Ces mots qui ne vont pas de soi. Boucles réflexives et non-coïncidences du dire
Authier-Revuz Jacqueline
LAMBERT-LUCAS
60,00 €
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EAN :9782359353693
Cet ouvrage est consacré à la question de l'auto-représentation de l'énonciation, à travers l'étude de gloses réflexives du type si vous voyez ce que je veux dire, comme vous dites, ce qu'on appelle..., comment dire ? , à proprement parler, au sens propre, si j'ose dire, etc. Au lieu de s'accomplir "simplement" sur le mode des évidences inquestionnées, l'énonciation, se redoublant d'un commentaire d'elle-même, se représente localement comme "n'allant pas de soi" : le signe au moyen duquel on parle devient en même temps ce dont on parle, cette structure sémiotique complexe correspondant à un mode d'énonciation dédoublé, celui d'un dire non coïncident à lui-même. L'auteur inventorie et décrit les formes si variées dont l'énonciateur accompagne son dire puis en interroge la fonction, saisie – en appui à diverses approches théoriques, notamment lacanienne, du sujet et du sens – comme négociation obligée des énonciateurs dans la relation d'interlocution, du discours traversé par d'autres discours, des mot aux choses, des mots à eux-mêmes.
Nombre de pages
790
Date de parution
15/07/2022
Poids
1 040g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782359353693
Titre
Ces mots qui ne vont pas de soi. Boucles réflexives et non-coïncidences du dire
Auteur
Authier-Revuz Jacqueline
Editeur
LAMBERT-LUCAS
Largeur
155
Poids
1040
Date de parution
20220715
Nombre de pages
790,00 €
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Cet ouvrage est consacré à la question de l'auto-représentation de l'énonciation, à travers l'étude de gloses réflexives du type si vous voyez ce que je veux dire, comme vous dites, ce qu'on appelle..., comment dire ?, à proprement parler, au sens propre, si j'ose dire, etc. Au lieu de s'accomplir "simplement" sur le mode des évidences inquestionnées, l'énonciation, se redoublant d'un commentaire d'elle-même, se représente localement comme "n'allant pas de soi" : le signe au moyen duquel on parle devient en même temps ce dont on parle, cette structure sémiotique complexe correspondant à un mode d'énonciation dédoublé, celui d'un dire non coincident à lui-même. L'auteur inventorie et décrit les formes si variées dont l'énonciateur accompagne son dire puis en interroge la fonction, saisie - en appui à diverses approches théoriques, notamment lacanienne, du sujet et du sens - comme négociation obligée des énonciateurs dans la relation d'interlocution, du discours traversé par d'autres discours, des mot aux choses ; des mots à eux-mêmes.
Comment aborder ce qui fait ajout dans la matérialité écrite? Comment rendre compte de ce qui s'y donne à voir comme en plus, second ou secondaire, et qui se distingue du geste génétique d'ajouter? En croisant des approches linguistiques, discursives, styptiques, littéraires, cet ouvrage parcourt la diversité sous laquelle se réalisent ces figures d'ajout: formes syntaxiques de l'incise, opposition, coordination, formes typographiques des parenthèses, tirets doubles, notes infrapaginales, formes textuelles de la mise en page, des genres paratextuels, et des digressions, commentaires, continuations... L'ajout signe, au c?ur d'une écriture, sa rencontre avec "de l'autre" par les jeux avec la linéarité, avec les temps de l'écriture, par le dédoublement réflexif, la polyphonisation voire la dispersion de la voix énonciative, les bifurcations, greffes, cicatrices. Une écriture, à travers ses ajouts, donne forme de façon singulière à son propre rapport à la complétude.
Le fait autonymique est ce qui inscrit, dans les langues naturelles et sous diverses formes, la possibilité de " parler des mots ". Il est ainsi forcément présent dans les discours dont l'objet porte sur le langage ou qui s'interrogent sur la langue : dans les grammaires, les dictionnaires, ou les interactions dans les cours de langue, par exemple. Mais il surgit également dans les situations les plus diverses dès que les discours ne se contentent pas de parler des " choses " avec des mots, échangeant alors des mots à propos des mots : je ne comprends pas ce mot, comme vous dites, etc. Les études rassemblées dans ce volume analysent des pratiques langagières variées, des conversations familières, des dialogues de théâtre, des débats idéologiques, des journaux télévisés, des écrits psychanalytiques, des récits romanesques, etc., saisissant, au-delà de la variété des formes, les différents enjeux (didactiques, esthétiques, subjectifs, idéologiques, etc.) du fait autonymique. Il apparaît ainsi une " rhétorique de l'autonymie ", qui se décline différemment selon les époques, les genres, les situations, les styles, et qui constitue désormais une " entrée " opératoire dans la description des discours.
Dans une région montagneuse et tourmentée de l'Afrique Occidentale, où le problème de la subsistance se pose de façon aiguë, une population a frappé depuis longtemps les observateurs par la hardiesse de son architecture, la qualité de son artisanat, la vitalité de ses rites et la beauté de ses manifestations culturelles. Depuis les travaux classiques de Marcel Griaule, les Dogon sont un des hauts lieux de la littérature ethnographique. Geneviève Calame-Griaule, sa fille, en renouvelle l'étude. Civilisation du verbe : le mythe même de la création y atteste le rôle primordial de la parole. Les ancêtres des hommes, êtres proches du poisson, descendus sur la terre avec "l'Arche du monde", reçoivent le miracle de la parole de Nommo, leur compagnon, lui-même fils de l'oeuf fécondé par la "parole" d'Amma. Dans ce monde créé, tout "parle". L'homme cherche son reflet dans tous les miroirs d'un univers à son image, dont chaque brin d'herbe, chaque moucheron, est porteur d'une "parole", d'un symbole. Si la réalité est ainsi comme un livre dont il faut, pour un esprit dogon, interpréter les signes et décoder le message, il est clair que ces "archives de la parole du monde" se sont constituées, au cours des siècles, selon des habitudes et des lois qui dominent la mentalité dogon. D'où une théorie et une mythologie de la parole ; d'où l'inventaire de ses rôles dans la vie amoureuse et religieuse comme dans la solution des conflits sociaux ; d'où sa place enfin parmi les autres moyens d'expression que sont la plastique et la musique. C'est toute la conscience qu'une collectivité a d'elle-même et du monde qui nous est ainsi restituée. Vaste inventaire. Patient déchiffrement. Mais cette analyse exemplaire que fait Geneviève Calame-Griaule des rapports entre le langage et une société particulière revêt alors un sens universel." (Présentation de la première édition, Paris, Gallimard, 1965) Geneviève Calame-Griaule.