Ce livre n'est pas dans le courant. Il est un courant lui-même, dans lequel il suffit de se faire transporter - à son petit galop, doucement plaintif -, pour se retrouver sur un chemin où s'exposent, se déroulent, sont mis à nu des sentiments à l'état pur. Quatre textes, ou chapitres, parcourent des passions différentes, en couches superposées : la première respire encore à l'air libre, puis petit à petit elles s'enfoncent, dans la mémoire, dans l'enfer, dans l'enfance. La nouveauté de ce livre, de ce ton, est de révéler des blessures sans les envelopper de circonstances. Pourquoi n'est-ce pas un livre angoissant ? Ni même triste ? Pourquoi nous entame-t-il dans des vertiges d'intimité comme dans une promenade à la campagne ? Parce qu'il explique un paysage. Et c'est un paysage à la fois tout à fait connu (le paysage de la souffrance qu'on dit " sans raison "), et tout à fait inconnu (rien n'est plus étranger que la souffrance elle-même, si semblable soit-elle à la nôtre). Ou, pour mieux dire, tous les éléments du paysage nous sont familiers, le guide est un petit paysan qu'on a vu naître, et chaque pas pourtant nous enfonce sous un ciel de plomb dont la lumière d'acier et de brume découvre une nouvelle manière d'exil.
Nombre de pages
120
Date de parution
12/02/2000
Poids
149g
Largeur
130mm
Plus d'informations
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EAN
9782876733046
Titre
Rien n'est perdu. Récit
Auteur
Asso Françoise
Editeur
CHAMP VALLON
Largeur
130
Poids
149
Date de parution
20000212
Nombre de pages
120,00 €
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Il y a quelqu'un qui parle : on ne peut pas dire qu'il raconte, ni une histoire ni sa vie ni lui-même. Il parle pour parler : autrement dit, il fait des phrases. Comme tout un chacun, dirait-il, il a de petites idées sur beaucoup de choses : sur les chats et sur les girafes, sur les chaussures, sur les mots, sur les grenouilles, sur les romans, sur les murs, etc. Il y a des arguments sur lesquels il a beaucoup d'idées (l'hôpital et la prison, c'est ce qu'il dit), il y en a sur lesquels il n'en a pas (la vie, l'amour, c'est ce qu'il dit), il y en a qui ne l'intéressent pas beaucoup et qui reviennent comme des mouches - que personne n'aime et dont il est si difficile de se débarrasser. Il y en a qui l'intéressent (un visage, ou plusieurs : on n'en sait rien, il ne précise pas) et dont il se détourne - depuis toujours, dit-il, mais on n'est pas obligé de le croire. Non plus quand il dit qu'il est seul. Il l'est, certes, mais comme tout un chacun. Ni plus ni moins. Plutôt moins, à tout prendre - à prendre les chats, les girafes, les grenouilles, les visages, et toutes ces phrases, tous ces livres qui l'accompagnent et qui viennent se glisser dans ses phrases à lui, dont il dirait sans doute qu'elles sont aussi bien de tous. Il dirait aussi qu'un livre, c'est comme le reste, et plus encore : chacun y voit, y trouve ce qu'il veut. Ça dépend, oui, ça dépend. Lui, il y a mis des animaux, des visages, des couloirs, des tunnels, des lieux, des livres, des morceaux de phrases et d'images qui ne sont pas plus à lui qu'à n'importe qui : on a beau être seul, on est accompagné.
Résumé : A l'origine de l'?uvre de Nathalie Sarraute, une impulsion qui pousse à s'avancer vers, à s'élancer contre : impulsion de recherche, d'entame, d'attaque, par laquelle le sujet et le texte réagissent à une " forme " qui toujours menace. Cette forme qui est ici sans relâche ébranlée (idée reçue, sentiment de convention ,personnage, mot qui étouffe.)est-ce contre quoi l'?uvre s'écrit et ce sur quoi se fonde la réflexion esthétique de l'écrivain : d'où la formidable cohérence de cette ?uvre, qui réfléchit d'une manière aussi radicale que naturelle à son propre fonctionnement. C'est sous le signe de ce mouvement irrépressible que sont étudiés ici les différents choix formels de Nathalie Sarraute : moments narratifs, éclats de discours et de voix, images fugitives, retours modulés et altérés du même composent une poétique de l'instable par où la réalité peut s'appréhender dans son éternelle agitation. Françoise Asso est maître de conférences de littérature française à l'Université de Lille III.
Que chantait-on dans les rues ou à la cour, lors des révoltes anciennes ? Des paroles souvent vulgaires et parfois polémiques, élogieuses ou satiriques, sur des airs connus de tous. Pendant la Fronde (1648-1653), des milliers de couplets ont ainsi circulé dans les rues de Paris, à l'écrit comme à l'oral, avant d'être collectés pendant au moins un siècle. Ce livre explore pour la première fois la dimension orale de ce qu'on a appelé les mazarinades, ces textes imprimés et copiés en millions d'exemplaires, destinés à commenter l'actualité de la guerre, mais aussi à agir. Des éléments de langage y étaient diffusés par les chefs des factions en lutte : la chanson était un véritable média politique dans une société largement analphabète, qui pouvait s'en approprier les airs et les paroles. L'édition des paroles de quelques chansons permet de mesurer la variété de leurs usages, depuis la chanson d'auteur (Scarron, Saint-Amant), jusqu'à la chanson produite dans l'atelier d'imprimerie qui, peut-être, donne accès aux mots des subalternes. Cette étude sur les mazarinades chantées donne ainsi à entendre un nouveau discours sur la guerre civile en France au milieu du XVIIe siècle. Elle contribue enfin à réévaluer la place du sonore dans la société de la première modernité. Pour mieux la rendre concrète, des enregistrements font entendre 45 extraits chantés - et entêtants - des mélodies de la Fronde.
Alors que la pollution plastique touche désormais les fosses abyssales, que les projets d'extraction minière profonde se multiplient et que s'est tenue à Nice une Conférence décisive des Nations Unies sur le devenir de l'océan, cet ambitieux ouvrage collectif croise histoire, sociologie, anthropologie et droit pour tenter de restituer aux environnements sous-marins un peu de leur profondeur historique. De la pêche des huîtres perlières dans les Caraïbes du XVIe siècle aux habitats sous-marins destinés à abriter l'homo aquaticus au temps de la Guerre froide, en passant par la colonisation verticale du Maghreb à la fin du XIXe siècle, ces études apportent un éclairage inédit sur les interactions de longue durée entre les sociétés humaines et les fonds marins.