Au coeur d'un système qu'on devine totalitaire, se donne une fête qui révèle le labyrinthe des peurs, l'une se contaminant des autres, au gré du vent de l'Autorité ; cette pièce a été écrite au lendemain d'un congrès des "jeunesses progressistes" ; l'URSS savait organiser ces messes d'un type nouveau. Liliane Atlan rapporte de cette expérience, à Moscou, il y a un peu plus d'un demi-siècle, une forme de réquisitoire qui lui est particulière. On se meut dans un univers kafkaïen ; le spirituel n'y circule plus, ou plutôt à revers. Comme toujours, le dérisoire et la tendresse luttent, à armes inégales, contre la conspiration du seigneur avide de ses servitudes. Les portes claquent, s'ouvrent et se ferment sur des espaces qui sont plus mentaux que physiques. Il reste au grotesque le soin de masquer ou de marquer la dilapidation du meilleur propre aux hommes. Le système des Portes a ceci de singulier qu'il laisse échapper la liberté ; plutôt que de mourir, tous frais considérés, elle s'espère et, par ce chas, aucun bourreau ne saurait s'introduire. Suivant La Vieille Ville, Les Portes étonnent par leur modernité et on pour elles l'universel qui assure contre le vieillissement. La dictature est encore un système actuel. L'allergie aux lois chez les plus nantis, la confiscation des libertés ailleurs confèrent à cette pièce la force et la valeur de celles qui ne se démodent pas.
Nombre de pages
149
Date de parution
28/02/2007
Poids
170g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782296028685
Titre
Les portes. Le Maître des Eaux Amères
Auteur
Atlan Liliane
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
170
Date de parution
20070228
Nombre de pages
149,00 €
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Dans un ghetto, des soldats s'amusent à tendre un piège aux derniers survivants cachés dans les égouts. Ce sont des enfants qui surgissent. Ils sont quatre et ils ne sont déjà plus des enfants mais des êtres détruits qui regardent sans pitié ce monde qui les a faits et les condamne. On les emmène à Bourg-Pourri, ou la Vallée des Ossements. Mais Grol, un soldat, dit Monsieur Fugue, décide de monter dans le camion, avec eux. Pour leur inventer, malgré l'horreur, une ultime fois, l'aventure de toute une vie. Il n'a qu'une heure. Cette pièce, « Monsieur Fugue ou le mal de terre », a été traduite dans de nombreuses langues et jouée dans de nombreux pays.
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Le Petit Lexique rudimentaire et provisoire des Maladies nouvelles est, dans l'oeuvre de Liliane Atlan, entre son théâtre, ses ouvrages de poésie et de prose, tel un moment de repos. Si on l'observe de près, on constatera qu'il est dans le droit fil de sa réflexion. En son glossaire, elle se moque d'abord de ses maladies. Maladies, sociales ou sociétales, elles font un sort à une humanité scabreuse dont l'intolérance est à la fois l'humus et le viatique. Promenons-nous au hasard ; s'il est désopilant, ce livre l'est par défaut. Le ton léger est plus profond que l'argument sentencieux ; Atlan y excelle. Son théâtre est traversé de ces lumières obliques. On y respire entre deux tragédies.
Ce texte est un archipel de dialogues. Il a l'apparence et la rigueur de la littérature théâtrale ; il n'en ressortit pourtant pas. Le téléphone en est le pivot et la fable : par lui, à travers lui, surgissent des personnages venus d'on ne sait quelle comédie exquise et amère : voyez ces étranges hurluberlus qu'on croirait appartenir au monde d'un Dario Fo, ou ces jeunes toxicomanes avec qui la narratrice a mené une expérience de désintoxication par la force du langage dont le théâtre est précisément l'expérience la plus souple, la plus libératrice et la plus sacrée. Mais nous sommes d'abord dans l'univers de Liliane Atlan, c'est-à-dire jusqu'à l'ultime conséquence d'un mode d'écriture qui fait du grotesque un art à part entière : ce livre inénarrable, tendre, fou, est une recherche permanente d'un bonheur décidément illusoire ; là où le pathétique des situations aurait créé ses niches ordinaires, nous avons un festival de mots truculents. Ce sont ces mots qui engendrent à la fois ces dits personnages et ces situations. Même les oiseaux ne peuvent pas toujours planer est sorti en allemand chez l'éditeur Rüdiger Fisher, à partir du manuscrit original, en 2006. C'est le seul texte que la dramaturge, dont la réputation n'est plus à établir, consent d'appeler " roman ". Il en possède la liberté et l'originalité. Son secret tient d'abord à un style particulier - dans son théâtre, ou dans ses récits, il a été distingué et célébré il y a déjà plusieurs décennies.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
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