Le moment est venu de repenser l'histoire économique française depuis un siècle. La croissance et l'ouverture l'ont emporté depuis quarante ans sur la stabilité et sur le repli vers le marché intérieur. Les inquiétudes que provoquaient autrefois le retard français, la capacité d'expansion et d'insertion de l'économie dans les échanges internationaux ont perdu leur signification. Les préventions accumulées à l'égard des entreprises se sont évanouies. Pourquoi et comment s'est opéré ce retournement ? Pourquoi avait-on choisi dans les années 1930 un dispositif qui visait à donner à l'État la responsabilité des investissements et du consensus social ? Comment cette conception a-t-elle été transformée par l'évolution politique et par celle des moeurs, des techniques et des échanges ? Pourquoi l'économie française s'est-elle comportée si différemment au début du siècle, dans l'entre-deux-guerres et après guerre ? Ce sont ces phases de croissance et de stagnation, ces blocages et ces hésitations, ces alternances d'intervention et de libération, ces difficultés pour équilibrer le rôle respectif des marchés et de l'État qui se trouvent au coeur de cet ouvrage. Vingt économistes et historiens offrent, sous la direction de Maurice Lévy-Leboyer et de Jean-Claude Casanova, une fresque explicative de cette évolution contrastée qui démontre qu'en économie aussi nous assistons bien à la fin de la spécificité française.
Nombre de pages
704
Date de parution
13/11/1991
Poids
845g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782070721375
Titre
Entre l'état et le marché
Auteur
Asselain Jean-Charles
Editeur
GALLIMARD
Largeur
145
Poids
845
Date de parution
19911113
Nombre de pages
704,00 €
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Depuis la publication, en 1951, des Partis politiques de Maurice Duverger, aucun ouvrage d'ensemble sur les partis, ni sur les systèmes politiques qu'ils ordonnent, n'avait vu le jour. Cette lacune est enfin comblée par Giovanni Sartori : en rassemblant une masse considérable de données sur les partis d'un grand nombre de pays, au cours des vingt dernières années, et en mettant en perspective la littérature jusqu'alors éparse sur le sujet, il propose une théorie générale des systèmes de partis, tant démocratiques qu'autoritaires ou totalitaires. Ce livre découvre les causes et les modalités de la naissance et de l'évolution des partis ; il met aussi en garde contre les dangers qu'il y a à confondre les intérêts du tout avec ceux de ses parties. Cette distinction se trouve au principe de l'analyse : pour l'auteur, elle fonde le débat historique sur l'origine des partis et la réflexion sur le fonctionnement des systèmes de partis. Le livre de Giovanni Sartori est, actuellement et pour longtemps, l'ouvrage de référence sur un des thèmes essentiels de la science politique.
Les travaux récents d'histoire quantitative aident aujourd'hui à mieux cerner les paradoxes de la croissance française. En contradiction avec le pessimisme des vues traditionnelles, ils suggèrent que l'économie française, loin de subir passivement certains handicaps permanents, a connu une alternance particulièrement contrastée entre des phases de grand dynamisme et de déclin relatif. L histoire de ces retournements majeurs, échappant à toute périodicité rigide, est au coeur du présent ouvrage. Elle rappelle, au seuil de nouveaux temps difficiles, que rien n'est joué d'avance.
Comment la France est-elle passée d'une économie essentiellement agricole au statut de grande puissance industrielle ? Quelles ont été les grandes étapes de son développement économique ? Dans cette synthèse limpide, Jean-Charles Asselain analyse les caractères originaux de sa croissance du XVIIIe siècle à nos jours, d'abord De l'Ancien Régime à la Première Guerre mondiale, puis De 1919 à la fin des années 1970. L'intérêt du livre tient également dans la présentation des différents débats qui opposent les historiens. S'appuyant sur les avancées de la recherche, notamment en matière d'histoire quantitative, l'auteur critique la vision d'une France en retard à l'aube du XXe siècle, soulignant au contraire la spécificité de l'industrialisation française, succession de phases d'accélération et de ralentissement. Ce dynamisme industriel, s'il s'est poursuivi après la Première Guerre mondiale, a été brutalement stoppé par la grande dépression dont l'origine interne ou externe est discutée. Enfin, le débat reste ouvert pour interpréter le moindre dynamisme de la croissance dans les années soixante-dix succédant à l'essor exceptionnel des Trente Glorieuses. Un ouvrage de référence.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.