Ils ont articulé l'approche théorique de ce que le droit nous dit d'un statut pensé comme outil de contrainte pour hiérarchiser les filiations et promouvoir l'institution matrimoniale, à celle, pratique, de profils ou de destins parti- culiers. La bâtardise renvoie à une "macule de geniture" ou un defectus nalalium qui stigmatise l'enfant (naturel, adultérin, ou sacrilège) né d'un couple qui n'était pas uni en "loial mariage". Les bâtards sont exclus des ordres sacrés et de (héritage de leurs parents ; leur témoignage est irrecevable en justice ; de nombreux métiers leur sont inaccessibles. L' "honnêteté de leur conversation" peut toutefois permettre de motiver une demande de dispense auprès du pape pour accéder aux ordres majeurs ou une légitimation auprès des pouvoirs souverains pour hériter de leurs parents ou accéder à des offices. Pour tes autres, théoriquement sans gens ni genus, quel destin se profile donc ? Une parentalité particulière s'exprime selon que l'enfant est accueilli dans une fratrie, dans la maison de son père, ou qu'il est abandonné aux institutions charitables qui se substituent au père charnel ; selon aussi que l'enfant naît ou non dans la noblesse qui lui offre un temps certaines opportunités d'ascension sociale. L'ambiguïté du regard des sociétés anciennes sur ce statut se révèle aussi dans la manière dont les littératures médiévales et modernes ont pu mobiliser la figure du bâtard, "monstre politique", incarnation d'une hybridation originelle qui permet de problématiser les normes sociales et politiques de leurs temps.
Nombre de pages
560
Date de parution
18/08/2016
Poids
940g
Largeur
165mm
Plus d'informations
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EAN
9782753549487
Titre
Bâtards et bâtardises dans l'Europe médiévale et moderne
Auteur
Avignon Carole
Editeur
PU RENNES
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165
Poids
940
Date de parution
20160818
Nombre de pages
560,00 €
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Justice ordinaire, vengeance privée, ordalie..., peine de mort, bannissement, châtiments corporels..., le fonctionnement de la justice médiévale est complexe. Exercée par une multitude de juges, laïcs ou ecclésiastiques, professionnels du droit ou pas, c'est un enjeu de pouvoir considérable. Cette synthèse présente, au-delà des aspects techniques, institutionnels et procéduriers attendus, une approche sociale et politique du monde judiciaire du Ve au XVe siècle, en insistant sur les complémentarités et les concurrences qui s'y jouent.Maïté Billoré est maître de conférences en histoire médiévale à l'université Jean Moulin-Lyon III.Isabelle Mathieu et Carole Avignon sont maître de conférences en histoire médiévale à l'université d'Angers.
La disparition de Jean-Michel Matz en 2020 a laissé un vide au sein de la communauté scientifique des médiévistes, tant dans le champ de l’histoire des pratiques religieuses et de la spiritualité, que dans celui des études angevines. L’hommage qui lui est ici rendu est l’occasion de dresser un bilan des savoirs dans les champs de l’histoire du Moyen Âge qui lui sont chers : l’histoire du clergé séculier et de son milieu, principalement celui des cathédrales, étudiés en réseau ; celle des pratiques de perfection et d’encadrement de la foi, tout particulièrement dans le domaine de la sainteté ; les méthodes de gouvernement, depuis la pastorale jusqu’à la communication politique, qui ouvrent une large réflexion sur l’aire de domination des deux maisons d’Anjou à l’échelle de l’Europe. En outre, ce livre met en avant les méthodes et les pratiques du chercheur et de l’enseignant. Il place la source de l’historien au coeur du propos. Chaque chapitre est l’occasion de mettre en oeuvre une source principale en la commentant, en l’éditant ou en la présentant. Il s’agit ainsi de fournir des matériaux à la réflexion de l’historien et au pédagogue, qu’il s’agisse de documentation éditée, d’iconographie, de données archéologiques. La quarantaine d’études proposées par des chercheurs français ou étrangers est articulée autour de cinq thématiques : le clerc en son milieu, de la pastorale à la quête de perfection, gouverner les peuples et les terres, l’Anjou et ses princes, les horizons angevins.
Traditionnellement, la qualification de « bâtard » rappelle la naissance hors mariage d’une personne et l’inconduite sexuelle de ses parents. Longtemps perçue comme une déviance sociale et familiale, la bâtardise stigmatise l’enfant qui se retrouve entaché d’un defectus natalium. À cause de ce défaut de naissance, les bâtards sont, durant des siècles, exclus de l’héritage de leurs parents et des ordres sacrés. Pourtant, les bâtards nobles bénéficient d’une situation privilégiée dans le royaume de France à la fin du Moyen Âge, sous l’impulsion des lignages dont ils sont issus. L’ouvrage propose d’appréhender la bâtardise comme un objet d’histoire sociale, à partir d’un exemple précis : la « maison » ducale de Bourbon du XIVe au milieu du XVIe siècle. L’objectif est de comprendre les raisons pour lesquelles ce lignage a promu ses bâtards, hommes et femmes, tout en analysant les formes de cette promotion et ses limites. Les enfants naturels se singularisent par des langages identitaires qui les autorisent à se revendiquer du lignage paternel. Ils bénéficient d’un statut qui leur est propre : incorporés dans une parenté qui leur assure un rang social tout en les distinguant à travers les discours et les pratiques. Les bâtards concourent ainsi à la reproduction sociale de la famille. Par leurs fonctions, leur patrimoine ou leurs alliances, ils soutiennent les ambitions politiques des princes, dans un contexte de restructuration des rapports de force avec la royauté.
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ...A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ...A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.