On aura parcouru, on aura reconnu des traces de soi, on se sera croisé. De cet entrecroisement de traces de soi, quelque sens, peut-être, devait se coudre de mots : autres traces - ici. Conjointure. On sera compris dans le paysage - dévasté, rompu. On sera peuplé d'échos d'autres voix, sous des masques, sous la peau de bois des masques, ou de traits de lumière absolument noire, sur le bord de la falaise, dans le désastre, parmi des cris que leurs gorges ne reconnaissent pas. On sera devenu multiple, on aura effacé - les terres sombrent, les lieux et les êtres se disposent en abîme, les figures se fixent sur la paroi de la chambre obscure, - qui parle même, au fond ...
Nombre de pages
200
Date de parution
09/10/2001
Poids
255g
Largeur
130mm
Plus d'informations
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EAN
9782080681331
Titre
Codex
Auteur
AUXEMERY
Editeur
FLAMMARION
Largeur
130
Poids
255
Date de parution
20011009
Nombre de pages
200,00 €
Disponibilité
Epuisé
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des boeufs des passeurs d'âme au hasard des rencontres nous en faisons le compte nous comptons le nombre de nos vies tandis que passent sur la page dans le paysage les bêtes sévères les boeufs des hauts plateaux nos animaux industrieux nos âmes affairées nos vies défaitesNé en 1947, Auxeméry vit au bord de l'Atlantique. Traducteur de nombreux poètes américains, ses périples à travers le monde - et les lointains méandres de sa bibliothèque - ont nourri une oeuvre dont l'essentiel a été regroupé dans Parafe (1994) et Codex (2001), au sein de la collection Poésie/Flammarion.
Il aura fallu à Auxeméry un long détour en Afrique - où il passe l'essentiel des années 1970 - pour se résoudre à la fatalité du travail poétique. Au cours de ce séjour africain la découverte de cette méthode propre à l'oubli de soi qu'est la traduction va le remettre sur des pistes qu'il pensait avoir désertées. Le mouvement ira dès lors en s'amplifiant, selon deux axes étroitement liés : l'écriture de son "oeuvre propre" s'avérant indissociable du travail traducteur mené en parallèle. Comme Parafe (1994) et Codex (2001) précédemment parus dans la collection Poésie/Flammarion, Failles/traces fait alterner plusieurs séquences poétiques composées ces dernières années - parmi lesquelles on retiendra particulièrement le Retable adressé à Rachel Blau DuPlessis - et la réinscription de quelques textes plus anciens, que le temps seul pouvait conduire à leur terme. Mais le travail d'Auxeméry a toujours été d'un seul bloc : ses divers ouvrages n'en forment qu'un, où la matière du réel et la chair des mots tissent leur lent et fructueux dialogue. Et si depuis Les animaux industrieux (2007) la méditation paraît plus amère, face à l'effondrement du siècle, ce nouvel ensemble n'en continue pas moins d'opposer à la vanité du travail des hommes la beauté fugace de leurs gestes, l'élan rigoureux de leurs rêves, la grandeur parfois des signes qu'ils ont su tracer.