Il y a quelqu'un qui parle : on ne peut pas dire qu'il raconte, ni une histoire ni sa vie ni lui-même. Il parle pour parler : autrement dit, il fait des phrases. Comme tout un chacun, dirait-il, il a de petites idées sur beaucoup de choses : sur les chats et sur les girafes, sur les chaussures, sur les mots, sur les grenouilles, sur les romans, sur les murs, etc. Il y a des arguments sur lesquels il a beaucoup d'idées (l'hôpital et la prison, c'est ce qu'il dit), il y en a sur lesquels il n'en a pas (la vie, l'amour, c'est ce qu'il dit), il y en a qui ne l'intéressent pas beaucoup et qui reviennent comme des mouches - que personne n'aime et dont il est si difficile de se débarrasser. Il y en a qui l'intéressent (un visage, ou plusieurs : on n'en sait rien, il ne précise pas) et dont il se détourne - depuis toujours, dit-il, mais on n'est pas obligé de le croire. Non plus quand il dit qu'il est seul. Il l'est, certes, mais comme tout un chacun. Ni plus ni moins. Plutôt moins, à tout prendre - à prendre les chats, les girafes, les grenouilles, les visages, et toutes ces phrases, tous ces livres qui l'accompagnent et qui viennent se glisser dans ses phrases à lui, dont il dirait sans doute qu'elles sont aussi bien de tous. Il dirait aussi qu'un livre, c'est comme le reste, et plus encore : chacun y voit, y trouve ce qu'il veut. Ça dépend, oui, ça dépend. Lui, il y a mis des animaux, des visages, des couloirs, des tunnels, des lieux, des livres, des morceaux de phrases et d'images qui ne sont pas plus à lui qu'à n'importe qui : on a beau être seul, on est accompagné.
Nombre de pages
120
Date de parution
26/04/2013
Poids
165g
Largeur
142mm
Plus d'informations
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EAN
9782864327219
Titre
Par-dessus le toit
Auteur
Asso Françoise
Editeur
VERDIER
Largeur
142
Poids
165
Date de parution
20130426
Nombre de pages
120,00 €
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Ce livre n'est pas dans le courant. Il est un courant lui-même, dans lequel il suffit de se faire transporter - à son petit galop, doucement plaintif -, pour se retrouver sur un chemin où s'exposent, se déroulent, sont mis à nu des sentiments à l'état pur. Quatre textes, ou chapitres, parcourent des passions différentes, en couches superposées : la première respire encore à l'air libre, puis petit à petit elles s'enfoncent, dans la mémoire, dans l'enfer, dans l'enfance. La nouveauté de ce livre, de ce ton, est de révéler des blessures sans les envelopper de circonstances. Pourquoi n'est-ce pas un livre angoissant ? Ni même triste ? Pourquoi nous entame-t-il dans des vertiges d'intimité comme dans une promenade à la campagne ? Parce qu'il explique un paysage. Et c'est un paysage à la fois tout à fait connu (le paysage de la souffrance qu'on dit " sans raison "), et tout à fait inconnu (rien n'est plus étranger que la souffrance elle-même, si semblable soit-elle à la nôtre). Ou, pour mieux dire, tous les éléments du paysage nous sont familiers, le guide est un petit paysan qu'on a vu naître, et chaque pas pourtant nous enfonce sous un ciel de plomb dont la lumière d'acier et de brume découvre une nouvelle manière d'exil.
Résumé : A l'origine de l'?uvre de Nathalie Sarraute, une impulsion qui pousse à s'avancer vers, à s'élancer contre : impulsion de recherche, d'entame, d'attaque, par laquelle le sujet et le texte réagissent à une " forme " qui toujours menace. Cette forme qui est ici sans relâche ébranlée (idée reçue, sentiment de convention ,personnage, mot qui étouffe.)est-ce contre quoi l'?uvre s'écrit et ce sur quoi se fonde la réflexion esthétique de l'écrivain : d'où la formidable cohérence de cette ?uvre, qui réfléchit d'une manière aussi radicale que naturelle à son propre fonctionnement. C'est sous le signe de ce mouvement irrépressible que sont étudiés ici les différents choix formels de Nathalie Sarraute : moments narratifs, éclats de discours et de voix, images fugitives, retours modulés et altérés du même composent une poétique de l'instable par où la réalité peut s'appréhender dans son éternelle agitation. Françoise Asso est maître de conférences de littérature française à l'Université de Lille III.
Laure Murat, autrice et professeure à l’UCLA, définit dans ce court ouvrage les termes de récriture, de réécriture et/ou de censure en littérature pour que le débat soit fécond. Une base très intéressante pour nourrir votre réflexion.
Léonor a quatre ans lorsque son père, le peintre Félix de Récondo, lui raconte l'exil d'Espagne en 1936 ; il avait quatre ans lui aussi, et fuyait avec sa mère et ses frères la guerre civile et les franquistes. En 2015, à la mort de son père, la question de la nationalité espagnole surgit, alors que la violoniste se mue en écrivaine : lui suffirait-il d'entreprendre les démarches, longues, pénibles, pour panser par le droit le sens de la filiation ? Habitée par les images de Goya (Les Désastres de la guerre) et celles de son père, qui y font écho (Prison), Léonor de Récondo lit et relie les mots et les souvenirs, l'art, la littérature et l'histoire. Entre la musicienne et le peintre, une mémoire, enfouie, trouée, se fait jour. Léonor de Récondo est née en 1976. Elle est l'autrice notamment de Amours (Sabine Wespieser, 2015), La Leçon de ténèbres (Stock, 2020) et Marcher dans tes pas (L'Iconoclaste, 2025).
Dans un Paris dévasté par une catastrophe (accident nucléaire, cataclysme naturel, guerre de religion ?), un groupe de jeunes gens arpentent les rues, tentent de survivre en mangeant ce qu'ils trouvent, chantent des airs de John Holiways et fuient la violence de leurs ennemis en cherchant un ailleurs. Car ce monde en lambeaux, il s'agit malgré tout de l'habiter, de s'y vêtir et d'y trouver des raisons d'espérer. Comment tenir ? Comment trouver en soi de quoi réjouir la vie quand tout a sombré? Ce sont les questions que se posent, avec humour et cruauté, les protagonistes de cette aventure.
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