Un mystérieux corbeau au prénom biblique et à l'attitude prophétique, Jacob, tente de décrire et de comprendre les m'urs et les coutumes de l'être humain («?cet animal qui s'enrhume?»). Et plus encore que de s'intéresser simplement à la société humaine, l'oiseau au bec dur et à la plume noire observera la vie dans le camp de concentration du Vernet, situé sur le bord de la route Nationale 20, au nord de Pamiers en Ariège. Dès 1939, suite la défaite de la République espagnole, furent emprisonnés dans ce camp d'internement français 12?000 combattants espagnols de la Division Durruti. A la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, les étrangers «?indésirables?», les intellectuels antifascistes, les membres des Brigades internationales furent également internés au Vernet dans des conditions terribles. Elles seront décrites par l'écrivain Arthur K?stler ? lui-même interné au Vernet d'octobre 1939 à janvier 1940 ? dans La Lie de la terre. A partir de 1942, transitent par le camp les juifs arrêtés dans la région, par l'administration de Vichy dans un premier temps, puis par les Allemands. En juin 1944, les derniers internés sont évacués et déportés à Dachau. Au total environ 40?000 personnes de 54 nationalités y ont été internées, principalement des hommes, mais des femmes et des enfants également. Max Aub fut interné au Vernet entre 1940 et 1941 puis déporté à Djelfa jusqu'en 1942. Tel un petit traité, au-delà de cette terrible expérience, ce récit permet à Max Aub de retracer avec un humour glaçant, avec ironie et sarcasme, le comportement des hommes et le destin tragique de la condition humaine. Max Aub en a publié une première version dans la revue Sala de Espera, en 1949 et 1950, puis une seconde version modifiée, en 1955. C'est la traduction de cette dernière que nous proposons ici.
Nombre de pages
125
Date de parution
08/11/2019
Poids
140g
Largeur
131mm
Plus d'informations
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EAN
9782889550203
Titre
Manuscrit corbeau
Auteur
Aub Max ; Contré Guillaume
Editeur
HEROS LIMITE
Largeur
131
Poids
140
Date de parution
20191108
Nombre de pages
125,00 €
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Il pourrait s'agir d'un (petit) volume de confessions. A la faveur d'une préface mi-figue mi-raisin, où mauvaise foi et sincérité confondent assez vertigineusement leurs rôles, l'auteur nous laisse croire que les "crimes" dont il est question dans son livre sont le fruit d'une longue enquête auprès des divers (et nombreux) assassins qu'il a pu croiser sur deux continents. Mais très vite l'on sent que ces actes irréparables, il les prend à son compte : oui, c'est bien lui qui a commis (ou rêvé de commettre ?), au long d'une vie très ordinairement remplie, cette centaine de meurtres perpétrés au moyen d'armes variées, simples ou sophistiquées suivant les cas, dans des mises en scènes baroques ou classiques, par souci de morale et de vertu le plus souvent, de justice toujours. Cioran aimait à dire qu'il ne se souvenait pas avoir vécu une journée de sa vie où ne lui fût pas venue au moins une fois, et généralement plusieurs, le désir d'occire un (ou plusieurs) représentants de cette tribu que l'on appelle l'humanité. Avait-il lu le petit livre de Max Aub ? Il n'est plus là pour nous le dire. L'eût-il fait qu'un vif sentiment d'envie n'eût pas manqué de l'étreindre, car le señor Aub n'y va pas de main morte, si l'on ose dire. Couronné à sa sortie en français par le Grand Prix de l'Humour noir, Crimes exemplaires avait été salué par toute la presse : "Humour de styliste, qui aiguise les pointes et envenime le dard, à la manière de Swift ou à celle de Borges... Un éclat de diamant."
Qui est Jusep Torres Campalans, cet illustre méconnu méritant une si magistrale biographie ? Un peintre catalan ayant rejoint son ami Pablo Picasso sur la butte Montmartre à l'aube du XXe siècle, pionnier du cubisme, jalousé par Juan Gris mais fort apprécié d'Apollinaire et de Mondrian. Conjuguant anarchisme et foi catholique, il a mis fin à sa carrière de peintre en 1914, les origines allemandes de sa compagne précipitant son exil au Chiapas (Mexique) où il va cultiver un art de vivre hédonique auprès des Chamulas. C'est là que Max Aub aurait rencontré ce personnage légendaire, un être propice à la fiction. Et pour cause, puisqu'il n'a jamais existé hors cette supercherie littéraire. Y. P.
Max Aub publie Crimes exemplaires au Mexique en 1956, et depuis, ce petit brûlot est devenu unclassique de l?humour noir, considéré par ses aficionados comme un livre culte. L?auteur passe en revue cent trente assassinats commis en toute bonne foi. Des crimes motivés par la nécessité: « Je l?ai tué parce qu?ils m?ont donné vingt pesos pour que je le fasse »; l?exaspération: « Je voulais un fils, Monsieur! A la quatrième fille je l?ai tuée »; l?amour: « ? Plutôt mourir! me dit-elle. Et dire que ce que je voulais par-dessus tout c?était lui faire plaisir »?Cynisme, férocité et drôlerie se mêlent dans ce florilège de confessions fantaisistes et affûtées?comme des lames de couteau.
L?écrivain et critique David Bosc tente dans ce court texte de penser le rapport singulier que les écrivains peuvent entretenir avec le langage. Son texte s?ouvre sur l?adage fameux de Nicolas Boileau, selon lequel « Ce que l?on conçoit bien s?énonce clairement ». Cette affirmation est d?emblée mise en regard d?autres citations qui constituent autant de témoignages d?écrivains sur leur expérience. David Bosc, en lecteur et en écrivain, entre en dialogue avec ces voix plurielles et s?interroge avec elles sur la place de l?intention et du rythme dans l?écriture, sur ce qui peut pousser à écrire, ou sur ce qu?on peut entendre ou désigner par auteur ou créateur. Il se fraie un chemin à travers des mots dont il fait entendre toute l?épaisseur de sens : celui d?instance, par exemple, qui serait peut-être plus juste que celui d?auteur pour penser la création. Il fait ainsi résonner, dans ce tissage de voix d?autres «praticiens» et penseurs, , et ce depuis leur singularité, une expérience commune de l?écriture, celle d?un non-savoir, et d?une aventure qui relève moins d?une intention maîtrisée que d?un perdre pied au sein du langage. Ce texte reprend une conférence prononcée au Banquet du livre d?automne de Lagrasse, le 29 octobre 2016.
Quitter les lieux communs, prendre ses distances avec tel ou tel discours à la mode et retrouver enfin "une parole dense, une culture fondée, un monde intimement et intensément vécu" . Voici, pour le poète, l'essentiel. Territoires chamaniquesest le fruit d'un long travail de récolte de chants et de poèmes oraux. Kenneth White nous introduit avec jubilation à une poésie première, qui n'a cessé de nourrir, à travers le monde, un sentiment de proximité avec les choses et les êtres. Une poésie qui dessine une géographie originale et originelle dont les contours délimitent les fondements mêmes de notre culture. Cet ouvrage a fait l'objet d'une première édition en 2007.
Abu Al-Hayyat Maya ; Mikhaïl Mireille ; Julien Hen
Cette anthologie des poèmes de Maya Abu Alhayyat prend pour thème la situation des Palestiniens en Palestine. A l'enseigne du titre qu'elle donne à l'anthologie, ses raccourcis ressemblent souvent à des litotes qui tournent mal. Quand elle demande "comment tu as traversé la rue" , elle se doit de préciser "à ta sortie de prison" . Une poésie de la douche froide, comme sans y toucher. La vie pourtant quand même passe, "Oh merveille" écrit-elle, avec ses petits bonheurs, ses peurs abyssales, ses révoltes rentrées, ses accès de panique. Encore et encore. Le recueil est une anthologie, composée par l'autrice Maya Abu Al-Hayyat, à partir de ses livres Ce sourire... ce coeur (2012), Robes d'intérieur et guerres (2015) et La peur (2021). La traduction s'efforce de respecter la limpide architecture formelle des poèmes et de perpétuer l'espèce de flottement d'une sensibilité à la fois toujours aux aguets et réceptive aux signaux faibles de la vie ordinaire pourtant presque impossible à vivre dans un tel contexte.
Mendel Singer alluma la bougie dans la bouteille verte à côté du lit et alla à la fenêtre. Là, il vit le reflet rougeâtre de la vivante nuit américaine qui se jouait quelque part et l'ombre argentée intermittente d'un projecteur qui semblait désespérément chercher Dieu dans le ciel nocturne. Oui, Mendel voyait même quelques étoiles, quelques misérables étoiles, des constellations déchiquetées. Mendel se souvenait des nuits claires et étoilées au pays, du bleu profond du ciel immensément étendu, du croissant de lune doucement courbé, du sombre murmure des pins dans la forêt, des voix des grillons et des grenouilles.